Lettre aux amis de la police (et de la gendarmerie) 2010/7
Chers collègues et chers amis,
Vous trouverez ci-dessous, l’essentiel de l’actualité de la recherche et de l’édition de ce mois de mai riant et ensoleillé… et qui concerne plus ou moins directement police(s) et gendarmerie.
ATTENTION : notez les dates limites très rapprochées d’un certain nombre d’appels à contribution ou de certains colloques ou conférences !
Bien cordialement
Jmb
PS : la consultation du blog Politeia (http://politeia.over-blog.fr/) ou l’inscription à sa newsletter vous permettront d’être prévenu en temps réel de toute addition de dernière minute à la Lettre…
ACTUALITÉ
Sad News
Jean-Paul Brodeur, pionnier et figure de la recherche sur la police nous a quittés de façon impromptue le lundi 26 avril dans l’après-midi…
Professeur à l'Ecole de criminologie de l'Université de Montréal et directeur du Centre International de Criminologie Comparée. Jean-Paul Brodeur était un acteur majeur de notre communauté scientifique, membre de longue date du GERN
Tous ceux qui travaillent dans un champ qu’il avait largement contribué à éclairer avec Dominique Monjardet, savent ce qu’ils lui doivent.
Son accent chantant, sa profonde humanité, ses intuitions et propositions toujours pertinentes et novatrices, son indépendance d’esprit vont terriblement nous manquer.
Voici le texte que le CESDIP qui entretenait avec lui des rapports historiques depuis la fin des années 1970 lui consacre sur son site (www.cesdip.fr)
Jean-Paul Brodeur (1944-2010)
par le CESDIP - 30 avril

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de notre collègue et ami Jean-Paul Brodeur, professeur à l’Université de Montréal, directeur du Centre International de Criminologie Comparée (CICC), survenu lundi 26 avril 2010.
La sociologie nous enseigne depuis toujours une leçon de modestie : les institutions ne sont jamais que ce qu’en font les acteurs autour d’elles. Le décès de Jean-Paul Brodeur nous rappelle cette loi fondamentale : le CESDIP et le GERN lui doivent en effet beaucoup.
Jean-Paul Brodeur a une histoire ancienne avec la France. C’est à Nanterre qu’il soutint une thèse de philosophie logique, consacrée à Spinoza. Son directeur de thèse, Paul Ricoeur, était alors un philosophe invité de trimestre en trimestre dans les universités de tous les continents du monde et le manuscrit de Jean-Paul, une fois achevé, avait durant un an circulé tout autour du globe à la poursuite de son directeur, avant de le retrouver… sur la terre ferme de Nanterre.
Ces pérégrinations annonçaient malgré lui ce que sera la contribution intellectuelle de Jean-Paul aux sciences sociales : un rayonnement sans frontières ni territoriales, ni disciplinaires, ni intellectuelles.
Peu après sa thèse, Jean-Paul poursuit un cursus de criminologie à l’École de criminologie de l’Université de Montréal. Son travail le porte à s’intéresser aux commissions d’enquête, tradition malheureusement peu développée en France, qui sont appelées en Amérique du nord à faire la lumière sur les dérives ou fautes des institutions publiques, au premier rang desquelles la justice pénale ou la police. Il en tire alors son premier ouvrage, La délinquance de l’ordre. Il est alors appelé à diriger les recherches de la plus retentissante commission de l’histoire du Canada, la Commission Keable, sur l’infiltration des groupes souverainistes par la Gendarmerie royale du Canada. Récemment, il était revenu sur cette expérience, à la croisée du politique et de la recherche, qui a profondément marqué l’orientation de ses recherches futures.
Jean-Paul Brodeur a en effet consacré la plus grande part de ses travaux à la police, plus exactement à la fragmentation des activités policières, éclatées entre haute police et basse police, police politique et police du quotidien. L’article qu’il publie en 1983 dans la revue Social Problems, "High Policing and Low Policing", signe de manière remarquée son entrée dans le champ international. Il ne cessera de travailler à ce problème central : la police, activité empiriquement éclatée, est-elle redevable d’une théorie unifiée ? Ce projet est resté le sien, inlassable, jusque dans la collection d’articles publiée en 2003 aux Presses de l’Université de Montréal, sur les "visages de la police" (son aspect protéiforme, sa réalité une ?), le numéro de 2005 de la revue Criminologie, consacré à la "police en pièces détachées", ou son ouvrage qui paraîtra en août 2010 aux Presses Universitaires d’Oxford, The Policing Web, dont il venait juste de retourner les épreuves corrigées. C’est que Jean-Paul Brodeur sera resté jusqu’au bout un philosophe des catégories de la pensée et de la connaissance, qui certes se sera résolument éloigné de la philosophie académique pour observer l’existence concrète des polices, de l’État et de la justice, mais qui n’aura eu de cesse d’interroger ses objets criminologiques avec l’intelligence de la critique épistémologique. La force de la criminologie qu’il pratiqua est tout entière dans l’hybridation disciplinaire, et dans le souci de confronter son savoir à la vie réelle des institutions ; soit par la participation à des commissions d’enquête (la Commission canadienne sur la détermination de la peine, puis la Commission d’enquête sur les exactions de l’armée canadienne en Somalie), soit par des enquêtes empiriques, les dernières portant sur l’enquête judiciaire, qu’il avait présentées lors d’un séminaire du CESDIP, en 2002.
Nous devons beaucoup à Jean-Paul. Étudiant au milieu des années 1970 à l’École de Criminologie de Montréal, il se lia avec Renée Zauberman et René Lévy, qui étaient ses condisciples, en même temps qu’avec Philippe Robert, qui y enseignait régulièrement. Nommé professeur de criminologie en 1978, membre du GERN dès l’origine de ce réseau, il a toujours pris part à nos réflexions sur la police ou la justice, avec toute la jovialité, l’ouverture et l’audace intellectuelle que nous lui connaissions. Qu’il nous soit ainsi permis de rappeler l’accueil qu’il fit aux travaux de CESDIP dès le numéro consacré en 1984 à la police par la revue Criminologie (où il caractérise la police par sa "résistance au projet de connaître"), mais aussi au séminaire tenu à Oñati en 1990 (consacré à la création de la loi pénale), l’Interlabo de Montréal-Ottawa qu’il avait co-organisé en 1991 (les codifications pénales), le séminaire IHTP/CESDIP/GERN consacré en mai 1999 à Max Weber, Egon Bittner et la police, sa participation au séminaire du CESDIP au printemps 2002 au cours duquel il présenta ses recherches sur l’enquête judiciaire, l’ouvrage qu’il dirigea avec Fabien Jobard sur la délation, en 2005, sa participation aux jurys de thèse de ce dernier ou de Christian Mouhanna, l’accueil que Benoît Dupont et lui firent à nos travaux lors du colloque de Nicolet au printemps 2005… Jean-Paul aura été pour nous tous, au GERN et au CESDIP, et pour la communauté francophone des chercheurs sur la police et la justice pénale, un passeur de talent vers le meilleur de ce qui s’élabore en Amérique du Nord.
Dans ce travail de passeur, il faut faire une place toute particulière aux liens qui l’unirent à notre collègue alors au Groupe de Sociologie du Travail, Dominique Monjardet, lorsque celui-ci entreprit sa conversion thématique pour, de la sociologie du travail industriel, travailler sur la police. Jean-Paul l’accueillit lors de son premier séjour documentaire à Montréal, en 1979, ils formèrent depuis lors une paire indissociable, engagée tant sur le front du savoir sur la police que sur celui de la réforme des polices. [Le premier numéro que la Revue Française de Sociologie consacra à la police-http://www.persee.fr/web/revues/hom…] (en 1994 seulement) accueillait une contribution de Dominique Monjardet sur les CRS et une contribution de Jean-Paul Brodeur sur "police et coercition", dans laquelle il contestait la définition de la police par la violence physique. L’association des deux chercheurs fut également cruciale dans la conception et les premières années d’existence de l’Institut des hautes études de la sécurité intérieure, qu’avec Jean-Marc Erbès, son premier directeur, ils avaient souhaité au service d’une meilleure intelligence de la police et de sa réforme. L’échec de ce projet n’empêcha Jean-Paul Brodeur et Dominique Monjardet de publier sous forme d’ouvrage, en 2003 à La Documentation Française, les textes fondateurs de la sociologie anglo-saxonne de la police qu’ils avaient fait traduire dans la revue de l’Institut.
Les membres du CESDIP et du GERN, gardent de Jean-Paul le souvenir d’un collègue exigeant, ouvert à toutes les disciplines des sciences sociales, d’une rigueur sans faille. Pour tous ceux qui l’ont connu, il aura été un interlocuteur constant, toujours passionnant, qui nous a permis de porter un regard neuf sur nos objets. Pour beaucoup aussi, il fut un ami fidèle.
À Nicole, son épouse, à ses collègues du CICC et de l’École de criminologie, nous adressons nos pensées amicales et attristées.
Il caso Mattelly (3eépoque)
Le Conseil d'Etat suspend partiellement l'exécution du décret radiant le gendarme Matelly
PARIS, 29 avr 2010 (AFP) - Le Conseil d'Etat, qui a examiné mardi un nouveau référé de l'ex-chef d'escadron (commandant) Jean-Hugues Matelly radié pour avoir critiqué le rapprochement
police-gendarmerie à l'Intérieur, a suspendu en partie l'exécution de ce décret, a-t-il annoncé jeudi.
Le juge des référés Jacques Arrighi de Casanova, qui avait examiné mardi ce référé suspension de M. Matelly contestant sa radiation des cadres de la gendarmerie, a "ordonné la suspension des
effets les plus dommageables de la sanction infligée" à l'ex-gendarme "à savoir la privation de rémunération et l'obligation de libérer (son) logement de fonction".
Il ajoute qu'il "reste saisi de l'affaire au fond" et qu'il "devra se prononcer définitivement sur la légalité du décret contesté".
Le 30 mars, le Conseil d'Etat, estimant qu'il n'y avait pas urgence, avait rejeté un premier référé dit (de) liberté de M. Matelly qui avait de nouveau saisi mardi la même juridiction.
M. Matelly a été radié par "mesure disciplinaire", par un décret du président de la République du 12 mars , pour "manquement grave" à son obligation de réserve.
Ce chef d'escadron de 44 ans s'était exprimé publiquement en tant que chercheur du Centre national de la Recherche scientifique (CNRS), fin 2008, en critiquant, dans des médias, le rapprochement
police-gendarmerie au sein du ministère de l'Intérieur, effectif depuis le 1er janvier 2009.
Cette mesure rarissime de radiation, la plus lourde en la matière, lui avait été signifiée le 25 mars.
À suivre ….
1. Séminaires, Colloques, Journées d’études…
■ Le projet de Musée de l'histoire de France, la question des commémorations et les instrumentalisations de l'histoire
Le groupe de travail « mémoire, histoire, archives » de la LDH organise le Lundi 10 mai 2010 de 18h à 21h au siège de la LDH (salle Dreyfus) 138, rue Marcadet 75018 Paris M°:
Lamarck Caulaincourt (ligne 12) - bus 60 et 31
une table ronde avec Laurence De Cock, Marie-Claire Lavabre, Gérard Noiriel et Sophie Whanish
animée par Gilles Manceron et Emmanuel Naquet délégués du groupe de travail « Histoire, mémoires, archives ».
Merci de signaler votre présence à : florence.yesso@ldh-france.org
Pour information :
- Rapport de la Mission d'information de l'Assemblée nationale sur les
questions mémorielles
http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i1262.asp
- Rapport de la Commission de réflexion sur la modernisation des
commémorations publiques présidée par André Kaspi
http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/telechargement/Pdf/RapportCommissionKasp
i.pdf
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/11/12/andre-kaspi-la-multiplicati
on-des-commemorations-diminue-l-effet-de-chacune-d-entre-elles_1117857_3224.
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- Le projet de Musée de l'histoire de France, rapport Lemoine et rôle de
Jean-François Hébert
http://www.imagesplus.fr/Musee-de-l-Histoire-de-France-le-rapport-Lemoine-su
r-le-net_a471.html
http://www.lejdd.fr/Culture/Beaux-Arts/Actualite/Un-musee-d-Histoire-a-quest
ions-136253/
- Le CVUH, l'instrumentalisation de l'histoire par Nicolas Sarkozy et la
lettre de Guy Môquet
http://cvuh.free.fr/spip.php?article159
http://cvuh.free.fr/spip.php?article94
http://cvuh.free.fr/spip.php?article131
- Le site de l'association « Liberté pour l'Histoire »
http://www.lph-asso.fr/
■ La mise en place de la politique du chiffre dans la police : enjeux et effets sur la vie
citoyenne
La gauche de la gauche syndicale policière a rendez-vous à la fondation Copernic.
Le mercredi 12 Mai de 19h30 à 21h30.
8 rue de la Banque, Salle des expositions, 1 er étage, Mairie du IIe.
Avec :
-
Gaétan Alibert, syndicaliste policier à SUD Intérieur.
-
Erik Blondin, syndicaliste policier, auteur de Journal d'un gardien de la paix, La Fabrique, 2002.
-
Evelyne Sire-Marin, magistrate, ancienne présidente du Syndicat de la Magistrature et présidente d'honneur de la Fondation Copernic
-
Laurent Bonelli, sociologue, spécialiste des questions de sécurité urbaine et de surveillance, maître de conférences en Science politique à l'Université Paris X Nanterre.
[Laurent Bonelli a notamment publié La Machine à punir. Pratiques et discours
sécuritaires, L’Esprit frappeur, Paris, 2001 et plus
récemment La France a peur. Une histoire sociale de
l'insécurité, La Découverte, 2008.]
■ Le renseignement dans les sociétés démocratiques
séminaire du centre d’histoire de Sciences-Po (Salle Jean Monnet, 18h-20h, 56, rue Jacob, salle du rez-de-chaussée au fond)
lundi 17 mai 2010 à 18h00, troisième séance du cycle :
« Les formes de contrôle parlementaire du renseignement en Europe »
Thorsten Wetzling (chercheur invité à l’IFRI) :
« Le contrôle parlementaire du renseignement dans le système politique britannique »
Programme : http://centre-histoire.sciences-po.fr/centre/groupes/renseignements.html
Nos amis spécialistes du crime et de la justice criminelle sont très actifs : jugez-en par ces différents colloques annoncés pour les prochaines semaines ou les prochains mois
Sur l’axe Berlin _ Liège _ Kobe…
Si vos laboratoires ont gagné au loto ?
■ Berlin
Annual International Forum
with the 15thGerman Crime Prevention Congress in May 2010
The 4th Annual International Forum within the 15th German Congress in Crime Prevention will take place 10. and 11. May 2010 in Berlin.
This year's event is presented in special cooperation and organization with the General Assembly 2010 of the European Forum for Urban Safety and titled :
"How cities reconcile security and fundamental rights".
Well known experts and a broad audience will discuss important topics in the fields of Security and Freedom, Fundamental Rights, Immigration, Security
Technologies, Involvement of Citizens and Civil Society etc. There will be simultaneous interpretation into German, English, French, Spanish and
Italian.
Informatin on the program, registration and other issues can be found under http://www.gcocp.org
General information on the German Congress(es) in Crime Prevention held since 1985: http://www.gcocp.org/nano.cms/en/General-Information
■ Utrecht
Summer School on Juvenile Justice in July 2010
2ndSummerschool Utrecht 2010: Course International Juvenile Justice, Utrecht University, Willem Pompe Institute for Criminal Law and Criminology (WPI). The course, from Monday 12 July 2010 until Thursday 22 July 2010, offers an international comparative perspective on juvenile justice, bringing together a group of international experts. It will focus on trends in juvenile justice in Europe and elsewhere, on institutions and procedures, on sanctions and practices of diversion, on juvenile penitentiary law and on children’s rights in the context of juvenile justice. http://www.utrechtsummerschool.nl
Prof.I. Weijers & Dr T. Liefaard
Boothstraat 6
3512 BW Utrecht
+3130-2537125
t.liefaard@uu.nl
Direct link: http://www.utrechtsummerschool.nl/index.php?type=courses&code=E11
■ Liège, 8 -11 September 2010
10th Annual Conference of the European Society of Criminology
"Crime and Criminology: From Individuals to Organizations"
Programme details and other pieces of information can be found under:
http://www.eurocrim2010.com/
Early Bird Registration can be done online with the ESC-Secretariat at: https://ssl.esc-eurocrim.org/conference.html
■ KOBE / Preview:
16th World Congress in Criminology, August 2011
The next international criminology congress, to be held from 5 till 9 August 2011, in the city of Kobe will be dealing with the General Theme of:
"Global Socio-Economic Crisis and Crime Control Policies: Regional and National Comparison"
http://wcon2011.com/
2. Des nouvelles de l’édition…
■ « De Grace especial » Crime, Etat et Société en France à la fin du Moyen Âge
La thèse de Claude Gauvard (1991) est rééditée, en un seul volume et en format de poche aux Publications de la Sorbonne, premier volume d'une nouvelle collection... au prix de 19 euros!
Même titre
■ « Violences souveraines au Moyen Âge » Travaux d'une Ecole historique,
Volume d'articles (qui parlent beaucoup de crimes) d’hommage de ses élèves à Claude Gauvard...
(dir. François Foronda, Christine Barralis et Bénédicte Sère), Paris, PUF, 2010.
■ édition de la thèse de Arnaud-Dominique HOUTE, Le métier de gendarme au XIXe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes,
2010, 319 pages 
■ Vingtième Siècle. Revue d'histoire
Édite un numéro spécial (n°106 avril-juin 2010) coordonné par Quentin Deluermoz
Et consacré à
« Norbert Elias et le 20e siècle : le processus de civilisation à l'épreuve »
Pourquoi les historiens spécialistes du 20e siècle, à la différence de ceux travaillant sur les époques médiévale ou moderne, n’ont-ils pas, ou peu, utilisé la réflexion de Norbert Elias sur le processus de civilisation ? Voici la problématique, neuve, à laquelle ont bien voulu se confronter sociologues et historiens, spécialistes et non-spécialistes de la pensée de Norbert Elias.
Ce numéro spécial de Vingtième Siècle suit une démarche en quatre temps : un appareil introductif, des études historiographiques, des tentatives d’application du modèle théorique éliassien à des domaines de recherche par des historiens français d’abord et par des sociologues étrangers ensuite.
Les violences extrêmes de la Grande Guerre, le relâchement des corps sur les plages pendant l’entre-deux-guerres, les colonisations européennes, le sport de masse, le maintien de la peine capitale aux États-Unis : autant de sujets pour lesquels l’approche de Norbert Elias, dans son ampleur comme ses fragilités, peut se révéler pertinente.
…et du cinéma
Après l’affaire dite de « l’affiche rouge » (L’Armée du crime), le cinéma s’est emparé d’un autre épisode tragique de l’Occupation : les grandes rafles de juifs menées par l’administration française à l’été 1942 (La Rafle)…On lira avec intérêt ces quelques remarques que l’historienne Annette Wieviorka consacre à ce film sur le site
http://www.histoire.presse.fr/content/2_articles/article?id=12044#titre

« La Rafle est déjà un succès : le film a attiré plus de 800 000 spectateurs la semaine de sa sortie en salles (plus que le dernier Scorsese). Plus encore, il apparaît désormais comme un « document » proposé pour l’enseignement. Il s’agit de le considérer comme tel en décelant tout à la fois ses mérites, les importantes distorsions qu’il comporte et les questions qu’il pose.
Le meilleur du film est la description du travail policier, notamment de fichage de toute une population, et des mécanismes qui ont permis les arrestations. Car la persécution des Juifs en France et leur arrestation ont été d’abord des procédures administratives et bureaucratiques. Sans les fichiers établis pour le département de la Seine (qui englobait alors les communes de la proche banlieue), les arrestations de mai et de décembre 1941 et les rafles d’août 1941 et de juillet 1942 n’auraient pas été possibles. Il conviendrait peut-être de s’interroger sur les ruptures et continuités de pratiques policières appliquées à d’autres groupes pendant la guerre (les Tsiganes par exemple, qualifiés de nomades et munis depuis 1912 d’un livret anthropométrique, internés de 1940 à 1946, même si cet internement ne fut pas généralement suivi de déportation) et jusqu’à aujourd’hui, même si le destin de ceux qui en sont l’objet ne peut être comparé à celui des enfants juifs.
Mais ce film pose aussi un certain nombre de problèmes. D’abord, la description des Juifs de Montmartre à la veille de la rafle du Vél d’Hiv. Pendant les vingt première minutes, c’est à un tableau idyllique et lumineux de la vie juive dans un Montmartre d’opérette à l’écart de la guerre qui est dressée. Les femmes tricotent paisiblement dans les squares (avec quelle laine ?), chacun vaque à ses occupations (où sont les interdictions professionnelles ?), la boulangerie ne manque pas de pain. Le manège, celui qui tourne aujourd’hui aux pieds du Sacré-Coeur, signe l’anachronisme du tableau.
Les jeunes générations dont les grands parents sont désormais souvent nés après la guerre ont perdu le contact avec les récits qui insistent sur les difficultés de la vie quotidienne. Or les années d’Occupation ont été marquées par d’extrêmes difficultés matérielles et l’obsession du ravitaillement. « Paris est toujours Paris », dit la chanson d’Edith Piaf qui ouvre avec allégresse le film. Paul Eluard décrivait tout autrement la ville lumière : « Paris a froid. Paris a faim/ Paris ne mange plus de marrons dans la rue/Paris a mis de vieux manteaux de vieille/Paris dort tout debout sans air dans le métro/Plus de malheur encore est imposé aux pauvres. »
Cette population juive heureuse, gaie, insouciante semble toute surprise par l’ordonnance l’obligeant à porter l’étoile. Or ce n’est pas en 1942 que les interdictions professionnelles (celle d’enseigner par exemple), s’abat sur les Juifs en France, mais en 1940. Le « temps des décrets » (1940-1942), selon l’expression d’Edgar Faure à Nuremberg, qui comporte la spoliation des biens des Juifs, précède celui des rafles. Et les arrestations de mai 1941 et la rafle d’août 1941 ont déjà fait des coupes sombres dans la population juive parisienne. Des dizaines de Juifs sont morts de faim dans le camp de Drancy. Des milliers d’entre eux sont internés dans les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande et dans les camps de zone sud. Dans le malheur commun aux habitants d’une France dont les ressources, notamment alimentaires, sont pillées par les occupants, celui des Juifs étrangers est rendu plus aigu par les quelques deux cents décrets de Vichy et ordonnances allemandes qui les ont déjà très largement – et bien avant le port de l’étoile – plongés dans une misère encore plus noire que celle des années de crise.
Les sauveurs, ensuite : le film campe une galerie de personnages populaires dans tous les sens du terme (concierge, prostituée, pompiers, instituteurs, infirmière, plombier…) qui tous, à l’exception de la boulangère, viennent en aide aux Juifs. Ils sont crédités du sauvetage des 10 000 Juifs que la police française n’a pas pu arrêter. La réalité est infiniment plus nuancée. Une partie des Juifs (et notamment les enfants) ont été sauvés par l’action de réseaux juifs ; une autre partie par des stratégies familiales. Car beaucoup avaient compris qu’il ne fallait pas tomber aux mains des Allemands et sont déjà partis vers la zone libre. Lors des arrestations sur convocation dans les commissariats de quartier en mai 1941, près de la moitié de ceux qui avaient été sommés par « le billet vert » de s’y rendre avait choisie de ne pas répondre à la convocation.
Parmi ces personnages lumineux qui viennent en aide aux Juifs lors de leur arrestation, la très belle figure d’Annette Monod, tout juste diplômée de la Croix rouge. Ces « Justes » n’agissent que par empathie pour les persécutés, par bonté et dévouement à autrui. Annette Monod est protestante. Elle fait penser à une autre figure protestante, Madeleine Barrot, qui agit dans le cadre d’une autre organisation caritative, la CIMADE, créée à la veille de la guerre et qui fut active dans le secours et le sauvetage principalement dans les camps de la Zone Sud. Or la CIMADE existe toujours, et poursuit son oeuvre. Étudier son histoire pourrait constituer une piste de travail pour les enseignants.
Beaune-la-Rolande, maintenant. Il est d’abord curieux de voir les Juifs qui y sont acheminés le faire en chantant la vieille chanson populaire yiddish Mein Stetele Belz (Belz, mon petit village)… Cette folklorisation avec usage d’un yiddish de pacotille, donne une image des Juifs de l’immigration certes sympathique, mais un peu simplette. On s’aime ; on s’entraide ; on ne lutte pas. Le rôle des organisations caritatives juives ou de Résistance (des Éclaireurs israélites aux organisations communistes) est omis.
Et pourquoi avoir situé le camp d’internement de Beaune-la-Rolande en pleine forêt, abrité des regards, sans la moindre habitation aux alentours, alors qu’il faisait corps avec le village ? Cela évite de poser la question cruciale de la perception des camps du Loiret (Pithiviers et Beaune-la-Rolande) par les populations locales et de leur implication dans l’organisation du camp. Curieusement aussi, alors que le rôle de la police parisienne aidée par des miliciens est montré, les gendarmes sont pratiquement épargnés : la dramatique séparation des mères et des enfants est, dans le film, réalisée avec violence par les Allemands.
Surtout, ce film donne un récit plein qui ne laisse ouverte aucune question. Il répond à tout. Il explique tout dans une position surplombante qui est celle du savoir d’aujourd’hui (et non celui des contemporains) et qui promène le spectateur au nid d’aigle de Hitler (avec une petite incursion à Birkenau où des corps brûlent dans les flammes), l’installe dans le bureau où Pétain converse avec Laval ou dans celui où les responsables français, Bousquet et Legay, négocient avec les nazis, l’introduit dans la préfecture de police. Pour qualifier le propos sans doute, on voit Hitler en personne se préoccuper de la déportation des Juifs de France et de la capacité de gazage et de crémation des corps… Nous savons qu’aucun ordre de Hitler n’a jamais été retrouvé ; qu’il n’a jamais mis la main à la réalisation concrète de la Solution finale.
La réalisatrice a résolu à sa manière, sans grand souci des témoignages ou documents, la lancinante question du qui savait quoi. D’où la scène (de pure invention évidemment) où le médecin de Beaune-la-Rolande, gaulliste, confie à Annette Monod que grâce à des Polonais évadés, on sait que les enfants sont gazés dès leur arrivée : « la BBC vient de donner l’information ».
Ce film plein de certitudes et de bons sentiments n’a guère suscité de débats. Ce passé qui ne voulait pas passer est-il désormais passé ? Il y a deux ans, Nicolas Sarkozy avait suscité un beau tollé en suggérant que chaque écolier adopte en quelque sorte un enfant juif déporté assassiné à Auschwitz. Initiative jugée morbide, accablante. La vision nouvelle de l’histoire mise en oeuvre par La Rafle, elle, est réconfortante. A l’exception des nazis, des policiers, des quelques dirigeants de Vichy (Laval, Bousquet), la mort des 4 000 enfants du Vél d’Hiv (et des 11 000 enfants juifs de France) est comme rédimée par le fait que les deux enfants auxquels le jeune public est supposé s’attacher – Jo Weissmann et Nono – survivent. Si on a versé quelques larmes, on peut, à l’issue du film, les essuyer et sortir soulagé par cet happy end. Ce film est résolument du côté du bien et de la vie.
Il faudrait s’interroger sur l’énergie qui est mise depuis des années à transformer l’histoire du génocide des Juifs en une histoire acceptable pour les enfants. Une histoire pleine de compassion, de bonté, de dévouement, de vie, triomphe du bien sur le mal et qui installe chez tous une bonne conscience rétrospective. Une histoire sans silence ou sans creux et qui gomme l’inquiétude sur la nature humaine et sur les mécanismes politiques. Or enseigner l’histoire, ce n’est pas fournir une connaissance tout prête. C’est apprendre à questionner le passé. »
Annette Wieviorka
3. À découvrir en ligne ….
■ New website www.Beccaria-Standards.net launched.
The Beccaria Standards include measures and requirements for quality planning, execution and assessment of crime prevention programs and projects.
They offer a manual for developers and players in the field as well as other persons with responsibility in crime prevention, to ensure the quality of their crime prevention work.
Whoever is responsible in the field of crime prevention should ensure
a. that they align the planning, implementation and reviewing of crime prevention projects with the criteria for quality outlined in science and literature;
b. that projects are designed in such a way that they can be evaluated; and
c. scientific experts, advisors, contracting bodies and sponsors are at hand to have a technical foundation for judging the project's targeting of objectives and
quality.
The Beccaria Standards for ensuring quality in crime prevention projects have been translated into many languages ( Arabic, Czech, Chinese, Croatian, German, Hungarian, English, French, Hindi,
Korean, Lithuanian, Polish, Portuguese, Russian, Spanish, Turkish)
and can be downloaded at www.Beccaria-Standards.net.
■ Études et rapports …
1/ De l’Australian Institute of Criminology
Money laundering and terrorism financing risks posed by alternative remittance in Australia
David Rees
Research and public policy series # 106
A heightened awareness of how terrorist activities are financed has led governments in developed countries to include alternative remittance systems within the regulatory controls that apply to conventional financial institutions. This report provides a review of the operation of alternative remittance systems in Australia and examines the risks that they pose for illegal movement of the proceeds of crime and financing of terrorist activities.
This report is one of three in a suite on this issue by the AIC which also includes: Alternative remittance systems in Australia: Perceptions of users and providers and Risks of money laundering and the financing of terrorism arising from alternative remittance systems. All three reports are attached to this email.
The publications can be found on the website: http://www.aic.gov.au/publications/current series/rpp/100-120/rpp106.aspx
http://www.aic.gov.au/publications/current series/tcb/1-20/tcb007.aspx
http://www.aic.gov.au/publications/current series/tandi/381-400/tandi393.aspx
Emerging issues in domestic/ family violence research
Dr Lorana Bartels
Research in practice report # 10
This paper presents an overview of the key emerging issues in Australian domestic and family violence research. In particular, the paper considers this research in the context of gay, lesbian, bisexual, transgender and intersex communities; the elderly; those with disabilities; people from culturally and linguistically diverse backgrounds; Indigenous communities; homelessness; the impact on children; and issues around perpetrator programs.
The publication can be found on the website: http://www.aic.gov.au/publications/current%20series/rip/1-10/10.aspx
2/ du Home Office (England and Wales)
The Drivers of Perception of Anti-Social Behaviour
Home Office Research Report 34
Perceptions of ASB are driven by processes of interpretation. There is often a mismatch between an objective measure of anti-social behaviour, and perceptions.
Based on analysis of available research studies, sourced using a rapid evidence assessment methodology, this report outlines two processes of interpretation that seem to be fundamental in supporting heightened perceptions of ASB. First, people use certain ‘shorthand’ ways to judge the level of disorder in an area.
Second, perceptions of ASB are linked to deeper seated anxieties about the state of society in general, and qualities of neighbourhoods in particular. Interventions that hold the potential to
deliver long-lasting reductions in PASB are proposed to be rooted in processes of engagement targeted at building empathy and mutual respect
Key
Implications, Summary, and Main Report:
http://www.homeoffice.gov.uk/rds/pdfs10/horr34a.pdf
3/ Girls´ Delinquency
Office of Juvenile Justice and Delinquency Prevention (OJJDP) Bulletin Examines Causes and Correlates of Girls' Delinquency
The bulletin summarizes the research team's review of social science literature on factors impacting girls' delinquency and notes their policy and program implications.
The bulletin identifies eight factors correlated with girls' delinquency: negative and critical mothers, harsh discipline, inconsistent discipline, family conflict, frequent family moves, multiple caregivers, longer periods of time with a single parent, and growing up in socioeconomically disadvantaged families.
Resources:
"Causes and Correlates of Girls' Delinquency" is available online at ojjdp.ncjrs.gov/publications/PubAbstract.asp?pubi=248352.
For further information and resources on girls' delinquency, visit OJJDP's Girls' Delinquency Web portal page at ojjdp.ncjrs.gov/programs/girlsdelinquency.html.
■ Rappel
Sur le site de l'INA, les « mémoires improvisées » d'Edmond Locard
(30 émissions, plus de 7 heures d’entretiens à la « Radio diffusion française » au début des années 1960… Toute une époque et un style ! 21 Euros
De larges extraits en écoute libre
■ Un site sur la Gendarmerie
4. Appels à communication / call for papers /…
■ Le chercheur et ses sources sonores et audiovisuelles.
Comment les partager ? Comment les diffuser ? Besoins, risques,
contraintes, atouts et bénéfices*
Aix en Provence, 25 novembre 2010
Détails sur le site : http://phonotheque.hypotheses.org/3124
Les sources sonores et audiovisuelles au format numérique sont aujourd’hui facilement accessibles. Cet état de fait modifie le rapport que le chercheur pouvait entretenir avec elles et
avec leurs terrains.D’une part ces sources, avec l’émergence de l’édition électronique,peuvent être désormais intégrées au texte numérique et transformer
l’économie de l’argumentation et la diffusion des savoirs. D’autre part,leur démultiplication en facilite l’ubiquité, modifiant potentiellement la question du retour des archives vers les
aires géographiques étudiées et leurs enjeux dans les relations avec les populations enquêtées. Ces observations nous placent au cœur des/ Digital humanities/ dont le but est
d’intégrer les technologies du numérique aux pratiques de recherche, d’enseignement et de publication en SHS.
Date limite d’envoi du résumé des communications : 7 juin 2010
Réponse du comité scientifique : 26 juillet 2010
Date limite de réception des communications : 18 octobre 2010
Date du colloque : 25 novembre 2010
Les inscriptions, les résumés et les communications seront établis par courriel : ginouves@mmsh.univ-aix.fr
Informations complémentaires sur l'appel à communication :
http://phonotheque.hypotheses.org/3124
Véronique Ginouvès
Phonothèque
MMSH – Maison méditerranéenne des sciences de l’Homme
5 rue du Château de l’Horloge
BP637
13094 Aix-en-Provence cedex 2
04 42 52 41 13
http://phonotheque.mmsh.univ-aix.fr
http://bibenligne.org
http://phonotheque.hypotheses.org
http://imageson.org
Décidément, l’histoire des polices coloniales bouge plus vite que le rédacteur de cette Lettre n’arrive à la rédiger ! Après Paris, Leyden, Londres, l’Open University, c’est l’Université de Francfort sur le Main qui organise un colloque (sur l’historiographie coloniale) qui pourrait servir à faire le point sur une histoire en plein essor… Un certain nombre d’Amis de la police pourraient s’y retrouver…
■ THE PRODUCTION OF COLONIAL HISTORIOGRAPHY
Les 4 et 5 octobre 2010 à Frankfurt am Main, organisé par la Frankfurt University, Internationales Graduiertenkolleg "Politische Kommunikation" -
Exzellenzcluster "Die Herausbildung normativer Ordnungen", J.W. Goethe
Universität
Dead line pour proposer un papier = le 7 mai
Paper proposals (500 words, maximum) and a 1-page CV (with full contact
details) should be sent via e-mail to <workshop.colonial@googlemail.com>
or by mail to: J. W. Goethe Universität, Historisches Seminar, IGK
"Politische Kommunikation", Grüneburgplatz 1, D - 60323 Frankfurt am
Main, Deutschland. Complete proposals must be received by May 7th.
The languages of the workshop are English and French. Proposal from young scholars at a well-advanced stage of research are welcomed.
The understanding of colonial history has considerably changed over the last three decades. A new awareness of dynamics of global dominance, resistance, cultural encounters is strictly
tied to renovation in historical studies. In emerging disciplines such as world history, global history, the new imperial history, Atlantic history, socio-history, interconnected
and transnational approaches to history have challenged nineteenth and twentieth-centuries narratives of European colonial expansion.
This 'epistemological turn' discloses the need for a scrutiny of the transformations of historical-oriented analyses of colonialism: on the one hand, the production of colonial
historiography was part of the development of the European colonial empires themselves; on the other hand, the writing and re-writing of colonial history still remains
pivotal to our assessment of these empire-building processes. The reconsideration of trajectories of historical knowledge in the long run is thus crucial to our understanding of
colonial dynamics and their impact on European culture; this approach also helps historians gain awareness in their attempts to cope with the legacies of colonial
history. Furthermore, a closer examination of recent trends in historical analyses of colonization is needed in order to assess the capacity of attending to the historical complexities
without simply superimposing new narratives to the former ones.
Starting from these premises, this workshop aims to explore the transformations in colonial historiography in two directions:
a) the conditions, purposes and practices that directed and still direct the production of historically-oriented analyses of colonial processes.
b) the capacity of producing knowledge, i.e. the construction and presentation of objects and topics of historical analysis.
The reassessment of relationships between historical knowledge and colonial rule informs the background of this workshop. The purpose is to provide a deeper and non-teleological
understanding of the asymmetries
between intellectual culture and the enforcement of colonial rule by unraveling the complex set of interconnections and tensions between them. The point at stake is not only to unveil
the instrumental uses of historical discourses for colonial dominance, nor to rehabilitate the capacity to produce criticism. Further topics to be addressed are:
a) the functioning or malfunctioning of different narratives of colonization in the context of the dynamics of European overseas expansion. This analysis focuses on the
invention of narratives of national overseas expansion within the spaces of European empires from 16th century up to the 21st century.
b) the economical, political, social, cultural issues that were taken into account by these narratives, and other issues that were discarded;
c) the conditions, institutions, networks and circulation of information on which the production of historical knowledge depended.
d) the transformations of history as discipline, from the seventeenth century onwards.
e) the legacies of historical narratives, and recent attempts to overcome them;
f) Exchanges, goods, and spaces. Contributions on these subjects provide insights or raise questions on historical science's capacity to get new or better knowledge of
colonial world and its relation to the metropole in a global context: circulations of people, goods, money, ideas, manners.
The workshop is organized by the Internationales Graduiertenkolleg "Politische Kommunikation" and by the Exzellenzcluster "Die Herausbildung normativer Ordnungen" of the J.W. Goethe
University, Frankfurt.
Marco Platania
IGK "Politische Kommunikation", Historisches Seminar
J.W. Goethe Universität, Grüneburgplatz 1, 60323 Frankfurt/M
Appel à contributions pour un dossier thématique de Criminocorpus
Le projet en ligne Alphonse Bertillon et l’identification des personnes, 1880-1914 développe un travail pluridisciplinaire, collectif et international consacré à l’histoire de la police
d’identification entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Centré sur la figure d’Alphonse Bertillon, ce projet propose une vue panoramique de son parcours, de son œuvre et des
techniques innovantes d’identification auxquelles il contribua directement. Durant cette période charnière, un changement de régime modifie en profondeur les manières d’identifier les individus
et l’identification devient une question centrale à tous les échelons de l’organisation des sociétés au sein desquelles les liens entre les instances de pouvoir et les administrés sont
profondément renouvelés. Des questions posées depuis toujours – comment reconnaît-on une personne ? Comment définir son identité ? – accèdent au rang de problème politique de première
importance et mobilisent des experts issus de multiples champs scientifiques.
Le domaine judiciaire et les recherches en matière de police jouent un rôle déterminant dans cette évolution. Le mouvement enclenché par Alphonse Bertillon en France provoque en effet la
constitution de services spécialisés dans l’identification des personnes un peu partout dans le monde. Les nouvelles techniques mises en œuvre sont tout d’abord appliquées aux délinquants et
criminels, puis progressivement à des catégories plus larges de population spécialement surveillées par les autorités de police. La diffusion de ces techniques auprès d’un vaste public, notamment
par le biais de la presse et des expositions internationales, entraîne aussi rapidement l’apparition de multiples projets d’extension de l’identification judiciaire au domaine civil. De fait, le
champ judiciaire influence donc directement certaines pratiques civiles, telles que les opérations de recensement ou de réorganisation de l’état civil.
Plusieurs thèmes seront particulièrement considérés :
- La diffusion internationale de l’identification judiciaire.
Il s’agira de répertorier les différents services d’identification institués à travers le monde et de s’intéresser aux conditions politiques et institutionnelles dans lesquelles ont été mises en
place des structures spécialisées au sein des services de police et de justice, particulièrement en Europe et dans les Amériques. Les enjeux de l’identification des personnes dans le contexte
colonial reste un domaine encore très peu étudié. On se propose aussi d’explorer cette thématique en interrogeant les spécificités des cadres réglementaires et des technologies d’identification
appliquées aux populations colonisées, ainsi que les divers débats et réactions que les dispositifs déployés ont suscités. Des comparaisons entre les différents empires coloniaux pourront être
ainsi dégagées, permettant d’enrichir les connaissances sur l’administration des individus et le domaine judiciaire dans ce contexte.
- Réseaux de savoir et technologies d’identification.
Il est envisagé de valoriser des travaux originaux portant sur les technologies employées afin d’identifier les personnes. Les études consacrées à la généalogie de ces technologies, comme l’anthropométrie, la photographie judiciaire ou la dactyloscopie, et à la socio-histoire des sciences de l’identification sont encouragées. L
- Les pratiques de l’identification.
Une attention particulière sera accordée aux pratiques de l’identification. Dans le champ policier, l’interaction entre les différentes forces investies dans le travail d’identification mérite
d’être analysée rigoureusement, en particulier à partir de cas d’études locales qui manquent à la connaissance des pratiques. L’enseignement des techniques d’identification et leurs
apprentissages, la mise en place d’une didactique particulière et les enjeux de la formation des agents pourront être également considérés. Plus globalement, la transmission d’un ensemble de
savoirs, la mise en pratique de ces connaissances, l’organisation des institutions qui contribuent à leur diffusion, les dispositifs réglementaires et le travail quotidien des agents pourront
faire l’objet de traitements approfondis.
Cet appel à contribution souhaite réunir des articles de 30 000 signes environ rédigés en français ou en anglais qui apparaîtront sur le site en ligne Alphonse Bertillon et l’identification
des personnes, 1880-1914 hébergé par la plate-forme Criminocorpus. Portail sur l’histoire de la Justice, des crimes et des peines. Les articles sélectionnés seront mis en ligne sous format html
et pourront être accompagnés d’un appareil iconographique et documentaire.
Les auteurs intéressés doivent envoyer un résumé limité à 3 000 signes avant le 1er mai 2010 ( ?!) à des fins d’évaluation par les coordinateurs. Les
articles devront être remis à la date du 1er octobre 2010 et leur mise en ligne intégrale est prévue pour le 1er janvier 2011. Une édition des articles publiés en ligne est
envisagée courant 2011 sous la forme d’un volume publié en français ou en anglais.
Les résumés doivent être envoyés par e-mail à :
projetbertillon@gmail.com
Call for Papers
Alphonse Bertillon and the identification of persons, 1880-1914 is an online project aiming to develop a collective, multidisciplinary, and international approach of the history of police
identification at the turn of the century. The project revolves around the figure of Alphonse Bertillon and offers an overview of his background, his work, and the innovative techniques he
directly contributed to. This transition period was marked by a regime change that deeply altered the way people were identified – identification became a key issue at every level of the
structure of societies, as the links between authorities and their constituents underwent profound changes. Certain issues, although not quite new – how do we recognize persons, or define their
identity? – suddenly came to the fore as first-order political issues, mobilizing experts from multiple scientific fields.
Judicial developments and policing research played a crucial role in this evolution, as the movement initiated in France by Alphonse Bertillon quickly sparked a global surge in the creation of
identification departments. After being first applied to delinquents and criminals, use of these novel techniques was extended to larger categories of the population, whom police authorities
specifically wanted to monitor. The general public was able to discover these techniques in the press and at international fairs, a dissemination which quickly brought about a multitude of other
projects, further extending the influence of judicial identitification into the civil society. Indeed, the legal field directly influenced a number of civil practices, such as the reorganizing of
census or civic registration operations.
Several topics will be considered in particular:
- The International Dissemination of Judicial Identification.
The purpose is to list the various identification departments that were created throughout the world, and document the political and institutional climate that presided over the implementation of
specialized set-ups within police and justice departments, especially in Europe and the Americas. Very little research has been devoted to the implications of the identification of persons in a
colonial context. This area might also be researched by exploring the specifics of the regulatory frameworks and identification technologies that were applied to colonized populations, as well as
the numerous discussions and reactions elicited by the systems that were deployed. This will enable a comparative study of the various colonial empires, thus enriching our knowledge of both the
administration of individuals and the judicial field in that context.
- Knowledge Networks and Identification Technologies.
We are considering promoting original work about person identification technology. Research pertaining to the inception of such technologies – e.g. anthropometry, criminal photography, or
dactyloscopy – and to a socio-history of identification science is encouraged. Little is known about the dynamics of the knowledge background against which these technologies have developed.
Multiple scientific fields converge at the crossroad of identification science. The influence of certain areas – such as anthropology, medicine, and forensic medicine – and scientists from such
diverse fields as bibliography, chemistry, or natural science, needs to be better understood. The consequences of the use of novel identification techniques in judicial inquiry procedures is
another possible lead for investigation.
- Identification Practices
Particular attention will be paid to identification practices. In the policing area, interactions between the various forces involved in person identification deserves some rigorous analysis
work, based especially on local case studies, which are in short supply in our knowledge of these practices. The teaching of identification techniques and learning, the implementation of specific
didactics, and issues in the training of officers may be considered as well. More broadly, topics deserving in-depth treatment include the transmission of a body of knowledge and the
implementation thereof, organizational aspects of the institutions contributing to their dissemination, regulatory set-ups, and the daily work of officers.
This call for papers welcomes 30,000-sign articles in French or English. These contributions will be published online, within the framework of Alphonse Bertillon and the Identification of
Persons, 1880-1914, a website hosted by the Criminocorpus platform (Criminocorpus, a Portal on the History of Justic, Crime, and Punishment.) Selected articles will be posted online in html
format and can be supplemented by iconography and documents.
Authors interested in submitting a paper are invited to send a 3,000-sign abstract before May 1, 2010. Abstracts will be evaluated by the project coordinators. The deadline for
paper submission is October 1, 2010. Accepted articles will be posted online on January 1, 2011.
Subsequent publication of online articles in book format (either in English or French), sometime during 2011, is currently under consideration.
Abstracts should be submitted by email to: projetbertillon@gmail.com
The ‘Alphonse Bertillon and the Identification of Persons, 1880-1914’ project aims to provide the general public as well as the academic community with new insights into Alphonse Bertillon and the history of judicial identification at the turn of the century. The core idea is to spread hitherto little-known knowledge on his background and career by making significant portions of his works available online. The project, which received wide support both in France and abroad from the research community (universities, research centers, journals, and research networks), is also meant to inform various issues that were at stake in judicial identity and forensic science at the time. In its first edition, the Bertillon Project gives access to various sources about Alphonse Bertillon, and offers an introduction on several topics illustrated with original written and iconographic documents. Academic papers are also accessible; in addition to providing more food for thought, they highlight the dynamic nature of historical research in this area. At the same time, this project acts as a portal providing researchers with, in particular, manuscript and print archive references, as well as a bibliography of recent works on the identification of persons. In this spirit, we launch a call for contributions with the aim of gathering a collection of original academic papers covering the history of judicial identification methods in France, Europe, and globally, from 1880-1914, to be published on the Criminocorpus website in 2010. The ‘Alphonse Bertillon and the Identification of Persons, 1880-1914’ project will then be further enhanced by more archive documents and scanned print texts whose online publication shall be announced through the project’s blog. The first results of this collective and international effort will be showcased there as well.
… C’est fini pour aujourd'hui ...
Rendez_vous sur le site Politeia (overblog) pour les dernières minutes et n’hésitez pas à nous communiquer les nouvelles (parutions, soutenances de thèses, articles, séminaires, expositions, conférences, documentaires…) qui entrent dans notre champ d’intérêt et auraient échappé à notre attention…
Avertissement :
Pour ceux qui recevraient cette « Lettre aux amis… » pour la première fois :
1/ Il y a de fortes chances que vous ayez été « dénoncé » par un/des ami(s) : cherchez le(s)quel(s)
2/ Cette « Lettre » (dont le titre est inspiré de la rubriques « Deux mots aux amis » d’un journal libertaire du début du XXe siècle) parfaitement informelle et à fréquence irrégulière, a pour but de diffuser les informations — notamment publications de livres ou d’articles, mais également soutenances de thèses, colloques ou journées d’études — en rapport avec l’histoire, la recherche, la réflexion, les archives et sources… concernant peu ou prou le domaine policier (gendarmerie comprise !)…
NB : Il n’est pas nécessaire d’aimer la police (ou la gendarmerie) pour être destinataire de cette Lettre (!) : s’intéresser à l’histoire d’institutions qui jouent un tel rôle dans l’histoire et occupent une place si délicate dans la démocratie, suffit !
MAIS si vous souhaitez ne plus figurer sur la liste des destinataires, rien de plus simple : répondez à ce courriel avec la mention STOP !
En revanche si vous connaissez des gens susceptibles d’être intéressés par ces nouvelles, n’hésitez pas, soit à leur faire suivre ce courriel, soit à nous transmettre leurs adresses électroniques (voir 1.).
Si vous souhaitez connaître ou recevoir les Lettres précédentes, il suffit de demander… ou d’aller consulter les Archives du site http://politeia.over-blog.fr/
Dernier détail : le rédacteur de ce courriel ne saurait tout connaître de ce qui paraît et se fait dans le domaine… ce qui explique les éventuelles lacunes et absences…
Là encore, le plus judicieux est de me prévenir, je transmettrai bien volontiers l’information…
jmb