Lettres aux amis de la police (et de la gendarmerie) 2012/03

Publié le par Stéphane LEMERCIER

 

Chers collègues et chers amis,

 

Dans le droit fil de ce que j’écrivais dans la dernière Lettreconcernant l’idéal d’une police neutre, au service de la démocratie et des citoyens (et non du gouvernement ou du parti au pouvoir) telle que l’appelait de ses vœux, au début du XXe siècle, un policier futur directeur de la Sûreté générale puis préfet de police du nom de Célestin Hennion, il semblerait que lassés d’être instrumentalisés par le pouvoir en place, un certain nombre de hauts fonctionnaires de la place Beauvau partagent ces aspirations :

 

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/02/14/les-conjures-de-beauvau-revent-d-un-etat-neutre_1643093_1471069.html

 

>> Les conjurés de Beauvau rêvent d'un "État neutre"

| 14.02.12 | 12h58 • Mis à jour le 14.02.12 | 16h21

 

 

Claude-GUEANT.jpg

Le Ministre de l'Intérieur Claude Guéant (conférence de presse le 17 janvier 2012 à Paris.AFP/MARTIN BUREAU)

 

Leur groupe se surnomme Calvignac, du nom d'un syndicaliste socialiste du Tarn, figure du secteur minier à la fin du XIXe siècle. Il est composé d'une douzaine de hauts fonctionnaires issus du corps préfectoral, âgés de 35 à 45 ans, avec des CV copieux. Certains travaillent au ministère de l'intérieur, d'autres en région. Ils veulent devenir les nouveaux cadres "sécurité" d'une gauche revenue aux affaires.

Rencontres discrètes

Amis ou collègues de promotion à l'ENA, ils se retrouvent tous les quinze jours depuis l'automne. Soit dans les salons de la présidence du Sénat, poste avancé de la reconquête socialiste du pouvoir, soit dans l'arrière-salle de restaurants prudemment éloignés de la place Beauvau. "On sait que, dès notre sortie du bois, une véritable chasse aux sorcières sera organisée contre nous par Claude Guéant", frissonne l'un d'entre eux.

Ils travaillent en effet au cœur de l'appareil sarkozyste : le ministère de l'intérieur, aujourd'hui confié à un fidèle entre les fidèles. Leur point commun, outre un usage redoutable de circonvolutions administratives ? Ils souhaitent la victoire de François Hollande mais… réclament avant tout un "Etat impartial".

CRITIQUES

Les hauts fonctionnaires du groupe Calvignac se disent de gauche, même si certains ont voté Sarkozy en 2007. Ils rêvent de l'alternance, mais redoutent en même temps les règlements de comptes, les têtes qui roulent, les copains promus, les vieux réseaux réactivés. "Sarkozy a théorisé que la loyauté personnelle est plus importante que tout, explique l'un d'eux. On ne veut pas d'un État de gauche mais d'un État neutre."

Le groupe dénonce la révision générale des politiques publiques qui a "théorisé le mouvement pour le mouvement, sans autre idée que de réduire les effectifs". Il critique aussi l'obsession statistique en matière de délinquance et d'immigration.

Après avoir participé à des groupes de travail, auprès de Laurent Fabius ou au cercle de réflexion Terra Nova, certains ont sollicité François Rebsamen, le "M. Sécurité" du camp Hollande. Ce dernier les a gentiment éconduits, expliquant que "six groupes" travaillaient déjà sur la sécurité. Pour se faire entendre, Calvignac réfléchit donc à une tribune, à l'instar du groupe Marly au Quai d'Orsay : ces diplomates anonymes avaient signé un réquisitoire fracassant contre la politique étrangère de Nicolas Sarkozy, en février 2011, dans Le Monde.

Cette fois, deux mois avant le premier tour, le risque est relatif. "Les résistants de la dernière heure sont toujours les plus bruyants", sifflent plusieurs préfets tombés en disgrâce sous l'ère Sarkozy ou marqués à gauche.

Ariane Chemin et Piotr Smolar

Article paru dans l'édition du 15.02.12<<



 

  1. Des livres, des articles…

 

David Barrie and Susan Broomhall (edit.) A History of Police and Masculinities 1700-2010, Routledge, London-New York, 2012, 320 p., 28.49 £


History-of-police-and-masculinities.jpgChapters by: Bromhall and Barrie, David Garrioch, Matthew McCormack, Simona Mori, Francis Dodsworth, Haia Shpayer-Makov, Dean Wilson, Guy Reel, Joanne Klein, Gerda W. Ray, Marisa Silvestri

This unique collection brings together leading international scholars to explore how ideologies about masculinities have shaped police culture, policy and institutional organization from the eighteenth century to the present day. It addresses an under-researched area of historical inquiry, providing the first in-depth study of how gender ideologies have shaped law enforcement and civic governance under ‘old’ and ‘new’ police models, tracing links, continuities, and changes between them. The book opens up scholarly understanding of the ways in which policing reflected, sustained, embodied and enforced ideas of masculinities in historic and modern contexts, as well as how conceptions of masculinities were, and continue to be, interpreted through representations of the police in various forms of print and popular culture.

The research covers the UK, Europe, Australia and America and explores police typologies in different international and institutional contexts, using varied approaches, sources and interpretive frameworks drawn from historical and criminological traditions. This book will be essential reading for academics, students and those in interested in gender, culture, police and criminal justice history as well as police practitioners.

David G. Barrie is lecturer in British history at The University of Western Australia. His research interests include crime and punishment in eighteenth- and nineteenth-century Scotland. He is author of Police in the Age of Improvement: Police Development and the Civic Tradition in Scotland, 1775-1865 (Willan Publishing, 2008), which was awarded‘best first book’ in Scottish history by the international committee of the Frank Watson Book Prize. He has published widely on Scottish policing in leading international journals.

Susan Broomhall is Winthrop Professor in history at The University of Western Australia. Her research focuses on early modern gender history. Most recently she is editor (with Jaqueline Van Ghent) of Governing Masculinities in the Early Modern Period: Regulating Selves and Others (Ashgate, 2011) and author (with Jennifer Spinks) of Early Modern Women in the Low Countries: Feminising Sources and Interpretations of the Past (Ashgate, 2011).


Joseph Beauregard et Nicolas Lebourg, François Duprat, l'homme qui réinventa l'extrême-droite de l'OAS au Front National, Paris, Denoël, 382p., 23,50€

 

DUPRAT.jpgUne enquête exemplaire, une recherche et une utilisation pertinentes des archives de police utilisées avec discernement, méthode et lucidité : des raretés qui me font recommander chaleureusement ce livre à tous les « amis » c’est un modèle (jmb)

Présentation de l'éditeur

Mort dans un attentat à la voiture piégée le 18 mars 1978, François Duprat est devenu "le martyr de l'extrême droite", un personnage rêvé pour les affabulations complotistes. Mais il est aussi un mythe politique qui déborde le Front national, une figure emblématique des années 60 et 70 capable de déchaîner les passions et les fantasmes les plus irrationnels. Vingt ans durant, il s'est voué à réinventer l'extrême droite, d'Occident au Front national, d'Ordre nouveau aux milieux néonazis. Stratège du FN, dont il était le numéro 2, il imposa à Jean-Marie Le Pen le slogan "un million de chômeurs c'est un million d'immigrés en trop". Pionnier dans la diffusion du négationnisme, professeur débonnaire, théoricien fanatique, politicien pragmatique et homme de I'ombre lié à plusieurs services de renseignement: François Duprat était mystérieux et complexe. Il s'est propulsé au travers de son époque en y laissant une odeur de soufre. Remonter le fil de sa vie, c'est parcourir l'Afrique et le Moyen-Orient, s'immerger dans la décolonisation et la guerre froide, traverser Mai 68 et les bagarres du Quartier latin, décrypter les rivalités au sein de l'extrême droite et la machinerie politique de la Ve République. Dans leur ouvrage, Nicolas Lebourg et Joseph
Beauregard le suivent ainsi pas à pas dans sa tortueuse trajectoire et tentent d'éclaircir les circonstances de son spectaculaire assassinat, jamais élucidé. Fruit de quatre années
d'enquête, cette biographie s'appuie sur de nombreux entretiens (famille, hommes politiques, militants, adversaires, hommes de l'ombre) ainsi que sur des archives policières et
judiciaires inédites. François Duprat y apparaît comme le révélateur ales tourments inavouables de la vie politique française.

Les auteurs

Joseph Reauregard est auteur et documentariste (Les Avocats du salopard… la série d’émission « ma première nuit en… »).

Nicolas Lebourg est historien (Université de Perpignan-Via Domina).
Spécialiste des extrêmes droites, il a publié notamment Le Monde vu de la plus extrême droite(2010).

 

Jérémie GAUTHIER, « Des corps étrange(r)s dans la police ? Les policiers minoritaires à Paris et à Berlin, Lauréat du deuxième prix « jeune auteur 2010 », Sociologie du Travail, Vol. 53, n°4, pp. 460-477.

 

À lire également du même auteur :

Jérémie Gauthier, 2012, Générations et frustration : deux pistes d'interprétation du racisme policier, in Contretemps,

 

http://www.contretemps.eu/interventions/g%C3%A9n%C3%A9rations-frustration-deux-pistes-interpr%C3%A9tation-racisme-policier

 

 

Un article :

 

Kazemian, Lila ; Cusson, Maurice ; Le Blanc, Marc, "Des jeunes délinquants devenus meurtriers : une étude des carrières criminelles des délinquants homicidaires" in Revue internationale de criminologie et de police technique et scientifiquevol. 64, n° 4 (2011). - p. 413-430.

 

 

  1. Séminaires, journées d’études…

 

► Séminaire de l'Université Paris-Sorbonne Gendarmeries, polices, Défense et société, XIXe-XXIe siècle

Mardi 21 février - Maison de la Recherche - salle D 040 (RDC) - 17 h-19h

Gendarmes français en Afghanistan :

Force publique et OPEX

A/ Introduction (Jean-Noël Luc)


I - Une montagne, des oasis et des groupes ethniques au carrefour de l’Asie
1. L’Hindou Kouch, la forteresse
2. « Mieux vaut Kaboul sans or que Kaboul sans neige »
3. 40% de Pachtounes, 25% de Tadjiks, 20 % d’Hazaras, 10% d’Ouzbeks : comment peut-on être afghan ?
4. De la route de l’Inde au corridor énergétique : un pays convoité

II - De Zaher Shah à Hamid Karzaï : « Quand le poète se tait, le canon parle »
1. 1973-1996 : Un coup d’État peut en cacher un autre
2. 1996-2001 : l’époque du « Ministère pour la promotion de la vertu et la répression du vice »
3. Depuis 2001 : La seconde guerre de l’Afghanistan

III - « L’introuvable État afghan » ?
1. Un héritage absent : l’État-nation
2. (Re)construire le monopole de la violence légitime
3. Pendant la guerre, les affaires continuent

B) Projection de Gendarmes français en Afghanistan(film documentaire)

C) Le témoignage d'un acteur
L'action et la vie des gendarmes français en Afghanistan,

par le chef d'escadron Philippe Pacaud (chef de la cellule instruction Afghanistan, Groupement blindé de la gendarmerie mobile)

 

  1. Soutenance de thèse

 

 

Jérémie Gauthier, a soutenu une thèse de sociologie, intitulée « Origines contrôlées. La police à l’épreuve de la question minoritaire à Paris et à Berlin », le jeudi 23 février 2012.

 

 

 

 

  1. Recherches et travaux en cours (2011-2012) …

 

au séminaire de l’Université Paris-Sorbonne : Gendarmeries, polices, Défense et société (XIXe-XXIe siècles)

 

Faire la police : acteurs et représentations

Être garde républicain mobile dans l’Alsace-Lorraine des années 1930 : esprit de corps, missions et vie privée (Marie-Charlotte JAMES – M1).

DEMARCONNAY Luc, Commander une force publique sous occupation : la direction de la gendarmerie de 1940 à 1945, doctorat.

Les dossiers d’épuration au service de la prosopographie des policiers parisiens des années noires (Charles CHESTER – M2).

L’espace du préfet de police d’après Maurice Papon (1958-1967). Quel territoire ? Quelle autorité ? (Julie DUCAMP – M2).

Quand les policiers et les gendarmes pensent la police, de la Libération à 1968 : les messages des témoignages écrits et oraux (Aaron TÀREGGA – M2).

 

Les systèmes policiers

DAGNICOURT Éric, Les Gardiens de la cité : la garde républicaine 1871-1914, doctorat.

HEBEISEN Philippe, Le Rôle de la police en Suisse occidentale (Neuchâtel, Fribourg, Berne). Acteurs, pratiques et impacts, 1848-1914, doctorat, Neuchâtel – Paris IV, sous la codir. de Laurent Tissot et J.-N. Luc.

LOPEZ Laurent, Policiers et gendarmes sous la Troisième République (1878-1914) : relations, complémentarités, concurrences, en matière de maintien de l’ordre et de police judiciaire, doctorat sous la codir. de J.-N. Luc et Jean-Marc Berlière.

 

 

Surveillance générale et maintien de l’ordre

La police de renseignement de la Restauration et la surveillance des réseaux maçonniques (Édouard CHALON- M2).

NURET Christophe, Maintenir l’ordre sous la monarchie bourgeoise : la garde municipale de Paris (1830-1848), doctorat.

Les CRS face aux grévistes de novembre-décembre 1947 (Nicolas ELY-TREILLE – M1).

Le drame d’Ouvéa (1988) et ses protagonistes vus par la presse (Dauphine de VAUGELAS – M1).

Le GIGN, de décembre 1994 à janvier 1997), héros de la presse, vitrine de la gendarmerie ? (Alexandre GUILHEM – M2).

CATHALA François, La Défense face aux phénomènes aérospatiaux non identifiés (PAN) des années 1950 à nos jours : témoignages, enquêtes et analyses de la gendarmerie et des autres forces armées, doctorat.

 

Exportation du modèle gendarmique et circulation des savoirs policiers

« Nous avons pris cela des Français et nous espérons dans quelques années avoir d’aussi bons résultats qu’eux » : l’exportation du modèle gendarmique français dans le Mexique de Maximilien Ier, 1863-1867 (Adrien KIPPEURT – M2).

GUECHAOUI Abdessatar, La Gendarmerie dans la Régence de Tunis, de 1881 à 1939, doctorat, Sousse – Paris IV, sous la codir d’Ali Noureddine et J.-N. Luc.

SALLÉ Camille, De la colonisation à l’assistance technique : la gendarmerie française au Cameroun, de la fin des années 1930 aux années 1960, doctorat.

LECLERCQ Davy, Les gendarmes français dans l’Allemagne occupée, entre maintien de l'ordre, renseignement et politique de réconciliation, doctorat, sous la codir. de J.-N Luc et de Rainer Hudemann.

 

Criminalité et police judiciaire

La brigade mondaine à Paris dans les années 1930 entre régulation de la prostitution et recherche du renseignement (Philippe DUCASSE – M1).

L’exercice de la police judiciaire par la gendarmerie prévôtale en Indochine entre 1946 et 1954 (Pierre-Yves Le Quellec – M2).

ZANON Matthieu, Prostitution, proxénétisme et police des mœurs dans le Paris des Trente Glorieuses, doctorat.

 

Missions des temps de guerre

La collecte du renseignement par la gendarmerie départementale pendant la Grande Guerre (Mélanie PESLERBE – M2).

SAÏT Aziz, Les Prévôtés, de la « drôle de guerre » à « l’étrange défaite ». Organisation et missions (1939-1940), doctorat.

La première légion de marche de la garde républicaine en Cochinchine, de 1947 à 1949, entre guerre, maintien de l’ordre et pacification (Antoine EUDE – M1).

L’enlèvement et l’emprisonnement des supplétifs de l’armée française à la fin de la Guerre d’Algérie (Fatima BESNACI-LANCOU – M2).

 

 

5.Appels à communications…



3-5 September 2012, Ghent University, Faculty of Law (Belgium)

Crime, Justice, Social Control and Security’:
Call for papers

 

The first GERN summer school on ‘Crime, Justice, Social Control and Security‘ will take place from 3-5 September 2012at Ghent University, Faculty of Law(Belgium).

 

Target group:

 

PhD students working in the domain of “Crime, Justice, Social Control and Security” who are in an early stage (but not at the very beginning) of their PhD-project and who have already preliminarily explored some problems that they encounter in their project but are in the stage of making strategic choices, i.e. finding solutions and making cutting-edge decisions (such as setting restrictions, operational choices, measurement issues, target populations).

 

Content and form of the summer school:

 

Theme: “Making strategic choices in researching issues on Crime, Justice, Social Control and Security

 

The transition from theoretical assumptions to empirically defining what kind of inquiry you will do and how you will achieve the ultimate research goals is a challenging part of a PhD study. Many PhD students experience doubts at that stage because they realise that making one decision sometimes cuts off other directions. The intention of the seminar is to make students aware of the different strategic choices they have to make in operationalizing their theoretical framework and defining their field of study.

 

The seminar in Ghent will include a combination of courses (by foreign professors/lecturers) and paper presentations by PhD students:

On the one hand lecturers will be asked to develop on themes during their lectures that are of common interest for PhD students working in the domain of Crime, Justice, Social Control and Security. These courses are ex cathedra and plenary.

 

Lecturers:   

Prof. dr. Joanna Shapland (Sheffield University) 

Prof. dr. Adam Crawford (Leeds University)

Prof. dr. Jacques de Maillard (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines/CESDIP)Prof. dr. Paul Ponsaers (Ghent University)

On the other hand the students are expected to intensely prepare the seminar by writing and presenting a paper. These papers are reviewed by the lecturers. During the seminar, the PhD students present their papers and then get feedback from the lecturers as well as from the other PhD students.

 

 

Information for the participants

 

Content of the paper:

 

First of all, the students are expected to outline their theoretical framework: what are the main research questions and the key concepts; how are these concepts defined by other scholars; how are these key concepts related to theoretical or epistemological frameworks ... Subsequently, it is expected that the students explain their empirical design and explain and defend the choices they make in operationalizing their theoretical framework.

 

The papers which are handed in canbe included in a new peer reviewed series “GERN Research Paper Series” which will be published after the Summer School (Basis: no obligation for the participants, no guarantee of publication).

 

How to subscribe?

  • PhD students have to submit an extensive abstract (2 pages) and an explicit letter of engagement (by the supervisor of the PhD and/or the director of the research unit) in the participation at the Summer School by the 16thof April 2012.

  • The candidates have to hand in a paper in English or French (6.000 words) by the 30thof July 2012

Abstracts and papers have to be sent to Jannie.Noppe@UGent.be.



■Copenhague, octobre 2012 : Biotechnologies & immigration

5.Débats…

 

Laréalisation d’un vieux rêve ?

 

« Il ne suffit pas à la police de sûreté d'avoir des agents habiles, il faut encore qu'ils puissent trouver en toute occurrence des renseignements aussi complets que possible sur les gens qu'ils soupçonnent ou qu'ils ont mission de découvrir. De là la nécessité d'un service d'archives très riches et méticuleusement tenues à jour […] il ne faudrait pas croire que les archives ne doivent renfermer que les dossiers des criminels condamnés ou même poursuivis. Il y a grand intérêt à constituer des dossiers préventifs, une police vraiment bien faite étant celle qui tend davantage à prévenir et à prévoir qu'à réprimer : les jeunes voyous [...] faisant l'école buissonnière […] à qui il faut s'attendre à avoir affaire un jour ou l'autre pour des vols d'abord peu importants puis qualifiés […] les avorteuses et les médecins avorteurs… »

(Edmond Locard, un des pionniers de la « Police technique et scientifique », grande figure de la criminalistique pendant un demi-siècle » La Police ce qu’elle est, ce qu’elle devrait être, 1919)

Ce vœu d’Edmond Locard est peut-être en cours de réalisation :


http://philippebernard.blog.lemonde.fr/2012/02/03/le-cyber-pilori-dope-laudience-des-journaux/

 

 

 

 

Guy Môquet (le retour)

 

Le cinéaste Volker Schlöndorf a réalisé un film consacré aux dernières heures des otages fusillés à Châteaubriant le 22 octobre 1941 à la suite de l’attentat contre le Feldkommandant Hotz à Nantes, deux jours auparavant.

Le téléfilm sera diffusé sur Arte le 23 mars

 

« L’académicien Goncourt », P. Assouline évoque l’événement dans son blog :

http://passouline.blog.lemonde.fr/2012/02/05/les-desarrois-du-capitaine-junger/#xtor=RSS-32280322

 

Pour une étude historique, menée à partir des sources et archives disponibles (jamais utilisées jusqu’alors) et non des mémoires (héroïsées et instrumentalisées) et témoignages (idéologiques), on se reportera à :

 

J.-M. Berlière et Franck Liaigre, L’Affaire Guy Môquet. Enquête sur une mystification officielle, Larousse, 2009.

 

  

Affaire-Guy-Moquet.jpg

 

 

J.-M. Berlière et Franck Liaigre, Le Sang des communistes. Les bataillons de la jeunesse dans la lutte armée, automne 1941, Fayard, 2004 (notamment pp.21-92 et 127-148)

 

 

Le-sang-des-communistes.jpg

 

Deux ouvrages qui ne nous ont pas fait que des amis…

Il est vrai que l’histoire et la foi ne font pas bon ménage et comme l’écrivait Marc Bloch (Testament, 1941) qui souhaitait que fussent inscrits ces mots sur sa tombe

« dilexit veritatem » :« Je tiens la complaisance envers le, mensonge, de quelques prétextes qu'elle puisse se parer, pour la pire lèpre de l'âme. »

 

 

Les BAC toujours…
Manuel Boucher, « Portrait d’un policier de la brigade anti-criminalité dans une « cité ghetto » française »

À lire dans la revue en ligne Champ pénal pour éviter de dire et d’écrire n’importe quoi sur le sujet …

 

http://champpenal.revues.org/8214

 

 

Manuel Boucher, « Portrait d’un policier de la brigade anti-criminalité dans une « cité ghetto » française », Champ pénal/Penal field [En ligne], Vol. IX | 2012, mis en ligne le 30 janvier 2012, Consulté le 07 février 2012. URL :

 

http://champpenal.revues.org/8214 ; DOI : 10.4000/champpenal.8214

 

Manuel Boucher

Directeur du Laboratoire d’Etude et de Recherche Sociales (LERS) de l’Institut du Développement Social (IDS) de Haute Normandie et membre associé au Centre d’analyse et d’intervention sociologiques (CADIS).

 

6.Archives

 

Une machine pour reconstruire le puzzle des archives de la Stasi

 

Archives-Stasi-copie-1.jpg

afp.com/John Macdougall

BERLIN - Pour reconstituer le puzzle géant de milliers d'archives de la Stasi mises en pièces lors de la chute de la RDA, l'Allemagne compte sur la reconstruction numérique par ordinateur, un projet pharaonique dont la phase pilote est en cours d'achèvement.

Novembre 1989: devant les caméras du monde entier, les Berlinois s'attaquent à coups de pioche au Mur de la honte, en passe de s'écrouler.

Parallèlement, à l'abri des regards, un autre travail de destruction avait également commencé: la Stasi, toute puissante police politique du régime est-allemand, tentait de faire disparaître ses secrets.

Pendant plusieurs semaines, des agents du ministère de la Sécurité d'Etat se sont ainsi acharnés à déchirer des centaines de milliers de dossiers, rapports d'enquête, et autres compte-rendus d'interrogatoires, avant que la population investisse les locaux du ministère et interrompe ce travail d'anéantissement.

Au total, 15.500 sacs contenant chacun entre 50.000 et 80.000 bouts de papier ont ainsi été récupérés. Et, en 1995, a commencé un travail de reconstitution de ces archives... à la main.

Le projet s'appuyait sur le désir de mener à son terme un travail de mémoire auquel les Allemands sont particulièrement attachés : depuis l'ouverture au public des archives de la police secrète, dont on célèbre les vingt ans samedi, l'Office fédéral en charge des archives de la Stasi (BStU) a reçu 2,83 millions de demandes de renseignement.

- machine expérimentale -

Mais le côté vertigineux de l'entreprise pouvait aussi à terme la faire échouer. "En 2000, le Bundestag nous a demandé de chercher des possibilités pour accélérer cette reconstruction", explique à l'AFP Joachim Häussler, l'un des responsables du programme au BStU.

"Nous nous sommes dits que c'était un défi pour l'Institut Fraunhofer", raconte de son côté l'ingénieur Bertram Nikolay qui, au sein de cet organisme spécialisé dans la recherche appliquée, a eu l'idée de mettre au point un processus de "reconstruction virtuelle" assisté par ordinateur.

Une machine expérimentale a d'abord été mise au point puis "nous avons lancé au premier trimestre 2007 une phase pilote", raconte M. Häussler, installé dans une pièce de l'ex-siège de la Stasi transformé en centre d'archives et en musée, à Lichtenberg, triste quartier de l'ex-Berlin Est.

A côté de lui, sur de grandes tables, six de ses collaborateurs vident à la lumière des néons et dans un silence religieux le contenu des fameux sacs. Leur travail consiste à effectuer un premier tri, à classer les morceaux dans des boîtes dont le contenu sera ensuite scanné.

A partir des éléments ainsi répertoriés et enregistrés, la "reconstruction virtuelle" peut alors commencer: en s'appuyant sur des paramètres tels que la couleur du papier, le quadrillage, le style des caractères, ou le type d'écriture (dactylo ou manuelle), elle va alors associer les morceaux entre eux.

"Nous avons pour l'instant digitalisé le contenu de 70 sacs", souligne M. Nikolay, précisant qu'au terme de la phase pilote, c'est-à-dire "dans quelques mois", le contenu de 400 sacs doit être reconstitué.

Au total, huit millions d'euros d'argent public ont été consacrés à cette phase. Et pour passer à l'étape suivante, il en faudra bien plus. Combien ' MM. Häussler et Nikolay ont besoin de la phase de test pour le savoir.

Le début du processus global de "reconstitution virtuelle" ne commencera "au plus tôt" qu'en 2013 "mais plus vraisemblablement en 2014", assure M. Nikolay, "persuadé" de l'existence d'une véritable volonté politique de mener à bien ce projet.

L'intérêt du public, lui, ne semble en tout cas pas faiblir: en 2011, 80.611 nouvelles demandes concernant les archives ont été déposées à la BStU.

Par  

 

 

 

Haute Commission interalliée des territoires rhénans et du Haut-commissariat français auprès de la HCITR (1919-1930)

 

Le 8 février 2012 à 18 heures a été présenté aux Archives nationales (Palais Soubise) l'inventaire des archives de la Haute CommissionInteralliée des territoires rhénans et du Haut-commissariat françaisauprès de la HCITR (1919-1930). Cet inventaire électronique est

l'aboutissement d'un projet de coopération européen qui a réuni pendantplusieurs années les Archives nationales, les archives du ministère desAffaires étrangères et l'Institut historique allemand. Il a égalementreçu le soutien financier de la DFG (Deutsche Forschungsgemeinschaft).

 

Appelées aussi « Papiers Tirard », du nom du président de la HCITR et haut-commissaire français, ces archives (cotées AJ9) présentent untableau précis de la Rhénanie durant son occupation par les puissancesinteralliées en application du traité de Versailles entre 1919 et 1930.L'extrême richesse de ce fonds, qui concerne tout aussi bien la viepolitique, économique ou culturelle, et dont la description est désormais facilement accessible via Internet, permet de réajuster l'étatde la recherche historique sur cette époque et d'éclairer notamment les

relations franco-allemandes dans le contexte de l'après-guerre.

 

Cet inventaire est consultable à l'adresse suivante :

http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/anparis/chan/fonds/edi/sm/AJ/EDIAJ01a22.html

 

Florence de Peyronnet-Dryden

Institut historique allemand / Deutsches historisches Institut

8, rue du Parc-Royal

FR-75003 Paris

Tel. +33 (0) 1 44 54 51 63

fpeyronnet-dryden@dhi-paris.fr

 

www.dhi-paris.fr

 

 

Shoah : la SNCF, société des chemins de fer française, ouvre ses archives

 

Source: Les Archiveilleurs

 

Lu sur le site RFI :

http://www.rfi.fr/europe/20120204-shoah-sncf-societe-chemins-fer-francaise-ouvre-archives

>>Shoah : la SNCF, société des chemins de fer française, ouvre ses archives

Photo prise en 1942 de l'embarquement de personnes d'origine juive, dans des wagons de marchandises, au camp de Drancy, en région parisienne, pour être déportés vers les camps de concentration allemands.

AFP

(NB : si la photographie est réellement prise en 1942 et s’il s’agit d’un convoi de juifs internés à Drancy, la légende est imprécise elle devrait dire  : «  déportés vers Auschwitz depuis la gare du Bourget » / JMB)

 

>> La SNCF, Société nationale des chemins de fer français, fait un nouveau pas vers la transparence sur son rôle pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle a annoncé, vendredi 3 février 2012, qu'elle avait déposé une copie de la totalité de ses archives dans trois centres de recherches sur la Shoah.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, 76.000 juifs ont été transportés dans les wagons de marchandises de la SNCF, d'abord à travers tout le pays puis vers les camps d'extermination entre 1942 et 1944.

La SNCF pouvait-elle s'y opposer ? C'est à cette délicate question que la justice française a eu à répondre en 2006, après une action intentée par la famille Lipietz dont les parents ont été déportés dans des trains de la Société nationale des chemins de fer. La justice lui a donné raison en première instance avant de se déclarer incompétente en appel.

Une affaire qui plombe la société sur le marché américain

Il y a un an, le président de la SNCF, Guillaume Pépy, avait reconnu que la SNCF avait été un rouage de la machine nazie. Mais si trois copies des archives ont été déposées (l'une au Mémorial de la Shoah à Paris, au centre Yad Vashem à Jérusalem et une troisième à l'Holocaust Museum de Washington), ce vendredi, c'est parce que cette affaire a largement dépassé le cadre de l'hexagone.

Malgré un site tout en anglais destiné à expliquer le contexte historiquede la Deuxième Guerre mondiale, la SNCF s'est vue écartée de deux contrats de lignes à grande vitesse aux Etats-Unis. L'histoire au secours du protectionnisme américain.

Autre source, Holocaust Rail Victims, un site qui milite lui pour que la SNCF paie réparations aux victimes de l'Holocauste.<<

Cf sur le même sujet La Croixavec quelques réactions :

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/La-SNCF-ouvre-toutes-ses-archives-des-annees-1939-1945-_EP_-2012-02-05-765629

>> La SNCF ouvre toutes ses archives des années 1939-1945

L’entreprise vient de déposer une copie de l’intégralité de ses archives numérisées de la Seconde Guerre mondiale dans trois centres spécialisés dans la mémoire de la Shoah.

Ce geste intervient alors que le rôle de la SNCF dans la déportation de 76 000 juifs en France continue de faire débat.

Quelle est la nature des archives transmises ?

La SNCF a annoncé, vendredi, qu’elle venait de déposer une copie de la « totalité »de ses archives numérisées de la période 1939-1945 auprès du Mémorial de la Shoah de Paris, du Centre Yad Vashem à Jérusalem et de l’Holocaust Museum à Washington. Il s’agit de documents relatifs au fonctionnement de l’entreprise, dont les trains de marchandises ont transporté 76 000 juifs vers les camps d’extermination entre 1942 et 1944. La collecte de ces archives avait commencé en 1992.

Quelle est l’importance de ce geste ?

Ce geste a une portée symbolique à la veille des commémorations de la déportation des juifs de France amorcée voilà soixante-dix ans, en 1942. Il vise aussi à « faciliter le travail des chercheurs »et à « renforcer une démarche de transparence » . Cet objectif ne convainc pas tout le monde. Après la Libération, les dirigeants de la SNCF ont plaidé que les convois avaient été réquisitionnés sous la contrainte, à la demande de l’occupant allemand. Cette version a été par la suite défendue par l’historien Christian Bachelier et l’avocat Serge Klarsfeld. André Kaspi, historien de la Seconde Guerre mondiale et favorable à cette thèse, estime « important »le nouveau geste de l’entreprise.

Tel n’est pas l’avis des tenants de la « responsabilité »de la SNCF, qui reprochent à sa direction de l’époque de ne pas s’être opposée à l’utilisation des trains. Alain Lipietz, ancien député européen des Verts, qui en 2003 avait enclenché une action devant la juridiction administrative contre l’entreprise au nom de son père Georges Lipietz, juge que « la SNCF numérise les archives qu’elle veut ou qu’elle peut ». Rositta Kenigsberg, du Centre d’éducation et de recherche sur l’Holocauste, à Miami, ne se déclare « pas si sûre que ce geste d’ouverture ne soit pas une nouvelle tactique (…) pour relancer les tentatives jusqu’à présent manquées de faire des affaires aux États-Unis » .

Est-ce la fin des procès sur le rôle de la SNCF dans la Shoah ?

Pas forcément, surtout si ces archives contiennent des éléments à charge. Associations juives et descendants de déportés restent mobilisés. La famille de Georges Lipietz avait fait condamner, en 2006, par le tribunal administratif de Toulouse, la SNCF à verser des dédommagements. Ce jugement a été annulé en 2007 en appel et par le Conseil d’État, au motif que le fond du litige relève plutôt de la juridiction judiciaire.

ANTOINE FOUCHET <<

 

 

 

***

 

 

 

That’s all folks / C’est tout pour cette fois-ci...

Avec toutes nos excuses pour le retard dans la mise en ligne de la lettre !

Publié dans Lettre aux amis...

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
Though hiring the correct people for ones business looks obvious, it's really a really hard job for small businesses. Also, not hiring the correct people is seen as a huge fall for small businesses. People whom don't share the very idea of your organization approach along with goals are certainly not the people you wish to engage as part of your business.
Répondre
I
Never by pass this, as well as usually employ a good organization to do a house check up for you personally. Be sure you employ somebody that's certified, your own broker might use somebody, however it certainly is far better to perform a few research in advance. Your own broker ought to be presently there along with you in this procedure.
Répondre
P
Working with cleaning expert services is very best way to keep models home cleanse and organised. This option suggests that others come to your home or business enterprise and generate everything dazzle. Some exclusively do indoors cleaning as well as others do either. There absolutely are a few considerations when interested in this company.
Répondre