Lettre aux amis de la police (et de la gendarmerie) 2010/01
L'année 2010 commence aussi fort que la précédente s’est terminée tant du point de vue de la recherche que de sa diffusion comme vous allez pouvoir en juger : expositions, colloques, publications se succèdent et se multiplient…
Parutions :
■ Quelques articles pionniers et un projet de thèse à la fin des années 1980 (période où nous nous étions croisés notamment au séminaire de R. Lévy/D. Monjardet au CESDIP, rue de Mondovi…) puis le silence. Happé par son travail d’enseignant, Luc Keunings avait disparu du champ. C’est dire si la parution de cet ouvrage sur les polices belges du XIXe siècle constitue un come-back réjouissant :
KEUNINGS Luc, Des polices si tranquilles. Une histoire de l’appareil policier belge au XIXe siècle, Louvain-la-Neuve, Presses Universitaires de Louvain, 2009
■ L’ordre et son maintien, la police au début de la Révolution française, en 1848, pendant la Commune de Paris et autres périodes révolutionnaires constituaient des questions opaques et autant de trous noirs historiographiques que l’ouvrage collectif dirigé par Vincent Denis et Bernard Gainot vient éclairer. On appréciera d’en savoir plus sur l’ordre et son maintien dans les périodes de vide étatique ou de transitions (les débuts de la Révolution, la lutte pour l’exercice et le contrôle de la police sous la Commune…)
Vincent DENIS et Bernard Gainot (dir.) Un Siècle d’ordre public en Révolution, Société des études robespierristes (17, rue de la Sorbonne, 75005 Pari), Collection « études révolutionnaires », n°11, 2009 (204 pages, 25 Euros)
■ Par son humour désenchanté, son humanité, son recul et la finesse de ses remarques et analyses, il crève l’écran dans les documentaires que nous avons consacrés à La Police des années noires et aux Policiers sous l’occupation (Zeaux production, réalisation Arnaud Gobin) toujours diffusés — plus ou moins régulièrement — sur des chaînes comme TV5, France 5, Toute l’Histoire, Histoire…). Victor Zigelman, jeune communiste, FTP, compagnon de Krazucki, a pris, après guerre, ses distances avec un parti trop stalinien à son goût. Devenu un témoin exigeant et fiable, un acteur-clé de la Mémoire juive de Paris où son humour et sa gouaille faisaient merveille, il nous a quitté depuis 2007 nous laissant un peu désemparés. Isabelle Pleskoff a eu la merveilleuse idée, mais aussi le courage et l’obstination, de publier ses articles et chroniques : le moyen et l’occasion de découvrir (ou de retrouver) l’élégance et l’humour d’un homme qui nous manque… et puis, la seule idée de figurer dans une « Lettre aux amis de la police » l’aurait fait mourir de rire !
Portrait(s) de Victor Zigelman. Textes réunis et édités par Isabelle Pleskoff, Paris, préface de Henri Raczymow, postface de J.-M. Berlière, L’Harmattan, 2009 (Cf. couverture en fichier pdf attaché)
■ Dans la Lettre aux amis… précédente, à propos d’une thèse récemment soutenue sur la police politique tchèque de la période communiste, j’évoquais les travaux d’Emmanuel Droit sur la STASI. Ce livre est l’occasion d’approfondir -en français- une question et un sujet qui passionnent l’opinion si j’en crois le flux éditorial qu’il suscite.
Emmanuel Droit, La Stasi à l’école. Surveiller pour éduquer en RDA (1950-1989), Paris, Nouveau monde éditions (collection Le Grand jeu dirigée par Olivier Forcade et Sébastien Laurent), 2009.
■ Pour les historiens de la prochaine génération, signalons la parution dans la collection "Sécurité et Société" dirigée par J.L Loubet del Bayle, aux Editions l'Harmattan, de l’ouvrage de Nancy CAZORLA, La police de proximité Entre réalités et mythes. (320 pages - 26 euros).
■ Sous-chef puis chef de la Sûreté (la PJ de la préfecture de police) à la fin des années 1880 et une partie des années 1890, Marie-François Goron est un des premiers policiers (après Vidocq, Canler, Monsieur Claude et Gustave Macé) a avoir connu une réelle gloire médiatique et à profiter de celle-ci pour rédiger des mémoires extrêmement intéressants et très fidèles concernant le service de la Sûreté parisienne et les affaires criminelles à la résolution desquelles, il avait participé aux côtés de ces « limiers » que furent Rossignol, Jaume, Carcas et quelques autres figures de policiers hautes en couleurs. André Versaille qui, après les éditions Complexe, a créé une nouvelle maison d’édition a accepté un projet longtemps caressé : publier les mémoires de grands flics de la Belle époque. C’est donc par le récit – extrêmement fidèle et détaillé - de la disparition, à l’été 1889, en pleine Exposition universelle, de Maître Gouffé, huissier à Paris, que commence cette série. La « malle sanglante de Millery », la fuite et la poursuite des assassins jusqu’aux Amériques, a passionné le monde entier et la « malle à Gouffé » reste, aujourd’hui encore, inscrite plus ou moins confusément dans la mémoire sociale… Le livre de Goron — L’Amour criminel, publié en 1899, 1er volume d’une série intitulée L’Amour à Paris— permet de comprendre pourquoi. C’est en outre un tableau des mœurs de l’époque et un voyage fascinant dans le monde de la police parisienne…
M.-F. Goron, L’Amour criminel. Les Mémoires d’un chef de la Sûreté à la Belle époque, Bruxelles, André Versaille éditeur, sortie prévue février 2010 (Cf. couverture en fichier pdf attaché)
■ Pour ceux qui lisent la langue de Dante et s’intéressent aux polices italiennes du XIXe siècle, signalons cette publication à partir d’un fonds d’archives en grande partie inexploité conservé aux Archives d’État de Turin :
Paola Bianchi, Esercito e polizia dai moti costituzionali alle prime due guerre d’indipendenza, in Alessandria dal Risorgimento all'Unità d'Italia, II, Dal 1849 al 1859, a cura di V. Castronovo, Alessandria, Cassa di Risparmio di Alessandria-Fondazione Cassa di Risparmio di Alessandria, 2009
■ Pour ceux qui lisent la langue de Goethe, cet intéressant ouvrage collectif publié en 2008 et dirigé par Peter Lessman-Faust, un des meilleurs spécialistes allemands de l’histoire policière (et notamment de la période de la République de Weimar) :
Peter Leßmann-Faust (Ed.), Polizei und Politische Bildung, Wiesbaden, Verlag für Sozialwissenschaften, 2008, 225p., € 39,90; ISBN: 978-3-531-15890-7
Les textes publiés dans ce livre s’attachent essentiellement aux transformations qui ont affecté la formation et le comportement de la police de la RFA à partir des années 1960. Klaus Weinhauer étudie la perte d’influence des traditionalistes parmi les hauts fonctionnaires de la police en tenue (Schutzpolizei) socialisés dans les polices de la République de Weimar et du IIIème Reich. Rafael Behr s’intéresse à l’accès des femmes dans les services de police et à ses conséquences sur le « policing » masculin. Udo Behrendes, Manfred Stenner, Gerda Maibach examinent les évolutions des relations entre citoyens et policiers. Michael Sturm, Ulrike Neuhoff, Stefan Goch développent les projets et méthodes de formation qui visent à conduire les policiers à s’intéresser à leur histoire et à des thèmes de la politique actuelle. Enfin, Peter Nitschke s’intéresse à « l’internationalisation » des forces de polices européennes.
■ Malheureusement réservé à ceux qui lisent le turc, un ouvrage important dans la mesure où il montre (confirme ?) une ouverture scientifique que traduisent les recherches actuelles menées en Turquie sur la police, un objet souvent et longtemps tabou…
Les comparaisons avec l’historiographie française sont fort intéressantes :
Noémi Lévy, Nadir Özbek, Alexandre Toumarkine (éd.), Jandarma ve Polis: Fransız ve Osmanlı Tarihçiliğine Çapraz Bakışlar, ["Gendarmerie et police: regards croisés sur les historiographies française et ottomane"], Istanbul, Tarih Vakfı, 2009.
■ « Eh, mon Dieu ! lui dit Candide en hollandais… »
Marieke Bloembergen, De geschiedenis van de politie in Nederlands-Indië. Uit zorg en angst, [The history of the police in the Dutch East Indies. Out of care and
fear.] Amsterdam: Boom, Leiden: KITLV 2009
Cet ouvrage (qu’on peut se procurer auprès de l’éditeur KITLV à Leiden, contacter Ellen Sitinjak, sitinjak@kitlv.nl) retrace l’histoire de la police
des Indes néerlandaises de 1870 à l’occupation japonaise en 1942. Il aborde, entre autres questions, le rôle de la police et l’usage de la violence dans le contexte d’un état colonial en
formation. Jusqu’à quel point peut-on caractériser cet état colonial comme un « état policier » ? Qu’y avait-il de « colonial » dans le “colonial policing » ?
« La police moderne des Indes néerlandaises construite aux beaux jours de l’ethical policy (1900 -1920) fut le résultat de la peur et de l’intérêt. Peur des
Européens à l’égard d’un monde indigène agité. Intérêt paternaliste pour la sécurité publique, l’hygiène et la moralité. La police apportait également une réponse à un problème colonial type :
les contradictions d’un état tiraillé entre la volonté de paraître civilisé et le recours à la force quand sa légitimité était mise en cause Les Indonésiens ne jouèrent qu’un
rôle négligeable dans l’organisation et les réformes policières, mais assumaient l’essentiel des missions et fonctions policières. À la fin des années 1930, la police coloniale des Indes
néerlandaises comptait 96% d’indigènes, le commandement et la hiérarchie étant toutefois presque entièrement réservés aux Européens ou à des Eurasiens
La police, miroir de l’état colonial, devint ainsi un monstre à deux têtes : en cherchant à sauvegarder l’autorité de l’État, elle provoquait des résistances alors même que,
pour satisfaire la demande de sécurité, elle avait besoin de la coopération de la population indigène. Souvent objets de moqueries et de critiques, les policiers révèlent donc autant la force que
la faiblesse de l’état colonial. »
■ Infatigable observateur et analyste du corps commissarial contemporain, Frédéric Ocqueteau, nous livre quelques réflexions intéressantes pour une mise en perspective historique : « Ce que la gestion de la sécurité publique fait aux commissaires de police », in Demazière D., Gadéa C. (dir.), Sociologie des groupes professionnels, acquis récents et nouveaux défis, Paris, La Découverte, collection Recherches, 2009, pp. 63-72.
Une série radiophonique
Joseph Beauregard qui ne cesse d’interroger la justice de façon citoyenne et auquel on doit le documentaire TV Les avocats du salopard (2006) sur les avocats d’Emile Louis (Mention spéciale du prix Michel Mitrani FIPA 2007, Lussas 2007, Mois du documentaire 2007, … Cf www.lesavocatsdusalopard.net/) vient de réaliser, après « Ma première nuit en prison. Ma dernière nuit en prison », une nouvelle série sonore qui intéresse directement la police et ses pratiques puisqu’elle est consacrée cette fois à la garde à vue.
À écouter sur Radio Nova du 18 au 29 janvier…
Le communiqué de presse =
« Ma première nuit en garde à vue »
Une nouvelle série sonore sur RADIO NOVA signée Joseph Beauregard
RADIO NOVA diffusera pendant deux semaines, du lundi 18 au vendredi 29 janvier 2010, une
nouvelle série documentaire intitulée « Ma première nuit en garde à vue ». Cette collection de 10 témoignages kafkaïens donne à entendre la douloureuse expérience de dix citoyens
(2 femmes, 8 hommes) qui n’ont rien oublié de la violence, des humiliations, des vexations de ce « collé au trou » dans les cellules de la République que le contrôleur général des lieux de privation de liberté estime être « les lieux les plus médiocres des locaux administratifs les plus médiocres.»
En 2001, il y avait 336.000 gardes à vue. Ce nombre a augmenté de 70% pour atteindre
577.816 en 2008. Au cours des douze derniers mois, c’est une personne sur 100 qui a été
placée sous ce régime de contrainte. Autrement dit, cette mesure qui devrait être une privation de liberté strictement exceptionnelle est devenue tristement banale et le sentiment s’est installé, à juste titre, dans la population que cela n’arrive pas qu’aux délinquants, aux violeurs, aux assassins.
Depuis quelques mois, le bâtonnier de Paris, l’association « Je ne parlerai qu’en présence de mon avocat » et le Syndicat de la Magistrature réclament haut et fort une réforme de « la garde à vue à la française » en s’appuyant sur plusieurs décisions récentes de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Le 21 novembre 2009, le Premier ministre François Fillon a jugé, quant à lui, « nécessaire, évident, de repenser ses conditions et son utilité ». De plus,le 2 décembre dernier, un juge de la détention et des libertés a fait application de la jurisprudence de la CEDH en annulant une garde à vue pour défaut d’assistance d’un avocat dès le premier interrogatoire déclenchant ainsi une violente polémique avec les syndicats de policiers. Enfin, plus récemment, le 10 décembre, un député UMP a déposé une proposition de loi mais face à l’opposition des syndicats de police et au scepticisme de la Chancellerie, la bataille s'annonce âpre et difficile.
En réalisant cette collection, Joseph Beauregard a voulu joindre sa voix à celles qui ne cessent d’alerter l’opinion et d’interpeller le pouvoir : « La politique du chiffre et la religion des aveux sont néfastes aux valeurs républicaines, à la démocratie. Dès lors, il y a urgence à réformer ce régime, ce no man’s land où tout est possible, en imposant la présence d’un avocat dès la première heure de garde à vue afin de garantir les droits de la défense comme l’affirmait déjà le doyen Vedel en 1981... ».
Avec ces 10 nuits, c’est toute la violence, l’arbitraire et l’absurdité de la garde à vue « à la
française » qui se déploient.
« Ma première nuit en garde à vue », une collection de 10 témoignages.
Du lundi 18 au vendredi 22 janvier puis du lundi 25 au vendredi 29 janvier 2010
Diffusions à 8h10 et à 18h20
(Rappel : sur le sujet et cette dérive, Cf quelques témoignages de « gardés à vue » dans Le Monde magazine n°11, du 28 novembre 2009 : Abus de gardes à vue, pp. 31-37)
Des expositions
■ La Bande à Bonnot à la bibliothèque Philippe Zoummeroff
Exposition virtuelle consacrée à la Bande à Bonnot avec des documents originaux
Commentaires de Marc Renneville
http://www.collection-privee.org/public/galerie-virtuelle.php
■ « Désobéir pour sauver ». Des policiers et des gendarmes français « Justes parmi les nation ». Une exposition de l’ONACVG, avec le soutien de Yad Vashem, de la délégation patrimoine de la Gendarmerie nationale…)
"Désobéir pour sauver": quand policiers et gendarmes sauvaient des juifs (article paru dans l’Express…
PARIS - Ils ont obéi à leur conscience et désobéi à l'Etat français de Vichy : 54 policiers et gendarmes
nommés "Justes de France" pour avoir aidé des juifs à se cacher afin d'empêcher leur déportation vers les camps de la mort seront honorés en 2010 dans une exposition itinérante.
Intitulée "Désobéir pour sauver", cette exposition inédite organisée par l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre circulera à partir de la fin janvier dans toute la
France.
Présentée à la presse en l'Hôtel des Invalides à Paris, elle compte 19 panneaux racontant l'itinéraire de ces policiers et de ces gendarmes qui refusèrent de livrer les juifs en s'opposant, au
péril de leur vie et de leur liberté, aux ordres de Vichy.
L'exposition, éditée à 160 exemplaires, tournera dans tous les départements afin d'être présentée dans les écoles et les mairies, les écoles de police et de gendarmerie.
Très didactique, elle explique la mise en oeuvre de la "solution finale" du IIIe Reich en France, avec le soutien et la collaboration active de Vichy, par ses lois antijuives et les arrestations
opérées par ses forces de police, de gendarmerie et de la Milice.
Elle raconte tous les moyens utilisés par ces policiers et ces gendarmes qui choisirent de désobéir à Vichy pour aider les juifs: falsification de documents d'identité en faisant disparaître le
mot "juif"; aide à l'évasion de camps d'internement comme à Drancy, près de Paris; fourniture de faux papiers pour passer la ligne de démarcation et les frontières; hébergement et aide
alimentaire.
Des centaines de policiers et de gendarmes, dénoncés pour avoir aidé des juifs, furent torturés, fusillés ou déportés.
Quatre panneaux font revivre les 54 policiers et gendarmes "Justes de France" avec leur photo, leur date de nomination par le Mémorial Yad Vashem et le "lieu de sauvetage" où ils ont aidé des
juifs.
Comme Honoré Haessler, gendarme à Solignac (Haute-Vienne), qui a "prévenu des milliers de juifs" avant les rafles et a trouvé faux papiers et hébergements.
Ou comme Pierre Moucot, policier au commissariat de Villeurbanne (Rhône), résistant au réseau "Alliance", qui a permis la fabrication de "milliers de faux papiers" pour des juifs de la région
lyonnaise.
Un peu plus de 3.000 hommes et femmes ont été nommés "Justes de France", sur la foi de témoignages de juifs sauvés durant l'Occupation, par le comité français du Mémorial Yad Vashem de Jérusalem,
créé en 1953. La liste de ces "Justes de France", continue à s'enrichir chaque année de nouveaux noms.
Quelque 230 "Justes de France" sont encore en vie et la majorité d'entre eux ont été décorés de la Légion d'honneur au printemps 2007 à l'initiative de Jacques Chirac.
La France compte, après la Pologne et les Pays-Bas, le plus grand nombre de "Justes" qui ont contribué à sauver les trois quarts des 330.000 juifs de France durant l'Occupation. 76.000 ont été
déportés vers les camps de la mort.
(http://www.lexpress.fr/actualites/1/desobeir-pour-sauver-quand-policiers-et-gendarmes-sauvaient-des-juifs_836709.html)
NB : Inaugurée le 14 décembre aux Invalides, en présence du Secrétaire d’Etat à la Défense et aux anciens combattants, cette exposition qui connaîtra une large diffusion (Éducation nationale, écoles de formation de la police et de la gendarmerie, Offices départementaux des AC…) célèbre des policiers et gendarmes qui ont sauvé l’honneur de leurs corps, de la France « terre d’hospitalité et patrie des droits de l’homme »…en désobéissant aux ordres de leur hiérarchie et aux lois.
Ils l’ont fait pour sauver des gens dont le seul « crime » était la religion de leurs grands parents…
Pour cette désobéissance civique et morale, ils ont été honorés des décennies plus tard. Le discours et les paroles d’une haute élévation morale prononcées par le secrétaire d’État avaient d’étranges résonnances contemporaines, ce 14 décembre 2009. Alors que l’image de « la France terre d’accueil » est quotidiennement démentie par le renvoi de réfugiés dans des pays en guerre… on se demandait combien d’années seraient nécessaires pour reconnaître les vertus d’une nouvelle désobéissance ?
Criminocorpus mute et accède au portail revues.org…
Le site criminocorpus continue, mais les dossiers (dont celui sur la police) se retrouveront très bientôt sur le portail revues.org et gagneront ainsi en visibilité…
Un nouveau chapitre du dossier police va bientôt être mis en ligne : il concernera la police lyonnaise avec deux séries de documents commentés
1. La création d’un service de sûreté (le 2e après Paris) en 1832
2. L’étatisation des polices de l’agglomération lyonnaise de juin 1851 qui a servi de modèle aux étatisations ultérieures et notamment celles de la IIIe République.…
Séminaires, conférences…
■ Au séminaire de recherche (Université Paris IV-Sorbonne) de Jean-Noël Luc
Le mardi 5 janvier 2010 / 15h-17 h
Bureau de la direction de l’UFR -
La police brésilienne, de l’Indépendance (1822) à nos jours
Par André Rosemberg
Docteur de l’Universidade Estadual Paulista Júlio de Mesquita
Filho
■ Calendrier du séminaire du CESDIP (à 10h30 sauf le jeudi 14 janvier à 14h30)
Jeudi 14 janvier (14h30) : Xavier Crettiez (UVSQ) sur le terrorisme corse
Mardi 19 janvier : Isabelle Lacroix (UVSQ) sur le terrorisme basque
Jeudi 28 janvier : Gwenola Ricordeau (Clersé) sur les parloirs en prison
Mardi 9 février : Daniel Ventre (CESDIP) sur la cybercriminalité
Jeudi 18 février : Michael Meyer (Lausanne) sur l’enquête photographique sur les policiers
Mardi 16 mars : Akaike Kazumasa (Tokyo) sur les prisons japonaises
Mardi 23 mars : Yann Philippe (EHESS) sur la police à New York dans la première moitié du siècle.
Mardi 6 avril :
Jeudi 15 avril : Fabrice Guilbaut (CURAPP) sur le travail en prison
Mardi 4 mai : Pierre Piazza (CARPO) sur la biométrie (à confirmer)
Jeudi 20 mai : Laurie Boussaguet (CARPO) sur la pédophilie comme problème public (à confirmer)
Mardi 1er juin : Sébastien Saetta (Toulouse) sebastien.saetta@etu.univ-tlse2.fr sur l’expertise et les magistrats
Jeudi 17 juin : Nicolas Carrier (Ottawa) Théories criminologiques (sujet à définir).
Jeudi 1er juillet : Laurent Mucchielli (CESDIP) sur le viol
■ Rappel du programme du groupe de recherche « Metis » - Le renseignement dans les sociétés démocratiques du centre d’histoire de Sciences-Po (nouvelle salle : Salle Jean Monnet, 18h-20h, 56, rue Jacob, salle du rez-de-chaussée au fond)
Lundi 11 janvier 2010 à 18h00, 4e séance du cycle : « Fiction(s) et réalité(s) de l’espionnage », autour de Trudy Bolter (professeur émérite Sciences Po Bordeaux) et Fabien Boully (maître de conférence Paris X Nanterre) :
« La figure de l’ennemi dans les films d’espionnage américains »
Programme de ce séminaire : http://centre-histoire.sciences-po.fr/centre/groupes/renseignements.html
Soutenance(s) de thèse(s)
Un sujet qui devrait intéresser beaucoup de connaisseurs et pas seulement de la chose économique…
Daniel Leplat soutiendra sa thèse d'université , consacrée au trafic de la piastre indochinoise (1945-1954), le mardi 5 janvier 2010 à 14h à la Sorbonne, en salle JB.Duroselle, galerie JB.Dumas.
(Le jury sera composé de Jacques Marseille, directeur, Daniel Hémery, rapporteur, Jean-Noel Jeanneney, rapporteur, Hugues Tertrais)
Archives orales / récits de vie
Un mél de Florence Descamp concernant un projet qui pourra intéresser les « amis… » qui songent à exploiter la veine des témoignages et archives orales…
>> Chers amis, qui vous intéressez à l'histoire orale, aux témoignages oraux enregistrés ou filmés, à leur conservation, à leur valorisation ou à leur utilisation en histoire ou en SHS, Je me permets de vous signaler la création d'un réseau francophone de chercheurs ayant recours à la source orale : SOLAR.
Pour en savoir plus,
http://afas.imageson.org/document1186.html
(site de l'Association Française des détenteurs d'archives sonores)
http://phonotheque.hypotheses.org/2502
(carnets de recherche de la Phonothèque de la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme)
Merci de faire circuler cette information au sein de vos réseaux de correspondants.
Cordialement
Florence Descamps, EPHE <<
Colloques / appels à communication
UNIVERSITY OF SHEFFIELD
Call for Papers
History of Crime –Historical Criminology:
British Crime Historians Symposium 2
2–3 September, 2010, ICOSS Interdisciplinary Centre of the Social Sciences
In recent decades, the historical study of crime has become a significant topic within social history
and criminology. This is the second symposium that seeks to bring together historians of crime and criminologists engaged in historical research to review current scholarship. Like the first symposium at Leeds Metropolitan University in September 2007, it will be a ‘single strand’event organised around themed panels, keynote adddresses and roundtable discussion. This year a key aim is to address the inter-disciplinary engagement between history and criminology. However we welcome panel presentations on the broad range of issues concerning sources of, and response to, crime, from the 17C to the 20C. We are also keen to include postgraduates students undertaking research in the history of crime and criminal justice.
We aim to organise panels concerning:
Methods and Interpretation
Comparative Histories
History and Current Policy
Criminal Lives
Empire and Internationalism
Place and Space
Keynote speakers:
Louise Jackson, Geoffrey Pearson, Robert Shoemaker, Pieter Spierenburg
Proposals (not more than 200 words please) should be sent by 28 February 2010 to Lisa Burns at the Centre for Criminological Research: l.k.burns@sheffield.ac.uk
Website: http://www.shef.ac.uk/law/research/ccr/conferences/britcrime.html
For further information, contact Paul Knepper, University of Sheffield, p.knepper@sheffield.ac.uk or Heather Shore, Leeds Metropolitan University, h.shore@leedsmet.ac.uk
The British Crime Historians is a network of academics engaged in historical crime research across universities in the United Kingdom.
Nostalgie …
Vous retrouverez, non sans émotion, dans cet article ( ?) consacré à notre ouvrage sur Guy Môquet (avec Franck Liaigre, Larousse, septembre 2009), le parfum des années de plomb, l’art de la délation qui les caractérisait, les imputations calomnieuses, les attaques personnelles, l’épaisseur et la mauvaise foi d’un autre temps…
La rubrique s’intitule « mémoires d’un vieux con » (sic) : si l’auteur présente d’évidentes qualités pour justifier cette revendication, en revanche il lui reste beaucoup à faire pour devenir historien… Philippe Val (Charlie Hebdo) compare Bakchich au Je suis partout de l’Occupation. Je ne lis pas cette publication, je ne peux donc me prononcer sur la pertinence de cette comparaison, mais ce que je sais pour fréquenter ce type de littérature dans les archives, c’est que l’auteur de ce morceau de haine à l’état brut y aurait eu sa place …
http://www.bakchich.info/Guy-Moquet-massacre,09598.html