Lettres aux amis de la police (et de la gendarmerie) 2011/12

Chers collègues et chers amis,

Voici la dernière Lettrede 2011 — toujours riche de nouvelles diverses et de publications, notamment étrangères…

Bonne fin d’année et rendez-vous l’an prochain pour de nouvelles aventures !

Bien cordialement

Jmb

 

 

Dernière minute :

 

L’Exposition « Fichés ? » aux Archives Nationales est prolongée jusqu’au 23 janvier 2012… L’occasion de se perdre dans des milliers de regards et portraits, bien au-delà du fantasme du fichage… et l’occasion de découvrir les trésors mémoriels que recèlent les archives publiques qui sont les véritables maisons de l’histoire…

 

 

  1. Actualité :

 

  1. La justice et ses pratiques en question ?

 

Différentes affaires relancent une interrogation à propos de la récidive qui traverse le temps depuis la découverte anxiogène de la récidive dans le dernier quart du 19esiècle.

 

Quelques éléments qui circulent sur le net :

La légitime douleur de parents choqués…


… instrumentalisée ?


Ces remarques de Laurent Mucchielli :

 

Le dernier numéro (28 novembre) d’Arpenter le Champ pénal de P.V. Tournier dont j’extrais ce paragraphe

Un événement, même rarissime, d’une telle gravité, pose toute une série de

questions à l’ensemble du corps social. J’ai appelé cela « La confrontation du zéro et de

l’infini », probabilité très faible, gravité extrême. Certains, à gauche, se concentreront

seulement sur la « probabilité très faible » (manifestation de « l’école du déni »), certains à

droite seulement sur la « gravité extrême » (manifestation du « populisme pénal »).

Leur point commun ? Le cynisme à l’égard des victimes et de leurs semblables en général. De

par l’attitude tout aussi cynique de certains médias, ces positions extrêmes saturent le débat

public. Et pourtant, vous le savez, une autre vision des choses est possible.

Nous y reviendrons (1)


PVT

(1) Libération (22/11/11) titrait fort justement « Questions majeures sur un crime de mineur » :

« [l’auteur du crime] devait-il être remis en liberté ? », « Qui a décidé de son inscription au

collège-lycée cévenol » ? « Qui était informé de son passé judiciaire ? », « Pouvait-on évaluer sa

dangerosité ? »

 

Tout ceci me remet en mémoire une remarque de J.-N. Jeanneney sur les idées même fausses qui deviennent des faits vrais.

 

 

  1. Un film reposant sur 10 ans de recherches ou la vision très reconstruite d’un des acteurs très controversé de l’événement ?

La polémique à propos du film de Mathieu Kassovitz (L’Ordre et la morale) fondé sur le témoignage de l’ex gendarme Legorjus offre une occasion de se pencher une fois de plus sur la validité du témoignage et la légitimation d’un propos, d’une œuvre, d’un point de vue par « l’histoire » et le sérieux de la recherche ( ?!) : suffit-il de se retrancher derrière une « recherche de 10 années » pour affirmer que le résultat est conforme à l’histoire et à la vérité ?

 

A/ Deux témoignages d’anciens du GIGN (l’un est le fils d’un des 4 gendarmes tués…) mettent en cause les propos et la position DU témoin de Kassovitz sur un site que vous pouvez légitimement ignorer =

 

BERNARD MEUNIER, EX-MEMBRE DU GIGN : « LE FILM DE KASSOVITZ EST TRÈS ÉLOIGNÉ DE LA VÉRITÉ »

16/11/2011 | La Gazette de Côte d'Or n° 271 | Par Roald Billebault

 

Philippe Legorjus n’a pas participé à l’assaut

Dans L’ordre et la morale Mathieu Kassovitz raconte sa version des événements d’Ouvéa en 1988. Le dijonnais Bernard Meunier, ancien membre du GIGN et otage dans la grotte d’Ouvéa, démonte dans les grandes largeurs la thèse du réalisateur et de son ancien patron Philippe Legorjus…

À suivre sur http://www.gazette-cotedor.fr/2011/11/16/bernard-meunier-membre-du-gign/

 

ÉRIC MOULIÉ : « ÇA ME DÉSOLE »

16/11/2011 | La Gazette de Côte d'Or n° 271 | Par Roald Billebault

 

Les plus grandes guerres de Legorjus c’était le tennis-ballon au gymnase !

Éric Moulié était au GIGN entre 1983 et 1998. Son père est l’une des victimes de l’attaque sanglante de Fayaoué. À l’occasion de la sortie de L’ordre et la morale, l’ancien gendarme dénonce la version soutenue par le duo Legorjus / Kassovitz.

 

>> LA GAZETTE : Votre père était l’un des gendarmes assassinés par les indépendantistes kanaks lors de l’attaque de la gendarmerie de Fayaoué… Et contrairement à ce qu’affirme Matthieu Kassovitz, il n’est pas mort à la suite de ses blessures par arme à feu …

 

ÉRIC MOULIÉ : Je ne peux pas croire une seconde que Mathieu Kassovitz ait fait dix ans d’enquête pour réaliser son film. Il n’a pas mené son enquête comme il aurait dû. À aucun moment nous n’avons été sollicités, excepté Philippe Legorjus. J’ai eu l’occasion d’assister à une avant-première en présence de Mathieu Kassovitz et Philippe Legorjus. Une avant-première durant laquelle ils disaient que les gendarmes avaient été tués par armes à feu. J’ai pris la parole pour dire que j’avais en ma possession un document prouvant que mon père était mort à la suite de coups portés par arme blanche. Ils n’ont rien trouvé de mieux à dire qu’ils avaient cherché à me joindre sans succès, et qu’ils n’étaient pas au courant de l’existence de ce document. Ils n’ont délibérément pas cherché à avoir tous les sons de cloche. D’ailleurs le lendemain de cette avant-première, Mathieu Kassovitz continuait à raconter que les gendarmes n’avaient pas été tués à l’arme blanche. Ça me désole…<<

À suivre sur :

http://www.gazette-cotedor.fr/2011/11/16/eric-moulie-ca-desole/

 

 

Un article plus fouillé, mais de mêmes conclusions dans les Inrockuptiblesn° 833 du 16 novembre, pp. 20-24.

 

>> Ils sont trente, ce jour-là, convoqués dans une salle de réunion par leur chef, le capitaine Philippe Legorjus. Ce sont des hommes soudés par les armes. Cinq semaines plus tôt, le 5 mai 1988, ils ont participé à l’assaut armé sur la grotte d’Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, où une trentaine d’indépendantistes kanaks retenaient en otage 23 gendarmes.

L’attaque de la grotte, ordonnée par le président Mitterrand et son Premier ministre Chirac, fut victorieuse à trois jours d’une élection présidentielle où tous les coups étaient permis. Les otages ont été libérés, mais les gendarmes portent sur les épaules un lourd bilan : 19 morts chez les kanaks, 2 morts dans les rangs militaires français.

 

Dans la salle, Legorjus est debout, face à ses gendarmes. Ils ont tous lu, quand ils sont revenus en métropole, les articles de journaux célébrant le courage et la geste de leur capitaine dans l’assaut d’Ouvéa. Legorjus, glorifié par l’Etat, est devenu un héros national. Derrière lui, au tableau, un schéma résume toute l’opération : la jungle, les postes de combat tenus par les ravisseurs, la grotte où s’entassent les 23 otages, dont 6 hommes du GIGN, et, tout autour, la position des unités d’élite : 11e Choc de la DGSE, commando Hubert de la Marine nationale.

Tel un maître d’école, Legorjus commence à détailler l’opération. Il est immédiatement interrompu par l’adjudant-chef Michel Lefèvre, qui lui lance : « Philippe, ça ne s’est pas passé comme ça. » Ce sous-officier, aujourd’hui, nous raconte la suite :

« Je prends sa place devant le tableau noir, et Legorjus s’écroule : « C’est vrai, reconnaît-il devant tout le monde, je n’ai pas dirigé l’assaut. Je n’étais pas en état physique et psychologique pour le faire ». »

Dans la salle, ébahi, Bernard Meunier. Un gendarme qui pendant huit jours est resté prisonnier dans la grotte. Il se souvient d’un débriefing tendu :

« Les questions ont fusé. Le ton a monté entre Legorjus et Lefèvre. Il n’y a pas eu d’insultes, mais c’était sérieux. »

La liste des reproches faits au patron des « super gendarmes » est cruelle : attitude équivoque vis-à-vis du pouvoir, fascination pour les médias, erreurs d’appréciation sur le terrain… Et, surtout, l’officier n’a cessé de se présenter devant les Français comme le « héros » d’Ouvéa. Alors qu’en vérité, pendant l’assaut… <<

À suivre sur :

 

http://blogs.lesinrocks.com/enquetes/2011/11/17/derriere-lordre-et-la-morale-les-secrets-douvea/

 

 

2. Des livres…

 

A. Deux publications qui raviront les curieux et les experts du colonial policing : les deux derniers volumes de la monumentale histoire de la police néerlandaise initiée et dirigée par C. Fijnaut et consacrés aux polices du Surinam et des « western indies » hollandaises dans les Caraïbes…

 

Ellen Klinkers has completed her book on the history of the police in Surinam and Aart Broek has finished his study of the police in the Dutch Caribbean Islands as well. The books will be launched on 9 December at the Binnenhof (also the location for the meetings of the Dutch Parliament) in The Hague. First copies of the books will be presented to the Dutch Minister of Foreign Affairs and to the State Secretary of the department of Justice.

KITLV - Royal Netherlands Institute of Southeast Asian and Caribbean Studies 

 

 

B.

Deux publications d’un autre éminent spécialiste de l’histoire de l’institution, notre ami Luigi Lacché :

 

LACCHE Luigi et STRONATI Monica (ed.), Beyond the Statute Law : the « Grey Government of Criminal Justice Systems, 2011, EUM edizioni, universita di Macerata, 150p., 13€

 

 

COLAO Floriana, LACCHE Luigi, STORTI Claudia et VALSECCHI Chiara, Perpetue appendici e codicilli alle leggi italiane, 2011, EUM edizioni, universita di Macerata, 691p., 40€

Un précieux outil sur Le circolari ministeriali, il potere regolamentare e la politica del diritto in Italia tra otto et novecento.

 

 

 

Présentation de l’éditeur :

Francesco Carrara vide in una fonte "marginale", le circolari, le "perpetue appendici e codicilli alle leggi italiane". In tal modo segnalava, nell'Ottocento, un punto di crisi dell'ordine liberale, che, in settori decisivi della vita nazionale, depotenziava il ruolo della "legge", malgrado il suo celebrato primato politico e ideologico. Non a torto il principio di legalità, cuore vitale di quell'ordine, parve al giurista toscano segnato dallo scarto tra retorica della legge ed effettività del governo burocratico. È stata questa la premessa che ha orientato gli studi qui raccolti sul fenomeno normativo regolamentare/amministrativo, sulla sua dimensione costituzionale, sui suoi profili teorici, sul suo essere ambito di intermediazione tra sfera politica e amministrativa e cittadinanza. Governare per decreti, regolamenti, circolari garantì in più campi della vita giuridica una forma di comunicazione tra centro e periferia, e un intervento normalizzatore, uniformatore, in taluni casi riformatore della legge, fino a realizzare un "invece della legge".

 

 

C. Des images pour les fêtes :

CANCES Claude et DIAZ Charles, Histoire du 36 illustrée,Jacob-Duvernet édit., 2011, 224 p., 29,95 €

 

Un « beau livre » avec beaucoup de photographies — certaines très connues d’autres totalement inédites — , mais les unes et les autres de grande qualité, sur le « 36 » écrit par deux policiers dont l’un a dirigé, un temps, la PJ parisienne…

 

 

 

À noter une carte sur le « Paris du crime » originale et intéressante…

 

 

 

D. Consultable (et imprimable) en ligne…

 

Le livre collectif issu d'un séminaire tenu en 2010 dans les milieux

gendarmiques néerlandais et internationaux, qui ravira nos amis de la gendarmerie :

 

"Gendarmeries and the Security Challenges of 21st century"

 

http://www.fiep.org/wp-content/uploads/2011/11/FIEP-Seminarboek-totaal.pdf

 

 

E. Ange Alvarez, Ivan Delicado et Roland Delicado, Royo le guérillero éliminé, Nîmes, Ardeo, 2011, 43 p. (ill.), 9 €

 

 

 

L’histoire de la Résistance s’enrichit de travaux — souvent l’œuvre de non spécialistes — qui reviennent sur les mythes et falsifications qui ont encombré la mémoire officielle relayés par une histoire académique largement inspirée par des résistants devenus des témoins professionnels et dont il serait sacrilège de relever affabulations et arrangements avec la vérité.

Après la thèse de Claude Barbier sur Glières, le livre de Gilbert Moreux sur le Cher, une autre pièce à lire, cette fois sur la libération de l’Ariège et une figure de guérillero espagnol éliminé puis calomnié.

 

Présentation par les auteurs :

En sautant sur « Pamplemousse » le 8 août 1944 pour coordonner les maquis de l’Ariège, les cinq parachutistes de la mission alliée « Aube » (nom de guerre de Marcel Bigeard) s’attendaient à être accueillis par des Français et se retrouvent entourés par les guérilleros du commandant « Royo ». Les républicains espagnols sont bien organisés et disciplinés, leur chef est compétent. Bigeard et ses compagnons restent avec eux. Ensemble ils forment le fer de lance de la libération du département. L’intervention éclair de la mission Aube et des guérilleros, qui dès le 19 août libèrent Foix, contrarie les projets des Francs-tireurs et partisans français (FTPF). Marcel Bigeard, Royo et le major anglais Bill Probert sont érigés en héros. A la Une des journaux ils posent ensemble. « Les trois mousquetaires alliés » titre la presse locale, ce qui va entraîner des tensions politiques et des jalousies que le chef guérillero paiera de sa vie.

 

En octobre 1944, Royo passe en Espagne pour lutter contre la dictature. Fait prisonnier par les franquistes, il est libéré quelques mois plus tard grâce à un subterfuge. Intégré dans la guérilla du Levant espagnol fin 1945, il est toutefois assassiné à Valencia par ordre de la direction du Parti communiste espagnol sur fond de luttes intestines au prétexte qu’il est un traître. Après sa mort, Royo, qui a dirigé les guérilleros dans les Bouches-du-Rhône et dans l’Ariège, est dépouillé de tous ses exploits. Son nom est injurieusement relégué dans la liste des traîtres. Trente ans plus tard, le général Bigeard ranime son souvenir dans Pour une parcelle de gloire, édité en 1975. Cette publication, du fait qu’elle relance le débat sur le processus de la libération de l’Ariège, provoque une levée de boucliers. Certaines critiques sont justifiées car le général a éludé le rôle des résistants ariégeois et des FTP. Quant à Royo, ses rivaux redoublent d’efforts pour éviter que sa mémoire resurgisse. Fin 2008, à l’occasion d’autres recherches, les auteurs de cet ouvrage se penchent incidemment sur son cas. Réalisant aussitôt que les accusations portées contre lui sont insensées, ils décident de se livrer à une enquête approfondie.

 

Trois enquêteurs spécialisés dans l’étude de la guérilla espagnole

Ange Alvarez : vétéran de la Résistance et Commandeur de la Légion d’honneur à titre militaire.

Ivan Delicado et Roland Delicado : fils et petit-fils du commandant guérillero Juan Delicado.

Au terme de deux ans de recherches, ils réhabilitent Royo, mettent en évidence sa condition de bouc émissaire, le mécanisme de son élimination et dénoncent l’omerta qui s’est constituée autour de sa mémoire. Photographies inédites et documents originaux complètent ce récit.

http://ardeoresistance.over-blog.com/

 

Pour acquérir cette plaquette s’adresser à :

Ivan.delicado@hotmail.fr

 

 

F. Annoncé, mais enfin disponible :

 

LAURENT Sébastien (dir.), Politiques sous surveillance, PUB, 2011, 290p., 22€

 

Des études (du 19e au 21e siècle) sur ce que Dominique Monjardet appelait la « police de souveraineté » et que les journalistes appellent la « police politique »…

Ce livre qui sera achetable en ligne par chapitre est à commander directement à Sylvie.Barbeyron@u-bordeaux3.fr

 

 

 

 

 

G. KOSCIELNIAK Jean-Pierre et SOULEAU Philippe (dir.), Vichy en Aquitaine, Paris, éditions de l’Atelier, 2011.

 

 

 

 

 

La 3e partie devrait particulièrement intéresser les amis…

 

PARTIE 3 : Réprimer

CHAPITRE 1. De l'exclusion à la déportation : les politiques répressives et ses acteurs en Gironde occupée par Philippe Souleau

CHAPITRE 2. Violence d’État et tensions conjoncturelles : l’exemple de la gendarmerie dans les Basses-Pyrénées par Jean-François Nativité

CHAPITRE 3. La Milice au service de l’ordre nouveau : l’expérience lot-et-garonnaise par Jean-Pierre Koscielniak

CHAPITRE 4. Répressions, transgression et adaptation autour de la ligne de démarcation (1940-1943) par Eric Alary

CHAPITRE 5. Le sort des tsiganes en Aquitaine : une persécution oubliée par Emmanuel Filhol

CHAPITRE 6. Les GTE en Dordogne : des camps de travail forcé au service de Vichy

par Bernard Reviriégo

CHAPITRE 7. Du Cherche-Midi à Mauzac : origines et fonctions de la prison militaire de Paris repliée en Aquitaine par Jacky Tronel

CHAPITRE 8. L’échec d’une prison modèle : la centrale d’Eysses par Corinne Jaladieu

CHAPITRE 9. L’art dans les camps : une volonté de sublimation. L’exemple de Gurs par Claude Laharie

 

 

H. FASSIN Didier, La force de l'ordre. Une anthropologie de la police des quartiers, Paris : Le Seuil, 2011.

Passe ton BAC d’abord…

 

Sur un tel sujet, il m’a paru nécessaire de demander l’avis d’un sociologue, familier du terrain policier des « cités » et lui-même auteur d’une enquête sur deux BAC…

Vous trouverez la recension critique que fait Fabien Jobard de ce livre dans La Vie des idéeshttp://www.laviedesidees.fr/

 

>> La force de l'ordre, l'ouvrage que publie l'anthropologue Didier Fassin, professeur de sciences sociales à l'Institute for Advanced Study de Princeton et directeur d'études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, s'annonce comme une « ethnographie de la force publique » (p. 33). On peut le lire comme un manifeste ethnographique. Didier Fassin a en effet voulu répondre à l'urgence politique par une enquête par observation directe non participante, de longue durée, auprès de la brigade anti-criminalité (BAC) d'une agglomération de 200 000 habitants de la région parisienne. Son enquête répond à un double impératif : une « démarche critique » qui questionne la démocratie, enjeu du chapitre conclusif, à partir de l'ethnographie d'une BAC ; et une mise en évidence des pratiques policières à travers une « forme narrative, reconstitution aussi fidèle que possible des scènes observées, l'approfondissement d'études de cas [dotées] d'une portée générale », afin que « chacun [se saisisse] de ces questions » (p. 55-57). L'ethnographie interpelle, par sa méthode propre, le politique. Il s'agit aussi d'un manifeste en ethnographie : Didier Fassin revendique une « anthropologie publique », à l'image de mouvements similaires, notamment en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Cette anthropologie publique, servie par une connaissance remarquable de la sociologie de la police, fait à la fois la force, l'impact, mais aussi les limites de l'ouvrage…<<

 

 

 

  1. Maurice CUSSON, L’art de la sécurité. Ce que la criminologie nous enseigne, Lausanne, PPUR (Presses polytechniques et universitaires romandes), 2011, 248 pages, 26 € ou 35 CHF

 

 

 

 

Publié dans la collection Focus Sciences, cet ouvrage traite des racines et des enseignements de l’histoire de la criminologie et propose un panorama des diverses stratégies de protection développées au fil des siècles pour assurer la sécurité des biens et des personnes.

 

Présentation éditeur :

Depuis toujours, les communautés humaines ont confié à certains des leurs la mission d'assurer leur protection contre le crime et l’insécurité. Au fil du temps, et durant des siècles, la police s’est ainsi progressivement professionnalisée, en expérimentant les moyens de toujours mieux sécuriser les villes et les campagnes.

Il faudra toutefois attendre les dernières décennies pour que les historiens et les criminologues ne s’intéressent à cette séculaire accumulation de savoirs et de savoir-faire, et évaluant les stratégies et tactiques mises au point. C’est sur la base de ces études que l’auteur, chercheur au Centre international de criminologie comparée de l’Université de Montréal, décrit le long cheminement des hommes dans leur quête de la sécurité.

Il montre ici comment la police moderne des XVIIe et XVIIIe siècles parvient en Europe à faire reculer les taux d’homicide; les effets sur la criminalité des réformes policières déployées dans certaines grandes capitales, lors des siècles passés; la manière dont nos ancêtres se protégeaient contre les bandes de brigands et celle dont la police d’aujourd’hui parvient à désorganiser les organisations criminelles; les moyens par lesquels les organisations policières et de sécurité privée ont réussi à faire reculer la criminalité à la fin du siècle dernier, au Canada et aux Etats-Unis.

 

Table des matières :

Introduction - La longue histoire de l’homicide et de la sécurité - La régression pluriséculaire de l’homicide - La police et la justice face à la rixe-homicide - Le déclin du brigandage - Les brigands du Moyen Age - Fortifier et assiéger - La maréchaussée et la main-forte contre les brigands du siècle des Lumières - Réformes de la police face à la prolifération des vols, violences et désordres dans deux métropoles - Victoire de la police dans l’Angleterre victorienne - New York comme laboratoire - Concentrations criminelles et réseaux de trafiquants à la fin du XXe siècle - L’art de poser un problème sous le microscope de la criminologie expérimentale - Désorganiser les organisations criminelles : le cas des Hells Angels du Québec - Une décroissance du crime à l’échelle d’un continent - Innovations policières et recul de la criminalité - L’essor de la sécurité privée et des nouvelles technologies de protection des espaces - Bilan - Une théorie de l’action de sécurité - Bibliographie - Index

 

Pour plus d'informations : http://www.ppur.org/livres/978-2-88074-932-3.html

 

 

  1. CAMPION Jonas, Les Gendarmes belges, français, néerlandais à la sortie de la Seconde guerre mondiale, Bruxelles, André Versaille éditeur, 464 pages, 39,90€

 

 

 

 

Tirée d’une thèse sur les épurations comparées des trois gendarmeries après la Seconde guerre mondiale et l’occupation des trois pays par les Allemands, cet ouvrage apporte une pierre précieuse à la connaissance d’un épisode totalement méconnu : ce qui n’empêche pas un certain nombre de « spécialistes » d’écrire n’importe quoi et pas mal de contre-vérités sur le sujet… Mais les « amis » savent ce qu’il en est des « lignes Maginot » de l’esprit dans ce domaine : comme leur modèle, elles sont destinées à être contournées puis prises d’assaut !

 

Présentation éditeur

Durant la Seconde Guerre mondiale, les gendarmes, qui ont continué à exercer leurs fonctions, ont été confrontés à une difficile cohabitation avec les Allemands. Après la guerre, comment juge-t-on leurs comportements ?

 

Entre résistance et collaboration, comment rétablit-on la légalité et la légitimité de ces institutions fondamentales au sein de nos sociétés ?

 

Une étude comparative (France, Belgique, Pays-Bas) qui se base sur des archives inédites

 

Durant la Seconde Guerre mondiale, les gendarmes exercent leurs fonctions en territoires occupés. De ce fait, ils sont confrontés à une difficile cohabitation avec les Allemands. Après la guerre, comment juge-t-on leurs comportements ? Entre résistance et collaboration, comment rétablit-on la légalité et la légitimité de ces institutions, dont les missions sont fondamentales au sein des sociétés contemporaines ?

À la fin du conflit, les gendarmeries sont en crise. Pour les pérenniser, il convient de les épurer, de les restructurer et de les légitimer. Il faut doter les gendarmeries des capacités humaines, matérielles et morales pour remplir leurs missions dans les sociétés libérées. C’est un processus long, qui s’étend des premiers jours de liberté à la fin des années 1940.

À l’aide d’archives inédites, notamment celles des épurations menées au sein des gendarmeries, cette étude confronte les processus de rétablissement de la légalité policière des gendarmeries belge, française et de la Koninklijke Marechaussee néerlandaise.

Dans une démarche croisée, elle apporte d’une part, un éclairage neuf sur l’histoire des gendarmeries et leur rôle dans le fonctionnement étatique. D’autre part, elle analyse l’histoire de l’Occupation, en abordant les collaborations étatiques, mais aussi les comportements individuels des fonctionnaires. Enfin, elle souligne avec force le déroulement, ainsi que les enjeux politiques et sociaux, de la répression des collaborations.

  1. Bonus

Veuillez trouver ci-après une série d'annexes complémentaires à l'édition “papier” du livre :


- Bibliographie(507,91 Ko)
- Répertoire biographique(165,17 Ko)
- Sources, archives et documents(228,87 Ko)
- Chronologie de l'évolution des gendarmeries belge, française et néerlandaise (1918-1947)(111,66 Ko)

3. Séminaires, journées d’études…

 

 

Le séminaire « Justice en action »,avec le soutien de l’ISP Cachan (ENS Cachan, CNRS) et de l’équipe PRO du Centre Maurice Halbwachs (EHESS, ENS Paris, CNRS), a le plaisir de vous convier à une journée d’études organisée en l’honneur d’Anne Boigeol :

Genre, histoire et sociologie des professions judiciaires

Le 14 décembre 2011 à l’ENS Cachan,

Salle Renaudot, bâtiment Laplace

 

10h30 : Introduction : Benoit Bastard (CNRS, ISP Cachan) et Liora Israël (EHESS, CMH)

11h -12h 30 : Table ronde « Genre et professions judiciaires », sous la présidence de Benoit Bastard

 

Interventions de Fiona Kay (Queens University, Canada), Juliette Rennes (EHESS, GSPM), Maria Malatesta (Université de Bologne, Italie)

Discutante : Catherine Marry (CNRS, CMH)

12h30 – 14h : Déjeuner

 

14h-16h30 : Table ronde : « Socio-histoire des professions et des institutions judiciaires », sous la présidence de Jacques Commaille (ENS Cachan, ISP Cachan)

 

Interventions de Laurent Willemez (U. Poitiers, GRESCO), Liora Israël (EHESS, CMH), Yves Dezalay (CNRS, CESSP), Alain Bancaud (CNRS, IHTP)

Discutant : Benoit Bastard (CNRS, ISP Cachan)

16h30 Conclusion : Anne Boigeol (CNRS, ISP Cachan)

La journée sera suivie d’un pot amical

 

La réservation est impérative pour le déjeuner (offert pour les inscrits), merci de vous inscrire en suivant ce lien : http://www.doodle.com/52h4s2g2tmr2s8kh

Plan d’accès pour se rendre à l’ENS Cachan : http://www.ens-cachan.fr/version-francaise/outils/plan-d-acces/

 

Le séminaire « La justice en action » est organisé conjointement par l’Institut des Sciences Sociales du Politique (Université Paris-Ouest Nanterre la Défense, ENS-Cachan), le Centre Maurice Halbwachs (EHESS-ENS Ulm), Le Centre de Recherche sur l’action locale, Université Paris XIII-Nord en collaboration avec le Réseau Thématique 13 « Sociologie du droit et de la justice » de l’Association Française de Sociologie.

 

 

 

 

 

 

►►

 

 

 

 

►►► Paris IV

 

Gendarmeries, polices et sociétés (XIXe-XXIe siècles) : régulation sociale, maintien de l’ordre, sécurité et Défense (Université Paris IV et Centre d’histoire du XIXe siècle, Paris I et Paris IV) – Maison de la recherche, 28 rue Serpente, Paris VIe – mardi 17h-19h – salle 040

Contact : Pr. Jean-Noël Luc – jnoel.luc@gmail.com

 

Ce séminaire a d’abord été consacré à la seule histoire, longtemps négligée, de la gendarmerie, considérée comme un corps militaire particulier, une composante d’un système policier en interaction avec son environnement, un groupe social engagé dans un processus de professionnalisation, un réseau de représentations et l’archétype d’autres forces publiques organisées, depuis deux siècles, dans une quarantaine de pays.

Faire l’histoire des gendarmes offre la possibilité d’étudier le fonctionnement de l’État sous un angle nouveau et de mieux comprendre comment s'inventent une militarité articulée sur une culture de service public, une police de proximité, un art de l'enquête, une technique du maintien de l'ordre et des participations originales aux opérations militaires et aux dispositifs de Défense. L’observatoire est irremplaçable, puisque, jusqu’à l’étatisation des polices municipales en 1941, la gendarmerie constitue dans les faits la seule « police nationale », si l’on considère que ce terme désigne une force publique de l’État présente sur tout le territoire

La fécondité de la notion de système policier a ensuite conduit à élargir les travaux et les conférences à l'ensemble des forces de l'ordre – y compris dans des pays étrangers – civiles ou militaires, publiques ou privées, professionnelles ou informelles. On espère ainsi contribuer au décloisonnement de l'histoire de la gendarmerie comme de celle des polices civiles et à une meilleure compréhension du fonctionnement, des acteurs, des pratiques et des enjeux de la sécurité publique.

 

1) Séances thématiques

 

 

 

 

4. Colloques

 

 

■ Comme tous les ans, Luigi Lacché et les universités de Milan et de Messine organisent un colloque qui ne peut qu’intéresser les amis de la police …

 

Dipartimento di studi europei e mediterranei, Università di Messina

Dipartimento di scienze della storia e della documentazione storica, Università di Milano

Accademia Peloritana dei Pericolanti

Centro internazionale di ricerche e studi sociologici, penali e penitenziari (INTERCENTER)

 

 

CONTRABBANDO E LEGALITÀ: POLIZIE A DIFESA DI PRIVATIVE, DIRITTI SOVRANI E PUBBLICO ERARIO

 

 

 

Università di Messina – Aula Magna della Facoltà di Scienze Politiche

(Piazza XX Settembre, 4)

1 / 3 dicembre 2011

 

Giovedì 1 dicembre, ore 9.15

Andrea Romano, Livio Antonielli, Apertura

Carmelo Gugliotta, Questore di Messina, Saluti

 

Interventi

Patrizia Mainoni, L'economia della legalità. Dazi e monopoli nella Lombardia bassomedievale (secoli XIII-XV)

Paolo Grillo, Interessi economici e rivendicazioni giurisdizionali: la lotta al contrabbando negli ordinamenti daziari comaschi del 1340

Tomaso Perani, La repressione del contrabbando annonario: i custodi dei divieti a San Gimignano nel XIII secolo

Franco Angiolini, Il "contrabbando" in tempo di guerra, ovvero se e quali merci debbano essere considerate proibite

Susana Truchuelo Garcia, Restablecer la legalidad: actuaciones frente al contrabando en el País Vasco costero (siglos XVI-XVII)

 

 

 

 

 

■■ Amiens, le 2/12/2011

Les procédures pénales accusatoires…

 

 

 

 

Lille, le 2/12/2011

 

L’Association Française de Science Politique vous informe...


 

5.Appel à communications…

 

 

6.Sur l’internet…

 

Que fait un agent de vidéosurveillance devant son écran? Principalement, il s'ennuie.

Le blues des vidéosurveillants …

http://www.slate.fr/story/45969/videosurveillance

 

 

Rappel :

LaLettre d'information du site Délinquance, justice et autres questions de société
Nouvelle série aborde chaque semaine des questions d’actualité et de fond qui ne sauraient laisser indifférents des amis de la police…

 

Le STIC, le commandant Pichon… (suite)

 

Une tribune libre co-publiée sur le site en ligne du Monde (blog F. Johannès) en soutien à Ph. Pichon.

http://libertes.blog.lemonde.fr/

 

 

(Enfin !) Des nouvelles de CRIMINOCORPUS…

 

Beaucoup de nouveautés sur Criminocorpus, le site de référence sur l’histoire de la justice (et de la police) : la neuvième exposition du portail, la suite du dossier Bertillon, l'ouverture d'un nouveau dossier sur le faux-monnayage, des articles varias et des comptes rendus. En attendant l'année 2012, qui verra la concrétisation d’un rapprochement avec la collection privée de M. Philippe Zoummeroff.

L'association Criminocorpus a vu le jour en octobre 2011. Cette association a pour premier objectif de soutenir le développement du site en le faisant mieux connaître auprès du public. Nous espérons que vous serez nombreux à y participer. Vous trouverez toute information utile dans le fichier ci-joint ou en vous rendant sur cette page.


1/ LA NOUVELLE EXPOSITION :
Les artistes du bagne. Chefs-d’œuvre de la débrouille (1748-1953)

Cette exposition virtuelle reprend en partie celle qui a été présentée au Musée Balaguier de La Seyne-sur-Mer du 27 mars 2010 au 18 septembre 2011.
Les images présentées sont issues des collections du Musée Balaguier, du Musée des beaux-arts de Chartres, du Musée Ernest Cognacq de Saint-Martin-de-Ré et de collections privées. L’exposition Les artistes du bagne. Chefs-d’œuvre de la débrouille 1748-1953 présente une vue d’ensemble particulièrement riche et variée de la production artistique issue des bagnes français (Toulon, Nouvelle-Calédonie et Guyane française).Les commentaires ont été rédigés par Michel Pierre, Éléonore Bozzi, Julien Gomez-Estienne, Claire Jacquelin, Hélène Bourilhon, Franck Sénateur, Philippe Bihouée, Lison de Caunes, Jean-Lucien Sanchez, François Macé de Lépinay et Isabelle Stetten.

 
2 / SUR LA REVUE
Pierre Chommeliz, faux-monnayeur du désastre, au milieu du XVe siècle
http://criminocorpus.revues.org/465

Un « régicide républicain » : Paul Doumer, le président assassiné (6 mai 1932)
http://criminocorpus.revues.org/435

Figures de faux-monnayeurs du Moyen Âge à nos jours
Le nouveau dossier thématique de Criminocorpus, revue hypermédia
http://criminocorpus.revues.org/455

 Jean-Noël Luc (dir.), Soldats de la loi : La gendarmerie au XXe siècle
  http://criminocorpus.revues.org/432


Jean-Marc Berlière et René Lévy, Histoire des polices en France. De l’Ancien régime à nos jours
 http://criminocorpus.revues.org/430

Surveillance des identités et régime colonial en Indochine, 1890-1912 
http://criminocorpus.revues.org/417

El bertillonage en el espacio atlántico sudamericano 
http://criminocorpus.revues.org/387

The bertillonage in the South American Atlantic World  
http://criminocorpus.revues.org/402

Le bertillonnage en Amérique du Sud 
http://criminocorpus.revues.org/399

Le Bertillonnage à New York : professionnalisation et image de la police (1896-1914) 
http://criminocorpus.revues.org/366

L'anthropométrie au service de l'identification des récidivistes : l'exemple de la relégation en Guyane française 
http://criminocorpus.revues.org/365

Une cartographie du crime : les images d’Alphonse Bertillon
Criminocorpus, revue hypermédia
... ://www.criminocorpus.cnrs.fr ... ... Desplas, conseiller municipal, Paris, Imprimerie Municipale, 1900, p. 181 (projet Bertillon : http://www.criminocorpus...
http://criminocorpus.revues.org/354

Comment la photographie a inventé l’identité. Des pouvoirs du portrait 
http://criminocorpus.revues.org/351


3 / Une sélection des dernières nouvelles du BLOG

14 Juillet 1944. Bal tragique à la Santé : 34 morts
Criminocorpus, le blog
Un nouvel article de Christian Carlier à lire sur Criminocorpus. ...
http://criminocorpus.hypotheses.org/3411

Programme : Résister à la justice, dans l'Europe médiévale et moderne, 12-14 décembre, Bordeaux. 
http://criminocorpus.hypotheses.org/3667

Témoins et témoignages d'hier à aujourd'hui 
http://criminocorpus.hypotheses.org/3663

Bandes, bandits et marginaux (corpus de procès) 
http://criminocorpus.hypotheses.org/3660


Aux origines de la police scientifique, Alphonse Bertillon (dir. P. Piazza) 
http://criminocorpus.hypotheses.org/3406

L’aménagement des peines privatives de liberté : l’exécution de la peine autrement 
http://criminocorpus.hypotheses.org/3392

Force publique, régulation sociale, sécurité intérieure et Défense XIXe-XXe siècles 
http://criminocorpus.hypotheses.org/3632

Les professionnel(le)s de la justice des enfants, XIXe-XXe siècles 
http://criminocorpus.hypotheses.org/3638

Vers l'abolition universelle de la peine capitale 
http://criminocorpus.hypotheses.org/3608

L’indépendance des avocats. Histoires, sens et tendances. Une comparaison entre la France et les États-unis (Journée d'étude) 
http://criminocorpus.hypotheses.org/3596

Traitements et contraintes (appel à contribution) 
http://criminocorpus.hypotheses.org/3591

Normes, justice et violences (Rives méditerranéennes, n° 40) 
http://criminocorpus.hypotheses.org/3578

Juger les comptes au Moyen-Âge (conférence) 
http://criminocorpus.hypotheses.org/3573

Conférence aux Archives départementales 17 : La peine de mort en France : deux siècles pour une abolition (1791-1981) par J.-C. Farcy 
http://criminocorpus.hypotheses.org/3566

 

 

 

7. Archives

 

Un article sur les APP qui nous avait échappé …

 

>> Mémoire de la police

 

La préfecture de police de Paris vient de se doter d’un nouveau service destiné à valoriser un patrimoine qui suscite une curiosité croissante de la part des chercheurs et du grand-public. Grâce à une politique de dérogation généreuse, ces archives sont aujourd’hui plus accessibles que jamais.

 

 

Par Bruno Texier

01/05/2010

 

Ce fut l’une des surprises littéraires de la rentrée litt

Publicité
éraire 2008 : le livre Dans les secrets de la police s’était écoulé à 25 000 exemplaires ! Un score très honorable pour un ouvrage vendu au prix de 69 euros. Depuis, les éditions de L’iconoclaste ont récidivé avec une version texte à un prix plus abordable – 24,90 euros – qui, à ce jour, dépasse déjà les 20 000 exemplaires. Ce succès doit autant à la qualité des ouvrages qu’à la curiosité croissante du grand-public pour les archives policières. Depuis toujours, les archives de la Préfecture de police ont alimenté la légende. Héritière de la Prévôté de Paris et de la Lieutenance générale, la célèbre PP est l’une des institutions les plus anciennes de l’État et passe pour être l’une des mieux informées de France. Son patrimoine archivistique est d’une telle richesse que l’on vient du monde entier pour le consulter : « Nous recevons environ 2 500 personnes par an qui viennent aussi bien de Chine, des États-Unis, du Japon, d’Inde et bien sûr de France, précise Jean-Marc Gentil, directeur du nouveau service de la mémoire et des affaires culturelles (SMAC) de la Préfecture de police ; il s’agit d’historiens, de chercheurs, d’écrivains ou de journalistes qui sont à la recherche de documents policiers – police judiciaire, anciens Renseignements généraux, ordre public… – et politiques – comptes rendus de manifestations, événements sociaux, visites officielles ».

 

Exonération de versement

 

Créé au mois de novembre 2009 à l’initiative du préfet de police Michel Gaudin et de son directeur de cabinet Christian Lambert, le SMAC a une ambition : faire mieux connaître un patrimoine qui a longtemps souffert d’une réputation d’inaccessibilité. Il est vrai que la Préfecture de police bénéficie d’une exonération de versement aux Archives nationales en raison du caractère sensible de ses documents. À l’instar du ministère des Affaires étrangères et du ministère de la Défense, elle gère ses propres fonds grâce à des archivistes habilités à exploiter des documents policiers. La PP est en revanche tenue de respecter la loi de 2008 sur la communication des archives. Selon Jean-Marc Gentil, la Préfecture va même plus loin : « Lorsque les demandes des chercheurs portent sur des archives non communicables, nous procédons à un examen de leur requête. Chaque année, nous accordons environ 70 dérogations particulières. Les refus opposés aux demandes de dérogation sont rarissimes ».

 

Dérogations particulières, dérogations générales

 

En 2009, les dérogations particulières ont porté sur des communications d’archives relatives à l’occupation allemande (30 %), à la IVeet la Verépubliques (18 %), à l’épuration (11 %), aux affaires criminelles (6 %), à la guerre d’Algérie (5 %), à la généalogie (3,5 %). Quant aux demandes de consultation de documents concernant le parti communiste, jadis nombreuses, elles ne représentent plus que 1,5 % des dérogations. Il existe une autre catégorie de dérogation, dite générale, qui permet d’accéder à des documents déclarés incommunicables par la loi de 2008. Cette dérogation générale couvre deux périodes sensibles : la collaboration et la guerre d’Algérie. Ce principe dérogatoire fut décidé par l’hôtel Matignon en 1997 pour la collaboration et en 2001 pour la guerre d’Algérie.

 

L’oreille musicale

 

La mémoire de la Préfecture de police ne se réduit pas aux archives stricto sensu. Le SMAC coiffe également le patrimoine documentaire, musical, littéraire, muséal, technique et audiovisuel de l’institution policière. On le sait peu, la PP a l’oreille musicale… Elle possède une batterie fanfare et un orchestre d’harmonie dont les 122 musiciens sont recrutés après des épreuves de haut niveau au sein des conservatoires nationaux. La Musique des gardiens de la paix joue dans le monde entier des oeuvres dont certaines ont été composées spécifiquement pour cet orchestre par Henri Dutilleux, Lili Boulanger ou Michel Legrand. À ce titre, elle possède une bibliothèque musicale équivalente à celle de l’Opéra de Paris. Autre héritage géré par le service de la mémoire et des affaires culturelles, le patrimoine technique de la Préfecture de police est plus connu du grandpublic. Chaque année, à l’occasion des journées du patrimoine, la PP expose d’anciens véhicules de police et de pompiers de toutes les époques en plein coeur de Paris sur la place Louis Lépine. En septembre 2009, 25 000 spectateurs s’étaient pressés pour admirer des carrosseries remises à neuf par les garagistes de la préfecture. Le musée de la police [voir encadré] est quant à lui une caverne d’Ali Baba pour quiconque s’intéresse à la vie des sinistres Landru et docteur Petiot…

 

défi numérique

 

Comme toutes les institutions archivistiques, le SMAC est aujourd’hui confronté aux défis de l’ère numérique. Les collections audiovisuelles comptent près de 2 millions de films négatifs et 4 000 plaques de verre. Ajoutées aux fonds papier, c’est une double tâche de numérisation qui attend la Préfecture de police : « Nous sommes au pied des pyramides de Guizeh ! », constate Jean- Marc Gentil. Avant de prendre la direction du SMAC, cet ancien sous-préfet fit ses armes au Louvre en tant que secrétaire général et eût la charge des résidences de la présidence de la République. Son souhait est de numériser prioritairement les documents lus plus consultés et les plus fragiles. Figureraient dans ce premier lot, les archives relatives aux sinistres Brigades spéciales qui, sous l’occupation, traquaient les résistants, les juifs et les communistes. La mémoire de la police est aussi celle de la nation tout entière comme le montrent les partenariats noués entre le SMAC et les institutions culturelles françaises et étrangères. <<

 

 

Addendum 20/11/2012 : Dernier en date, le prêt de pièces du musée de la police pour l’exposition «Fichés » qui se tient jusqu’au 23 janvier prochain aux Archives nationales (Hôtel de Soubise, rue des Francs-Bourgeois).

 

 

 

8. Thèses /HDR

 

  1. Georges VIDAL a soutenu son habilitation à diriger des recherches le vendredi 18 novembre, 13h45, salle du Conseil, site Saint-Charles, Montpellier III..

La partie recherche du dossier présenté portait sur : Ennemi intérieur, enjeux stratégiques et politique de sécurité : l'armée française et le problème bolchevik de la révolution russe au régime de Vichy (octobre 1917-novembre 1942), 689 p.

 

  1. Edouard LYNCH soutiendra un dossier d’Habilitation à Diriger des Recherches à l’Université Lumière Lyon 2, le lundi 5 décembre 2011, à 13 h30, à la Salle du Conseil de l’IEP de Lyon (14 av Berthelot 69007 Lyon)

  « Jacquou le votant »

Sociétés paysannes en politique : engagements partisans, mobilisations collectives et représentations dans la France du XXe siècle

  Mémoire inédit :

« La fourche et le tracteur »

Les mobilisations collectives dans la France agricole du XXe siècle (1907-1976) : répertoires d’actions, pratiques manifestantes et identités professionnelles

 

  1. Claude BARBIER a soutenu sa thèse sur Glières (dirigée par Olivier Wieviorka) le 16 novembre à la Sorbonne. Une étude qui montre et démonte la construction d’un mythe largement instrumentalisé par le politique (voir les pélerinages annuels du Chef de l’Etat) et ramène l’événement à des réalités humaines, tues, occultées, niées, enterrées… On souhaite et espère une rapide édition d’une nouvelle pierre marquant (après les thèses de S. Albertelli, G. Eismann et Laurent Thiéry) le renouveau de l’historiographie de la Résistance permise par une révolution documentaire qui nous réserve d’autres promesses ces prochains mois …

 

***

 

 

 

 

C’est tout pour cette fois-ci...

N’hésitez pas à diffuser cette Lettre auprès de ceux qu’elle peut intéresser.

N’hésitez pas à nous communiquer les nouvelles (parutions, soutenances de thèses, articles, séminaires, expositions, conférences, documentaires, blogs, articles, revues…) qui entrent dans notre champ d’intérêt et auraient échappé à notre attention…

Merci d’avance à tous nos « honorables correspondants » pour leurs informations…

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :