Lettres aux amis de la police (et de la gendarmerie) 2011/1
Chers collègues et chers amis,
Au prétexte commode et rituel d’un début d’année qui commence fort (Cf la Tunisie, l’affaire Mattelly1 …) on ne peut que formuler des vœux ardents pour qu’une police et une gendarmerie « républicaines » — et leurs responsables — n’oublient pas que l’obéissance et la discipline ne sauraient justifier n’importe quoi… et comme le dit fort bien Marc Robert, l’ex-procureur d’Auvergne dont le conseil d’État a annulé le 30 décembre le décret de juin 2009 co-signé par le président de la République et la garde des Sceaux qui le mutait d’office à la cour de cassation : « la loyauté n’a jamais signifié se comporter en partisan ou en courtisan. »
Vous trouverez ci-dessous, l’essentiel de l’actualité — notamment scientifique — qui concerne la police, mais — pour une fois — surtout la gendarmerie !
Bien cordialement
Jmb
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Il caso Mattelly
(fausse sortie …)
Décidément, le conseil d’État n’approuve guère les excès de pouvoirs. Après Marc Robert, c’est le gendarme Mattelly qui en profite.
Dans une décision (n° 338461 du 12 janvier 2010) , le conseil d'État a annulé la radiation des cadres décrétée par le président de la République le 12 mars 2010 contre le chef d’escadron Mattelly coupable d’avoir co-signé un texte critique contre le rattachement de l’arme au ministère de l’Intérieur. Le conseil d’État juge que M. Matelly « a effectivement manqué à ses obligations en faisant état dans les médias de son opposition à la politique de réorganisation de la police et de la gendarmerie, au moment même où cette politique était en débat devant le Parlement ». Mais il considère que « la sanction était disproportionnée au regard de la faute ainsi commise ». Il estime que « les propos qu’il a tenus fin 2009 constituaient une critique de fond, sous la forme d’une défense de la gendarmerie, formulée en termes mesurés et sans caractère polémique ». Il ajoute que « l’excellente manière de servir de l’intéressé était attestée par les notations produites au dossier. Dans ces conditions, en faisant le choix de la mesure la plus lourde, équivalente à un licenciement, alors qu’elle disposait d’un éventail de sanctions large, l’administration a prononcé à l’encontre de cet officier de gendarmerie une sanction manifestement excessive ».
le Conseil d’État suggère d’ailleurs la sanction qui selon lui correspondrait à la faute avérée !
« Considérant que les interventions médiatiques reprochées à M. MATELLY, critiquant directement la politique d’organisation des deux grands services français dédiés à la sécurité publique au moment même où celle-ci était en débat devant le Parlement, excédaient les limites que les militaires doivent respecter en raison de la réserve à laquelle ils sont tenus à l’égard des autorités publiques ; qu’elles sont ainsi de nature à justifier le prononcé de l’une des sanctions disciplinaires prévues par les articles L. 4137-1 et L. 4137-2 du code de la défense ; que ni la circonstance que l’intéressé collabore, avec l’accord de sa hiérarchie, à des travaux du Centre national de la recherche scientifique, qualité qui ne lui confère pas le statut de chercheur et ne lui permet en tout état de cause pas de se prévaloir de la liberté d’expression reconnue aux universitaires, ni celle qu’il occuperait un rang modeste dans la hiérarchie militaire ne sauraient l’exonérer de sa responsabilité quant aux propos ainsi tenus . » (http://www.conseil-etat.fr/cde/fr/communiques-de-presse/mesure-discipl)
Dans un communiqué, le directeur général de la gendarmerie a déclaré prendre acte de la décision du Conseil d'État, mais a également annoncé qu'une nouvelle procédure disciplinaire sera engagée.
On notera que pour être favorable au gendarme Mattelly, cette décision n’en pose pas moins le problème du statut des professionnels « chercheurs »— policiers, gendarmes ou autres —. Il semble difficile de concilier l’indépendance et la liberté indispensables à toute recherche scientifique et devoir de réserve. Les policiers-gendarmes qui se lancent dans la recherche (historique, sociologique, etc…) devront-ils écrire de façon anonyme, renoncer à leur liberté d’expression, démissionner avant de s’exprimer ou quémander un nihil obstat avant de publier ?
La question apparaît d’autant plus légitime que ces « professionnels » apportent un regard, une vision, une analyse particuliers du fait de leur expérience interne et intime des questions et problèmes évoqués. Faudra-t-il renoncer à cet apport et à ce regard « de l’intérieur » ?
Quid des velléités et projets de recherches lancés en interne : devront-ils donner une vision officielle/autocensurée/conformiste ? Seront-ils acceptables, diffusés, dès lors qu’ils contiendront une dimension critique ?
Heureusement que, pour son image, la gendarmerie est parfois plus ouverte et dynamique dans le domaine de la recherche…
Recherche :
Histoire de la gendarmerie
Je garde un souvenir précis d’une rencontre avec Jean-Noël Luc, encore à l’université de Poitiers, mais déjà en partance pour Paris 4, qui m’avait expliqué (la scène se passe à Angers à l’occasion d’un colloque sur les archives organisé par Jacques-Guy Petit et Frédéric Chauvaud) le projet ambitieux de recherche sur l’histoire de la gendarmerie qu’il était alors en train de mettre sur pied avec l’accord et l’aide matérielle de l’arme et qui devait regrouper tous les chercheurs intéressés autour d’un séminaire, déboucher sur des colloques et des publications…
Mon expérience d’entrisme administratif via l’IHESI ne me rendait que médiocrement optimiste et un certain nombre d’expériences douloureuses vécues depuis 1990, de projets suspendus, arrêtés, repris, finalement abandonnés, ressuscités par d’autres… selon les humeurs et les intérêts d’interlocuteurs multiples et très différents2, m’ont conduit à le mettre en garde ou à tout le moins à évoquer les risques de désillusion qu’il risquait de vivre.
C’était bien mal connaître la conjoncture d’ouverture, la spécificité de l’arme (quelle chance de n’avoir que très peu d’interlocuteurs différents et successifs !) et la ténacité du professeur Luc.
Non sans quelques soucis et nécessaires mises au point au démarrage, il a réussi à créer une véritable dynamique de recherches historiques sur la gendarmerie autour de son séminaire de l’université Paris4.
Ce centre venant de fêter ses 10 ans d’existence, il nous a semblé légitime et opportun de donner à un chantier exemplaire toute la publicité et la lumière qu’il mérite.
Le mieux était de laisser la plume à Jean-Noël Luc. Nul n’est mieux placé que lui pour donner un aperçu des travaux universitaires et des publications réalisées depuis 2000 et rappeler l’essence même de ce projet.
1/ Histoire de la gendarmerie : dix ans de recherche
Jusqu’à l’année 2000, aucune université n’avait estimé que le destin de la gendarmerie méritait de faire l’objet d’un travail collectif ou d’un colloque. La situation s’est ensuite modifiée, notamment grâce aux initiatives du Service historique de la gendarmerie nationale, SHGN (créé en 1995 et rattaché, à partir de 2005, au Service d’histoire de la Défense) et de l’Université Paris IV-Sorbonne.
Depuis dix ans, les réalisations se multiplient autour de l’histoire d’une institution que les chercheurs appréhendent comme une force militaire particulière, un corps de police administrative et judiciaire en interaction avec son environnement social, administratif et policier, un groupe professionnel, un système de représentations, un révélateur des politiques de sécurité et un archétype pour une quarantaine de pays étrangers.
L’heure n’est plus aux tabous et aux soupçons. Les missions des gendarmes, y compris le maintien de l’ordre, sont enfin devenues des objets d’histoire légitimes. Des étudiants de master (dont la contribution considérable prouve, une fois de plus, la nocivité des mesures visant à réduire l’activité de recherche à Bac +4-5) et des chercheurs, venus d’horizons disciplinaires divers, ont ouvert des pistes fructueuses, à l’écart des voies stériles de l’hagiographie et du réquisitoire. Des responsables du corps ont découvert la contribution irremplaçable des chercheurs professionnels à la valorisation de son patrimoine archivistique et de sa mémoire. Des travaux sur l’histoire de la gendarmerie ont été réalisés ou sont en cours au Mans, à Rennes II, Montpellier III, Dijon, Angers, Louvain, dans les IEP d’Aix-en-Provence et de Toulouse ou au CESDIP, pour ne citer que ces établissements. Il faut s’en réjouir. Si la convention signée, en 2000, entre Paris IV et la gendarmerie a contribué à favoriser l’ouverture de cette institution militaire sur le monde de la recherche historique, elle n’a jamais introduit une quelconque exclusivité au profit d’un établissement. La gendarmerie, la police et les forces armées appartiennent aux citoyens : leur histoire ne doit pas être monopolisée, ni même pilotée, par une institution universitaire en particulier.
2/ L’histoire de la Force publique aux XIXe-XXe siècle
Université Paris IV et Centre d’histoire du XIXe siècle, Paris I- Paris IV – contact : jnoel.luc@gmail.com
Enseignement et travaux universitaires
Un cours de licence de 3e année et un séminaire (désormais ouverts l’un et l’autre à l’histoire de la police) : Force publique, régulation sociale, sécurité intérieure et Défense, XVIIIe-XXe siècles
108 travaux universitaires soutenus (2000-2010) : 70 maîtrises ou masters I, 28 DEA ou masters II, 10 doctorats
Journées d’études et colloques
La Gendarmerie au XIXe siècle, en collaboration avec le SHGN (2000)
Gendarmerie et gendarmes du XXe siècle, en collaboration avec le SHGN (2004)
L’enquête judiciaire en Europe au XIXe siècle (participation à un colloque co-organisé, en 2005, par le Centre d’histoire du XIXe siècle, Paris I-Paris IV)
La gendarmerie, les gendarmes et la guerre, en collaboration avec la Société nationale de l’histoire et du patrimoine de la gendarmerie, SNHPG (2005)
La gendarmerie et les gendarmes pendant la Seconde Guerre mondiale. Entre l’État et la nation en collaboration avec la SNHPG (2006)
Entre violence et conciliation. La résolution des conflits sociopolitiques en Europe au XIXe siècle (co-organisé, en 2007, par le Centre d’histoire du XIXe siècle, Paris I-Paris IV)
La gendarmerie, force urbaine, XVIIIe-XXIe siècles, avec la SNHPG (2007)
Police et gendarmerie de l’Europe napoléonienne (avec l’Institut Napoléon, 2010)
Colloque prévu en 2012 : La diffusion du modèle gendarmique français de la Révolution à nos jours (titres provisoires).
Publications
Un guide de recherche
Jean-Noël Luc (dir.), Histoire de la maréchaussée et de la gendarmerie. Guide de recherches, Maisons-Alfort, SHGN, 2005, 1 105 p. (recension des sources et des lieux de mémoire – bibliographie – chronologie - 20 cartes et organigrammes - 41 tableaux de statistiques - dictionnaire de 315 notices).
Des ouvrages collectifs
Jean-Noël Luc (dir.), Gendarmerie, État et société au XIXe siècle, Publications de la Sorbonne, 2002, 509 p.
Jean-Noël Luc (dir.), Figures de gendarmes, Sociétés & Représentations, n° 16, septembre 2003, 378 p.
Jean-Noël Luc (dir.), Soldats de la loi. La gendarmerie au XXe siècle, Paris, PUPS, 2010, 526 p.
Une participation à d’autres ouvrages collectifs
Jean-Noël Luc - SHGN (dir.), La gendarmerie, de la Révolution à l’entre-deux-guerres, RGN, hors-série, 2000, 155 p.
Jean-Claude Farcy, Dominique Kalifa, J.-N. Luc (dir.), L’enquête judiciaire en Europe au XIXe siècle, 2005, Créaphis, Grâne, 2007, 389 p.
La gendarmerie, les gendarmes et la guerre, 2005, journée d’étude, Société nationale de l’histoire et du patrimoine de la gendarmerie (SNHPG) – Paris IV, actes publiés dans Force publique, Revue de la SNHPG, n° 1, février 2006, 161 p.
La gendarmerie et les gendarmes pendant la Seconde Guerre mondiale. Entre l’État et la nation. 2006, journée d’étude, SNHPG-Paris IV, Force publique, n° 2, février 2007, 232 p.
La gendarmerie, force urbaine (XVIIIe-XXIe siècles), 2007, journée d’étude, SNHPG-Paris IV, Force publique, n° 3, février 2008, 242 p.
Jean-Claude Caron, Frédéric Chauvaud, Emmanuel Fureix, J.-N. Luc, Entre violence et conciliation. La résolution des conflits sociopolitiques en Europe au XIXe siècle, Rennes, PUR, 2008, 362 p.
« La violence d’État. Les fragiles naissances du maintien de l’ordre en France (1800-1859 » », [publications de plusieurs communications au séminaire de Paris-Sorbonne], Déviance et Société, n° 32, 2008, p. 43-99.
Des ouvrages réalisés à partir d’un travail universitaire
(classement chronologique des thèmes traités)
Aurélien Lignereux, Gendarmes et policiers dans la France de Napoléon : le duel Moncey-Fouché, préface de Jean Tulard, SHGN-Phénix Éditions, 2002, 276 p. (maîtrise).
Arnaud-Dominique Houte, Gendarmes et gendarmerie dans le département du Nord (1814-1852), Maisons-Alfort, SHGN-Phénix Éditions, 2000, 245 p. (maîtrise, Prix d’histoire de la Défense 2000).
Arnaud-Dominique Houte, Le métier de gendarme national au XIXe siècle : la construction d’une identité professionnelle, Rennes, PUR, 2010, 320 p. (thèse, co-dir. J.-N. Luc et J.-M. Berlière).
Aurélien Lignereux, La France rébellionnaire, Les résistances à la gendarmerie (1800-1859), Rennes, PUR, 2008, 372 p. (thèse inscrite et soutenue à l’université du Maine, co-dir. Nadine Vivier et J.-N.Luc - Prix d’histoire de la Défense 2007).
Fabien Cardoni, La garde républicaine d’une République à l’autre (1848-1871), Rennes, PUR, 2008, 336 p. (thèse).
Louis Panel, Gendarmerie et contre-espionnage pendant la Grande Guerre, Maisons-Alfort, SHGN, 2004, 250 p. (maîtrise).
Olivier Buchbinder, Gendarmerie prévôtale et maintien de l’ordre (1914-1918), Maisons-Alfort, 2004, 166 p. (maîtrise).
Isabelle Roy, La Gendarmerie française en Macédoine (1915-1920), Maisons-Alfort, SHGN, 2004, 243 p. (maîtrise).
Yann Galera, La Garde républicaine mobile à l’épreuve du 6 février 1934, préface de Serge Berstein, Maisons-Alfort, SHGN, 2003, 189 p. (maîtrise).
Benoît Haberbusch, La gendarmerie en Algérie (1939 à 1945), Maisons-Alfort, SHGN, 2004, 593 p. (thèse).
Rémi-Numa Stevelberg, La Gendarmerie dans les Alpes-Maritimes, de 1942 à 1945, Nice, Serre Éditeur, 2004, 173 p. (maîtrise).
Joseph d’Hautefeuille, De La Voix à L’Essor. La gendarmerie nationale au prisme de sa presse corporative (1946-1958), Vincennes, SHD, 2007, 312 p. (master I).
Emmanuel Jaulin, La Gendarmerie dans la Guerre d’Algérie, Paris, Lavauzelle, 2009, 512 p. (thèse sous la dir. de J. Frémeaux).
Thierry Forest, La Gendarmerie mobile à l’épreuve de mai 1968, Vincennes, SHD, 2007, 259 p. (maîtrise).
Anne Geesen, Une femme d’honneur au miroir des faits. La féminisation de la gendarmerie (1983-2005), Vincennes, SHD, 2008, 222 p. (master II).
Thèses soutenues ou en cours
Cette liste comprend toutes les thèses d’histoire (ou avec une forte dimension historique) soutenues depuis dix ans ou en cours, et qui sont actuellement recensées.
Travaux soutenus sur le XIXe siècle
CARBONE Flavio (major), Les Officiers des carabiniers à l’époque de Giolitti, La Sapienza (Rome) – Paris-Sorbonne, 2007, sous la co-dir. de M. Bellini et J.-N. Luc.
CARDONI Fabien, Des gendarmes à Paris : la garde républicaine et la garde de Paris, de la Révolution de 1848 à 1870, Paris-Sorbonne, 2005, sous la dir. de J.-N. Luc (publication : La Garde républicaine, d'une République à l'autre, 1848-1871, Rennes, PUR-SHD, 2008).
HOUTE Arnaud-Dominique, Le Métier de gendarme national au XIXe siècle : la construction d’une identité professionnelle, Paris-Sorbonne, 2006, sous la co-dir. de J.-N. Luc et de Jean-Marc Berlière, de l’Université de Bourgogne (publication : Le Métier de gendarme au XIXe siècle, Rennes, PUR, 2010).
LEPETIT Gildas (lieutenant), « La Manière la plus efficace de maintenir la tranquillité » ? L’intervention de la gendarmerie impériale en Espagne (1819-1814), Paris-Sorbonne, 2009, sous la dir. de J.-N. Luc.
LIGNEREUX Aurélien, Force à la loi ? Les rebellions contre la gendarmerie et l’apprentissage du respect de l’État au XIXe siècle, Université du Maine, 2006, sous la co-dir de Nadine Vivier et J.-N. Luc, prix d’histoire de la Défense 2007 (publication : La France rébellionnaire. Les résistances à la gendarmerie, 1800-1859, Rennes, PUR, 2008, 366 p.).
LORCY Damien, La Gendarmerie en Algérie. Organisation et missions (1830-1870), Bordeaux IV, 2006, droit, sous la dir. de Gérard Guyon (à paraître aux PUR).
PÉNIGUEL Jean-François, Le Maintien de l’ordre dans les campagnes bretonnes au XIXe siècle : l’exemple de la compagnie de gendarmerie d’Ille-et-Vilaine, 1800-1870, Rennes I, 1999, droit, sous la dir. de François Burdeau.
Travaux soutenus sur le XXe siècle
CAMPION Jonas, Le Rétablissement de la légalité policière après la Seconde Guerre mondiale : les exemples de la gendarmerie nationale, de la gendarmerie belge et de la gendarmerie royale hollandaise, Université catholique de Louvain – Paris-Sorbonne, 2009, sous la co-dir. de Xavier Rousseaux et J.-N. Luc.
FAISANT DE CHAMPCHESNEL Hélène, La Gendarmerie au Levant pendant le mandat français, 1918-1946, Paris-Sorbonne, 2008, sous la dir. de Jacques Frémeaux.
GALERA Yann, Le Képi et le crayon : les gendarmes à travers l’imaginaire collectif, 1914-1968, Paris-Sorbonne, 2006, sous la dir. de J.-N. Luc (publication : Les Gendarmes dans l’imaginaire collectif, de 1914 à nos jours, Paris, Nouveau Monde éditions, 2008, 366 p.)
HABERBUSCH Benoît (lieutenant), La Gendarmerie en Algérie, de 1939 à 1945, Paris-Sorbonne, 2003, sous la dir. de J.-N. Luc (publication : La Gendarmerie en Algérie, 1939 à 1945, Maisons-Alfort, SHGN, 2004, 594 p.).
JAULIN Emmanuel, La Gendarmerie dans la Guerre d’Algérie, dépendance et autonomie au sein des forces armées, Paris-Sorbonne, 2009, sous la dir. de Jacques Frémeaux (publication : La Gendarmerie dans la Guerre d’Algérie, Paris, Lavauzelle, 2009, 512 p.).
MÉDARD Frédéric (capitaine), Aspects techniques et logistiques de la Guerre d’Algérie. L’armée française et son soutien, 1954-1962, Aix-en-Provence, 1999, sous la dir. de Jean-Charles Jauffret.
NATIVITÉ Jean-François, Culture d’ordre et identités régionales : la gendarmerie dans les départements pyrénéens (1939-1944), Montpellier III, 2010, sous la dir. de Jules Maurin.
NDJATE OMANYONDO, La gendarmerie au Congo, Paris V, 2005, droit, sous la dir. d’Olivier Gohin (publication : Gendarmerie et reconstruction d'un état de droit au Congo-kinshasa, Paris, L’Harmattan, 2007, 296 p.).
PANEL Louis (sous-lieutenant), La Gendarmerie pendant la Grande Guerre, sur le terrain des opérations et à l’arrière, Paris-Sorbonne, 2010, sous la dir. de J.-N. Luc.
PHILIPPOT Georges (général, 2S), Gendarmerie et identité nationale en Alsace et Lorraine, 1914-1939, Metz, 2008, sous la dir. d’Alfred Wahl.
Travaux en cours sur le XIXe siècle
GARRIER Ingrid, Les Officiers de gendarmerie, de la fin du XIXe siècle à la Grande Guerre, Paris-Sorbonne, sous la dir. de J.-N. Luc.
DAGNICOURT Éric (chef d’escadron), Les Gardiens de la cité : la garde républicaine 1871-1914, Paris-Sorbonne, sous la dir. de J.-N. Luc.
GUECHAOUI Abdessatar, La Gendarmerie dans la Régence de Tunis, de 1881 à 1939, Sousse – Paris-Sorbonne, sous la co-dir d’Ali Nourredine et J.-N. Luc.
HEBEISEN Philippe, Le Rôle de la police en Suisse occidentale (Neuchâtel, Fribourg, Berne). Acteurs, pratiques et impacts, 1848-1914, Université de Neuchâtel – Paris-Sorbonne, sous la co-dir. de Laurent Tissot et J.-N. Luc.
LOPEZ Laurent, Policiers et gendarmes sous la Troisième République (1878-1914) : relations, complémentarités, concurrences, en matière de maintien de l’ordre et de police judiciaire, Paris-Sorbonne, sous la co-dir. de J.-N. Luc et Jean-Marc Berlière (Université de Bourgogne).
NURET Christophe, Maintenir l’ordre sous la monarchie bourgeoise : la garde municipale de Paris (1830-1848), Paris-Sorbonne, sous la dir. de J.-N. Luc.
Travaux en cours sur le XXe siècle
CHEVET Emmanuel, Gendarmerie et maquis sous l’Occupation en France, Dijon, sous la dir. de Serge Wolikow (soutenance prévue le 25 février)
GODICHEAU François, L'Ordre public et la construction de l'État en Espagne pendant la Restauration, 1875-1923, HDR, Paris-Sorbonne – EPHE, HDR sous la co-dir. de J.-N. Luc et Gilles Pécout.
SAÏT Aziz, Les Prévôtés, de la « drôle de guerre » à « l’étrange défaite ». Organisation et missions (1939-1940), Paris-Sorbonne, sous la dir. de J.-N. Luc.
FRANÇOIS CATHALA (capitaine), La Défense face aux phénomènes aérospatiaux non identifiés (PAN) des années 1950 à nos jours : témoignages, enquêtes et analyses de la gendarmerie et des autres forces armées, Paris-Sorbonne, sous la dir. de J.-N. Luc.
SALLÉ CAMILLE (capitaine), De la colonisation à l’assistance technique : la gendarmerie française au Cameroun, de la fin des années 1930 aux années 1960, Paris-Sorbonne, sous la dir. de J.-N. Luc.
Contact : jnoel.luc@gmail.com
3/ le dernier ouvrage paru :
Jean-Noël Luc (dir.), Soldats de la loi. Les gendarmes au XXe siècle, Paris, PUPS, septembre 2010, 512 p.
Cet ouvrage collectif, dont 17 des 30 auteurs sont de jeunes chercheurs, est la dernière réalisation d’un chantier qui a déjà produit Gendarmerie, État et société au XIXe siècle (2002), Figures de gendarmes (2003), Histoire de la Maréchaussée et de la Gendarmerie. Guide de recherche (2004), La Gendarmerie, les gendarmes et la guerre (2005), La Gendarmerie et les gendarmes pendant la seconde guerre mondiale (2006) et La Gendarmerie, force urbaine, XVIIIe-XXIe siècles (2007).
Les gendarmes sont observés ici pendant la mobilisation de 1914, dans les terroirs de l’Entre-deux-guerres, les combats de 1939-1940, les fêtes de Vichy, les mouvements de Résistance, l’Épuration et au cours de la République gaullienne et de la crise de l’été 1989. On les rencontre à la campagne et dans les villes, sur les routes et sur les côtes, dans le cyberespace et sur le grand écran. À l’extérieur de la métropole, on les retrouve dans la prévôté de l’armée d’Orient en 1916, la Syrie et le Liban sous mandat français, le Constantinois révolté en mai 1945, les hauts plateaux indochinois convoités par le Viet-Minh, l’Ouest algérien de l’automne 1954, la lutte contre l’OAS, l’Afrique de la fin de l’époque coloniale et l’Océan Indien.
Ce voyage à travers l’histoire de la gendarmerie nationale propose aussi un panorama de l’institution depuis la Révolution, une analyse de sa situation au début du XXIe siècle, plusieurs organigrammes et tableaux de statistiques, une bibliographie commentée, un inventaire des sites de la Toile, une liste des thèses soutenues et en cours et une chronologie de 822 dates, équipée d’un système de renvois.
Table des matières :
Introduction - La gendarmerie au XXe siècle : la longue histoire d’une institution militaire originale (Jean-Noël Luc)
Une force militaire interministérielle et interarmées
Un service public polyvalent
Approche statistique d’une institution foisonnante
Une force engagée à l’extérieur de la métropole
Quand l’historien rencontre le gendarme
À la recherche de la temporalité gendarmique du XXe siècle
Du modèle aux modèles gendarmiques : la curiosité de l’historien
Composantes et représentations de la militarité de la gendarmerie au XXe siècle
Quelques pistes de recherche
Du Pandore au prévôt
Du bicorne au képi : les gendarmes de la Belle Époque à la croisée des chemins (Arnaud-Dominique Houte et Aurélien Lignereux).
« L’énorme machine » : la gendarmerie et la mobilisation en 1914 (Louis Panel).
Un ordre français au carrefour des nations : la prévôté de l’armée d’Orient pendant la Première Guerre mondiale (Isabelle Roy).
Les mutations de l’Entre-deux-guerres
Institution militaire, directeur civil : la question du commandement supérieur de la gendarmerie dans l’entre-deux-guerres (Xavier Borda).
« Un exemple, un modèle, un guide » ? Les gendarmes des années 1930 à la recherche d’une image moderne (Aude Piernas-Bizet).
Les gendarmes en Corse, 1927-1934 : de la création d’une compagnie autonome aux derniers « bandits d’honneur » (Simon Fieschi).
Gendarmes, 11e brigade mobile et police judiciaire durant l’Entre-deux-guerres (Laurent Lopez).
La garde républicaine mobile dans l’Est de la France de 1935 à 1940 : d’une militarité de statut à une militarité d’emploi (Georges Philippot).
La gendarmerie des années noires
Que faire de la gendarmerie ? Les réponses de Vichy aux exigences allemandes, 1940-1944 (Bernard Mouraz).
Gendarmerie et propagande festive sous Vichy : les ambiguïtés d’un corps dans la tourmente (Rémi Dalisson).
Volontariat et résistance officielle : l’engagement des gendarmes dans les FFI et les FFL, 1940-1944 (Jean-François Nativité).
Pratiques et bilan de l’épuration administrative des officiers de gendarmerie à la Libération (Marc Bergère).
De l’expérience coloniale à l’épreuve de la décolonisation
Les gendarmeries syrienne et libanaise, relais de la puissance mandataire ou instruments de l’indépendance des nouveaux États ? (Hélène Faisant de Champchesnel).
Gendarmes dans l’Océan Indien : la brigade de Mayotte au XXe siècle (Isabelle Denis).
La gendarmerie au Sénégal à l’époque de l’Union française (Patrick Papa Drame).
Gendarmerie et crise insurrectionnelle : l’exemple du Constantinois en mai 1945 (Benoît Haberbusch).
« Comme un poisson dans l’eau » ? Les gendarmes des hauts plateaux face à la guerre révolutionnaire en Indochine (Thibault Longuet).
« Vers une gendarmerie de choc » : les débuts de la guerre dans l’Ouest algérien, octobre-décembre 1954 (Maria Romo-Navarette).
Gendarmerie et lutte contre l’OAS (Jacques Frémeaux).
Une force publique polyvalente
Gendarmes ruraux d’Ille-et-Vilaine entre les deux guerres : entre archaïsme et modernité (Jean-François Tanguy)
La gendarmerie face au défi de la « société automobile » : la police de la route, 1928-1975 (Jérôme de Lespinois).
Gendarmes maritimes et gens de mer sur la côte atlantique dans les années 1960 (Eric Kocher-Marboeuf).
L’écran de l’ordre : les gendarmes du XXe siècle dans le cinéma parlant (Yann Galera).
Les défis de la modernisation
Du téléphone au système numérique Rubis : la modernisation du système de télécommunications de la gendarmerie au XXe siècle (Cyril Krekounian)
Régions et stratégies d’organisation de la gendarmerie dans le second XXe siècle : l’exemple de la Bourgogne et de la Franche-Comté (Pierre Bodineau).
La gendarmerie des années 1960 face à la société de consommation (Corentin Segalen).
« Une femme d’honneur » au miroir des faits : la féminisation de la gendarmerie (Anne Geesen).
La gendarmerie à la Une : la crise de 1989 vue par la grande presse (Pierre Lévêque).
Conclusion - Quelques réflexions sur la gendarmerie au début du XXIe siècle (François Dieu)
Annexes
Organigrammes de la gendarmerie au XXe siècle : 3 août 1914 - 1er septembre 1939 - Octobre 1943 - Novembre 1947 - 1966 - 1980
Statistiques de la gendarmerie au XXe siècle
Gendarmerie départementale (1900-1936)
Brigades de gendarmerie départementale (1900-1936)
Gendarmerie mobile (1924-1936)
La gendarmerie de 1939 à 1945
Catégories de personnels de la gendarmerie (1946-2007)
Proportions respectives des composantes de la gendarmerie (1980-2003)
Gendarmerie départementale (1980-2007)
Gendarmerie mobile (1980-2007)
Unités, brigades et postes de gendarmerie (1980-2004)
Le XXe siècle de la gendarmerie en 822 dates
(avec un système de renvois)
Bibliographie commentée sur la gendarmerie au XXe siècle
Instruments de travail
La gendarmerie et son histoire sur la toile
Histoire générale de la gendarmerie et des gendarmes
Histoire de la gendarmerie au XIXe siècle
Histoire de la gendarmerie au XXe siècle
Quelques études sur la gendarmerie de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle
Doctorats relatifs à l’histoire de la gendarmerie
1. L’ACTUALITÉ
A / Le Musée de l’histoire de France : « projet essentiel et fondamental du quinquennat »… (suite)
Au cas où quelques épisodes, les questions posées, problèmes soulevés et réactions suscitées par ce projet l, ses finalités, son installation aux Archives nationales… vous auraient échappé, quelques fiches aide-mémoire …
1/ L’attitude des syndicats du personnel des Archives nationales :
http://www.humanite.fr/07_01_2011-le-chantage-du-pouvoir-face-aux-personnels-des-archives-461727
http://www.liberation.fr/culture/01012312086-l-occupation-se-poursuit-aux-archives-nationales
2/ Un article de Mediapart (12 janvier)
« Maison de l'histoire de France: la liste des membres du conseil »
12 Janvier 2011
Par Antoine Perraud
La Maison de l'histoire de France, une marotte présidentielle à l'origine, prend forme et tente de s'imposer comme une institution républicaine légitime. Première étape: la constitution de son comité d'orientation scientifique, dont l'installation est prévue jeudi 13 janvier à 10h au ministère de la Culture et de la Communication. Ce comité sera présidé par l'historien Jean-Pierre Rioux, directeur de la revue XXe Siècle, inspecteur général honoraire, collaborateur du supplément littéraire de La Croix, proche du Modem de François Bayrou, dont il anime «l'université populaire».
Dix-sept membres devraient s'adjoindre au président: Paule René-Bazin (des Archives nationales), Élisabeth Taburet-Delaye (directrice du musée de Cluny), Laurent Olivier (conservateur du département des âges du fer au Musée des antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye), l'ethnologue Martine Segalen, l'éditrice, journaliste et médiatrice culturelle Dominique Missika, le cinéaste lié au CNRS Éric Deroo, les historiens Benjamin Stora (Paris XIII), Pascal Ory (Paris I), Anne-Marie Thiess (spécialiste de la formation des identités nationales et régionales), Jacques Berlioz (directeur de l’École nationale des Chartes), Dominique Borne (doyen de l’inspection générale de l’éducation nationale), Jean-Christian Petitfils (spécialiste de l'époque moderne), Étienne François (excellent germaniste et ancien directeur du Centre Marc-Bloch de Berlin), Anthony Rowley (Sciences-Po), Laurent Theis (touche-à-tout médiéviste de formation, auteur d'un essai remarquable sur Dagobert dont on ne sait pourtant rien), Emmanuel de Waresquiel (qui connaît sur le bout des doigts le XIXe siècle en général et Talleyrand en particulier) et Sébastien Laurent (le benjamin, né en 1971, qui s'intéresse notamment à l'histoire du renseignement).
Il semblerait que le médiéviste et membre de l'Institut Jean Favier, ancien directeur général des Archives de France, ne fît plus partie, comme ce fut envisagé, de ce soviet (c'est ainsi que se traduit «conseil» en russe), dont la composition s'est heurtée au mauvais esprit de certains réfractaires (l'historien Nicolas Offenstadt, voire le journaliste Pierre Assouline). Cette composition, pilotée par Frédéric Mitterrand en concertation avec Jean-Pierre Rioux, a consisté à écarter habilement les candidats de l'Élysée, tel le normalien énarque et ancien sous-préfet Didier Sapaut (TF1), longtemps hiérarque de la chaîne Histoire sur laquelle règne le gourou furieusement à droite de Nicolas Sarkozy: Patrick Buisson.
La plupart des membres du conseil scientifique appartiennent, du coup, à la mouvance anti-sarkozyste. Même si des fonctionnaires zélés du pouvoir (Charles Personnaz, Hervé Lemoine, Jean-François Hebert...) surveillent de près l'affaire, les membres de gauche du conseil scientifique de la Maison de l'histoire de France, en une sorte de judo politique, entendent, pour faire valoir leur point de vue, tirer profit des faiblesses d'un projet mal né, mal mené, malmené. Le fait du prince deviendra-t-il le prince du fait? Comme le confie à Mediapart l'un des membres du conseil scientifique, sous le couvert de l'anonymat: «L'alternance existe et je serai pleinement heureux de faire partie d'un tel projet en 2012!»
Tout l'art de Jean-Pierre Rioux et, en sous-main, de Frédéric Mitterrand, consiste maintenant à tenter de faire comprendre au président de la République, têtu comme un ânon, qu'il faut abandonner l'idée de loger cette Maison de l'histoire de France aux Archives nationales, «dont il eût peut-être fallu réaliser à temps qu'il s'agit d'un bastion de la CGT», ainsi que persifle en privé l'historien Pierre Nora, qui vient d'indiquer à l'Élysée une porte de sortie honorable: l'hôtel de la Marine place de... la Concorde. »
3/ Un article du Monde (13 janvier) :
« Le comité scientifique de la Maison de l'histoire de France au complet
Le Monde.fr | 13.01.11 | 19h25
« Le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, a officiellement installé, jeudi 13 janvier, le comité d'orientation scientifique de la Maison de l'histoire de France. Celui-ci comprend dix-neuf membres.
Aux quatorze noms donnés déjà donnés par Le Monde du 11 janvier, s'ajoutent ceux de Sébastien Laurent, maître de conférences en histoire contemporaine à l'université de Bordeaux et à l'Institut d'études politiques de Paris, Laurent Olivier, conservateur du département des âges du fer au musée d'archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, Martine Segalen, ethnologue et professeur honoraire des universités, Elisabeth Taburet-Delahaye, directrice du musée de Cluny à Paris, et Anne-Marie Thiesse, directrice de recherche au CNRS.
Présidé par l'historien Jean-Pierre Rioux, ancien inspecteur général de l'éducation nationale, et placé sous la présidence d'honneur de Jean Favier, ancien président de la Bibliothèque nationale et ancien directeur général des Archives de France, ce comité a pour mission, selon Frédéric Mitterrand, d'"élaborer", de "construire" et de "décider" du contenu de la Maison de l'histoire de France. Son ouverture est prévue en 2015 sur le site parisien des Archives nationales.
Thomas Wieder
B. La rentrée des séminaires et des colloques…
► Métis / Séminaire sur le renseignement
Les pratiques des agences de renseignement à l’aune des libertés publiques
Le programme du second semestre :
- Lundi 7 février 2011 : M. Rémi Récio, magistrat, délégué général de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS)
"La CNCIS entre protection des libertés publiques et nécessaire sécurité de l’État"
- Lundi 14 mars 2011 : M. Alain Bauer, professeur de criminologie au CNAM et président du Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégiques (CSFRS) :
"L'activité du groupe de travail sur les fichiers"
- Lundi 4 avril 2011 : M. Frédéric Ocqueteau, directeur de recherches au CNRS :
"Usages et mésusages du fichier STIC par les forces de l’ordre"
- Lundi 9 mai 2011 : M. Emmanuel de Givry, conseiller honoraire à la Cour de cassation, vice-président de la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) :
"Les procédures de création et de contrôle des fichiers des organes de renseignement"
Toutes les séances auront lieu dans la salle du Traité au 1er étage du centre d’histoire de Sciences-Po au 56 rue Jacob de 18 à 20h00.
► Psychiatrie et prison : la question du soin aux personnes détenues
Journées d’études organisées par la Bibliothèque interuniversitaire de recherche en lettres et sciences humaines de Lyon (BIU Lsh) autour de la thématique “Santé-Société”
en partenariat avec le laboratoire Triangle, CNRS, UMR 5206, rattaché à l’École normale supérieure de Lyon
avec la collaboration du pôle de Santé mentale des détenus et de psychiatrie légale du Centre Hospitalier Le Vinatier (Lyon-Bron) et du Barreau de Lyon
avec la participation de l’ANR Sciencepeine
Elles se tiendront les 3 et 4 février 2011 dans l’amphithéâtre de l’École normale supérieure de Lyon - site Descartes.
Programme
Jeudi 3 février 2011
Les relations entre l’individu et l’institution
9h-12h30. Regards sur les institutions
14h30-17h30. Dialectique soin / contraintes en milieu carcéral
17h30-19h. Conférence de Claude Balier
Vendredi 4 février 2011
L’expression de la personne détenue dans l’histoire et dans la littérature
9h-12h30. La parole confisquée
14h-18h. La parole déployée
18h30-20h : projection du documentaire “Un monde sans fous ?” (Philippe Borrel, 2010), avec débat.
Programme développé sur le site de la BIU Lsh
Contact
Bibliothèque interuniversitaire de recherche en lettres et sciences humaines
5 parvis René Descartes, BP 7000, 69342 Lyon cedex 07
04 37 37 65 00
réservation possible à l'adresse biu-communication@ens-lyon.fr
attestations de présence sur demande
informations complémentaires sur biu.ens-lyon.fr
C/ Archives
Le répertoire de la série 72/AJ en ligne !!!
Les historiens en rêvaient, le CHAN l’a fait !
Archives du Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale — France libre et Résistance extérieure
Répertoire numérique de la sous-série 72AJ (72AJ/220 à 72AJ/248)
Par Patricia Gillet, avec le concours d'Alexandra Hauchecorne
1ère édition électronique
2/ Appels à contributions /
Call for Papers
A ■ États policiers : l'État dans le roman policier et le roman noir / States of Crime: The State in Crime Fiction
************Date limite / dead line = 31 janvier !!!
L’université Queen’s de Belfast organise les 17 et 18 juin 2011 un colloque international et interdisciplinaire sur l’État et le roman policier. Les propositions de contribution venues de nombreux domaines des sciences sociales et des sciences humaines et s’intéressant à cette relation sont les bienvenues et peuvent être adressées jusqu’au 31 janvier 2011, sous forme d’un résumé d’environ 300 mots à statesofcrime@gmail.com. Les communications, d’une durée de vingt minutes, devront être en anglais.
This conference examines crime fiction through the various manifestations of its relations to the State. State institutions are unlike other protagonists in criminal affairs, due to their monopoly of legitimate violence and have hitherto received comparatively little attention in literary criticism. Yet, shadows of the state apparatus loom large over crime fiction, both within the narration and as a referential background. The emergence of the detective novel mirrors historically the advent of the modern police state. It reflects the creation of an organised network of surveillance and control. Poe’s 'The Purloined Letter' conceals a State affair. The genre has often been shown to display securitarian tendencies. The detective, either himself an agent of the State or a “private eye” objectively fulfilling the role of an auxiliary of justice, classically pursues not only the punishment of deviant individuals, but the restoration of order. At the same time, distinctions between exponents of State order and criminals have been blurred since the origins and the figure of Vidocq. In a similar fashion to Hugo’s couple Valjean/Javert and Dostoievsky’s Raskolnikov/ Porfiri Petrovitch, crime readers’ sympathies have often veered towards the criminal rather than the State. Evolutions within the genre, in the wake of WWI, the Russian revolution and the American Great Depression, have introduced a more explicit critique of State corruption, and of the surrender of public bodies to private interests, lobbies, and organised crime. Post WWII, the “Noir” has accrued its counter cultural credentials with a critique of State oppression, cultural domination, silencing of minorities, and racial and sexist discrimination.
Much contemporary crime fiction continues to buttress the authority of the State but at the same time an increased political radicalisation of the genre has developed worldwide in the context of decolonisation and the Vietnam War. Marxist, Anarchist and Post-Situationist crime fiction authors have explored the genre’s subversive potential, while experiencing its constraints and contradictions. As crime fiction's geo-politics reach has expanded, the generic boundaries separating crime, thriller and espionage fiction have been called into question, along with the State's ability to control its territorial borders and the distinction between domestic and international securitization.
One of the aims of this conference is to compare different international approaches to the State in Crime Fiction within their various historical, national and political contexts. To what extent do different state traditions (i.e. Scandinavia, Italy, the US, the German Democratic Republic) find an echo in crime literature and films produced in their respective area? To what extent do these different state traditions produce distinctive crime fictions? What are the various purposes served in representing the State, and how much do they differ in a federal State, a decentralised State, or a popular democracy? In a one-party state, a Republic and a constitutional monarchy ? Do cultural transfers in the genre reflect such differences? How far is crime fiction - a genre that has developed in consort with the consolidation of the modern State - able to challenge political domination, debunk the ideologies of public discourses, uncover State secrets and revisit official history?
We invite papers in English which discuss, from a range of disciplines all aspects of such questions or deal with some of the following points (the list is by no means exhaustive), in any given literature and country, or in international comparison:
•Crime fiction and Democracy
•State culture and literary traditions
•The State and civil society: neutral umpire or capitalist vehicle?
•Public vs private: the State as gendered domain?
•Racism and antiracism
•Securing the city: race, ethnicity, class and the police
•Police procedurals and the police
•State crimes and State affairs
•State responsibility in war crimes, crimes against Humanity, and Genocide
•Antiterrorism and State terror/coercion
•Decolonization and postcolonial crime fiction
•Hobbes, Marx, Weber, Foucault, and Deleuze… Influence of theory on crime fiction.
•The Politicization of crime fiction
•Progressivism and Revolution
•Anarchism, leftism and reactionary politics
•Marxist and Situationist crime fiction: a contradiction ?
•The Noir as “committed” literature : roman noir and engagement
•Public utilities and general interest
•The shrinking State: privatisation and the end of the welfare State
•Dismantlement of the social state and the rise of corporate interests
•Crime Fiction in the age of advanced financial capitalism
•Private security agencies and non-elected public authorities
•Infra-State entities and regional crime fiction
•“Public Choice Theories”, “New Public Management” and “new” forms of governance
•The Europeanization of the police. Europol, trans-border police cooperation and crime fiction
•Globalisation and the State.
•The detective novel in popular democracies
N. B. Papers should be no more than twenty minutes in length.
Please send 300-word abstracts of papers to statesofcrime@gmail.com
by 31st January 2011
Conference organisers:
Dr. Dominique Jeannerod, French Studies, QUB, and Dr. Andrew Pepper, English Studies, QUB.
A publication of proceedings from the conference is planned.
Contact
Dominique Jeannerod
courriel : d [point] jeannerod (at) qub.ac [point] uk
Dr Dominique Jeannerod
School of Languages, Literatures & Performing Arts
Queen's University
House 10, University Square,
Belfast, BT 7 1 NN
Northern Ireland
++ 44 28 909 7 3335
B ■ Internment, Incarceration and Detention
Captivation histories in Europe around the First and Second World War
On 3 and 4 November 2011 the NIOD, Institute for War, Holocaust and Genocide Studies will organize a workshop in Amsterdam (The Netherlands) on ‘Internment, Incarceration and Detention. Captivation histories in Western Europe around the First and Second World War’.
Prisons and prison like institutes are an essential element of Western criminal justice. As an instrument for social control, penal institutions have become representations of the existing political and social values. When political, social and economic changes occur, they immediately have an effect on the prison system. These changes are more noticeable in times of war and peace while these are times when the prison system occupies an important place in the incarceration of enemies of the (former) regime. Therefore, during the first half of the twentieth century, when the First and Second World War occurred, the detention of both criminals and political prisoners has been highly dynamic.
However, in transitional justice history, 20th century war history and criminal justice history the practice of the prison system in the 20th century is often neglected. Studies on the prison in criminal justice history focus mainly on philosophical theories (Elias, Rusche and Kirchheimer, Foucault, Garland, etc.) and less on archival research. In 20th century war history, the focus is usually on the concentration and extermination camps. Studies concerning transitional justice often only focus on the use of law and do not regard the prison system. This workshop consequently aims to broaden the scope of case studies on captivation histories in Europe around the First and Second World War.
Nikolaus Wachsmann offers a great starting point for this aim with his book Hitler’s Prisons. Legal Terror in Nazi Germany (Yale University Press: New Haven/London, 2004). In this groundbreaking study Wachsmann investigates the function of the state prisons during the Third Reich. In doing so, he argues that the Nazi prison cannot be understood without knowledge of the penal system during the Weimar Republic. In other words, studying imprisonment practices during regime changes involves paying attention to lines of continuity and discontinuity.
The NIOD Workshop ‘Internment, Incarceration and Detention’ seeks to explore the historical practice of incarcerating enemies of the (former) regime, the changes that occur in the existing penal system by doing so, the emergence of new types of correctional institutions and their practical
implementation in imprisonment cultures. Different types of prisons should be considered, the most important being: the regular prisons, internment camps and different types of concentration camps (not the extermination camps).
We would like to invite paper proposals that explore diversified imprisonment and detention practices in implicit or explicit relation to regime change. The topics of interest may include (but are not limited to) the following issues:
Practices of everyday life
• How was life organized in regular prisons in comparison to internment and concentration camps? And how can the relationship with the outside world be described?
• Are there differences in penal institutions for women, men and juvenile delinquents?
• Were practices in the different penal institutions violent (and in which specific time and place) and
• What was the composition of the prison staff and can we trace a growing influence of ‘medical’ staff? If so, how did this affect prison life?
Ideology and regime change
• What are the political and social functions of internment and detaining during (and after) regime changes?
• Is the 20th century the ‘century of internment’?
• Was there a strive for rehabilitation in the penal system? In times of regime change, was there an attempt at political reeducation?
• Did the imprisonment of political opponents have (immediate) effects on prison regimes?
Longterm developments
• Was there a long-term effect on national prison regimes because of the imprisonment of political opponents during the first half of the 20th century?
• Were there differences between the formal status of regular prisons and concentration camps and did this have any effect on the prison system in the long run?
• Did international penal reform movements cause continuities or discontinuities in the prison system between 1900 and 1950?
**********The deadline for the submission of proposals is 15 March 2011. Please submit paper proposals (500-word maximum) with presentation title, presenter(s) name(s) and contact information via e-mail to: a.tijsseling@niod.knaw.nl & h.grevers@niod.knaw.nl
Organizing committee:
Anna Tijsseling (NIOD, Leiden University)
Helen Grevers (NIOD)
C ■ Association d'histoire orale nord-américaine/conférence annuelle
2011 OHA Annual Meeting
October 12-16, 2011
“Memories of Conflict and Disaster: Oral History and the Politics of Truth, Trauma, and Reconciliation”
http://www.oralhistory.org/annual-meeting/2011-oha-annual-meeting-call-for-papers/
Renaissance Denver Hotel
Denver, Colorado
*********************Deadline: January 20, 2011
3. Sur le net…
■ À noter un site consacré aux archives concernant le travail forcé dans l’Allemagne nazie :
■ « La police dans tous ses états ».
« numéro spécial » du site "Délinquance, justice et autres questions de société"
Sommaire :
1) Policiers et gendarmes ont-ils les moyens d'assurer la sécurité quotidienne ?
2) Police de proximité : la revanche de
Jean-Pierre Havrin
3) Le
maintien de l'ordre fait-il partie des missions de la police municipale ?
4) Maintien de l'ordre ou grave entrave au
droit de manifester ? ( Lyon , 21 octobre)
5) Rencontre avec
Stéphane Liévin , policier et syndicaliste sans
langue de bois
6) « Commissariat » : un film salutaire
4.Des nouvelles de l’édition…
Charles Diaz, La Fabuleuse histoire des grands flics de légende, éditions Jacob-Duvernet.

Inspecteur général de la Police nationale, passionné d’histoire, spécialiste de Jean Jaurès, Charles Diaz nous livre coup sur coup, après La Nouvelle épopée des brigades du tigre (même éditeur) une série de portraits mêlant policiers réels et policiers de fictions (romans, télévision…). De Vidocq à Jules Maigret, de Navarro à Nicolas Le Floch, de Broussard à Ottavioli, regroupés par catégories — « les incontournables », « les flamboyants », « les gentils », « les inquiétants »… il brosse en quelques pages l’histoire, l’importance, les carrières, les caractères et particularités des uns et des autres. C’est souvent réussi, toujours agréable à lire, forcément inégal selon les sources disponibles et la documentation rassemblée, les empathies de l’auteur ou sa connaissance de la période. On pourra discuter de certains choix, de la présence de certains policiers contemporains dont l’actuel DGPN (un « flamboyant » ?), de certaines absences, mais c’est la loi du genre et comme l’écrit le préfacier, il fallait pour cet ouvrage « un historien connaissant la police sur le bout des ongles et sachant tenir une plume » ce qui, de son propre aveu, n’était « pas simple ».
■ Capitaine Jules Allard, Journal d’un gendarme 1914-1916, présentation d’Arlette Farge, Paris, Bayard, 2010
Présentation de l’éditeur : 
Jules Allard, capitaine de gendarmerie à Angers, est mobilisé le premier jour de la guerre. Il tiendra son journal pendant ses deux premières années à l'arrière du front, de 1914 à 1916. Il mourra en 1918 et remplira jusqu'à la fin les documents destinés à sa hiérarchie. Mais il cessera d'écrire ce journal. Trop de fatigue, de nuits sans sommeil, trop d'horreur et de terreur, de deuils sans doute. Pourtant, Jules Allard ne s'épanche guère dans ces deux petits carnets qu'il conserve toujours sur lui, il n'invoque ni Dieu ni la patrie. Il décrit, jour après jour, la guerre, les grandes batailles comme celle de la Marne et à l'arrière, les pillages, les jugements, les arrestations et exécutions de ceux qui désertent ou se rebellent, se souvient parfois de l'amitié des habitants. Pour ce pouvoir disciplinaire de punir les fuyards et les insoumis, les gendarmes furent l'objet d'un ressentiment tenace en même temps que d'un véritable silence. " Seule l'histoire, faite aujourd'hui, sans préjugés ni tabous, au ras de l'ordinaire des choses, permettra non une réconciliation, mais de construire des gués pour aller d'une rive à l'autre d'une guerre sans nom, parce que terrifiante et abusive. " (Arlette Farge)
■ Jean-Pierre DIOT, Laurent HUBERSON,
Garde du corps : Du pape Jean-Paul II à Nicolas Sarkozy, quinze ans au Service de protection des hauts personnalités, Paris, Le Cherche Midi.
Présentation de l'éditeur
« Je m'appelle Jean-Pierre Diot , 54 ans dont 34 années de police.
- Brigadier-Major pour la hiérarchie.
- Matricule 418 745 pour l'administration.
- "JP" pour les intimes.
De l'action, j'en ai eu ma dose. Il faut reconnaître que je l'ai bien cherché. Au sein de la police, j'ai été moniteur de sports de combat, instructeur de boxe anglaise, moniteur de tir, tireur
armes longues, formateur en techniques d'interpellation, moniteur de tonfa et de flash-ball, j'en passe et des meilleures. J'ai formé des cohortes de policiers, depuis les élèves gardiens de la
paix jusqu'aux "durs" des B A C (brigades anti-criminalité et des G I P N, groupes d'intervention de la police nationale). Mais au terme de cette carrière, le métier qui m'a vraiment marqué, qui
ne m'aura jamais lassé et qui continue aujourd'hui encore à me passionner, c'est celui d'officier de sécurité. Ça, c'est l'appellation administrative officielle. En clair et dans le langage
courant : garde du corps, gorille, bodyguard, ange-gardien, les sobriquets ne manquent pas tant cette fonction a été mythifiée au cinéma ou à la télévision. Je ne me suis d'ailleurs jamais
reconnu dans les clichés véhiculés par les médias du genre "gros bras et petit cerveau" ou encore "lunettes noires et mines patibulaires". Non. Les missions qui m'ont été confiées réclamaient
plus de doigté dans leur réalisation tout en s'appuyant sur des techniques radicales qui ne doivent laisser aucune chance aux agresseurs de mes protégés. Pour le comprendre, il faut avoir vécu de
l'intérieur les impressionnants déploiements de force qui accompagnent la venue du président américain Georges Bush en France. Il faut avoir vibré à la ferveur des admirateurs du Pape Jean-Paul
II mais aussi aux frayeurs qu'ils m'ont réservées quand j'ai fait partie du groupe de sa protection rapprochée. Il faut avoir ressenti la petite poussée d'adrénaline quand un camion suspect est
signalé sur le passage du cortège ultra sécurisé de Yasser Arafat. Enfin il faut avoir partagé 24 heures sur 24 le quotidien du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, son activisme débordant
qui m'a donné plus d'une fois des sueurs froides quant à sa sécurité. Mais au terme de ce parcours, ce qui m'étonne toujours le plus, c'est comment, moi, simple apprenti-métallo des cités
d'Argenteuil, j'ai pu me retrouver dans l'intimité de personnalités au cœur du pouvoir de l'État, de leurs secrets. Car la fonction d'officier de sécurité touche à l'intime : au rapport à la vie,
à la mort puisqu'en définitive nous sommes payés pour protéger la personnalité jusqu'au sacrifice ultime. C'est la partie la plus connue du métier. Mais elle se combine à une autre plus discrète,
et qui fait plus appel au bon sens, à la réflexion, bref plutôt au cerveau qu'aux biceps. Celle qui requiert l'intelligence des situations. Vous allez vivre l'étonnante réalité du travail
d'officier de sécurité. »
J-P D.
Renée Bonneau, Requiem pour un jeune soldat. Monte Cassino, Nouveau-Monde éditions.
Dans une précédente Lettre, j’avais présenté les « polars » de Renée Bonneau qui ont pour cadre la France de la Belle
époque et des épisodes ou des personnages bien choisis :
l’incendie du « Bazar de la charité », le Montmartre de Toulouse-Lautrec, le Monet de Giverny… De bonnes intrigues bien menées, une riche documentation, un souci du détail, un style de
qualité… font de ces livres trop méconnus des réussites du genre.
Cette fois Renée Bonneau a choisi un sujet et un genre très différents. Dans un style retenu et plein d’émotion, elle a imaginé, à partir d’une solide documentation et de recherches multiples, l’histoire du jeune soldat allemand dont elle a, par hasard, découvert la tombe qui se trouve, contrairement à tous les usages, dans le cimetière d’un monastère cistercien, à Casamari dans les Abruzzes, qui servit d’hôpital à quelques kilomètres de l’abbaye de Monte Cassino et des combats qui y firent rage.
Dans une langue simple, elle évoque la relation et les échanges entre ce jeune soldat, viennois et violoncelliste, et le moine infirmier germanophone qui le soigne et l’assiste : Schubert, la guerre, la vie, la mort et beaucoup d’autres choses. C’est poignant, jamais pesant, plein de pudeur et d’humanité : tout simplement superbe.
. MUCHEMBLED Robert, Les Ripoux des Lumières. Corruption policière et Révolution, Paris, Seuil
Comme le laisse entendre l’annonce de l’éditeur —
« Entre sexe, argent et pouvoir, la police préfère jouer du pourrissement du régime monarchique plutôt que le servir, et contribue ainsi à précipiter les bouleversements de 1789 sic » —
un livre bien dans l’air du temps, mais qui semble appeler d’importantes réserves chez les modernistes spécialistes de la police et du 18e siècle : jusqu’alors terra
incognita pour cet historien de renom surtout connu pour ses ouvrages sur le 16e siècle et le bas Moyen-âge.
À partir du cas d’UN inspecteur, de surcroît mort en 1757 (mais il s’agirait d’une mise en scène ? notons que dans ce cas, né en 1713 et disparu vers la Restauration, ce personnage serait un beau centenaire, mais qui ose demander l’âge de Blake et Mortimer ?), faire de la corruption "le" paradigme de la police d'ancien régime semble aussi discutable (et faux ?) que faire de la bavure "le" paradigme de la police contemporaine.
Quant à chercher dans les agissements de la police parisienne (rappelons qu’il y a 20 —vingt — inspecteurs de police depuis Berryer) l’une des causes de la Révolution… diable !
On savait le ressort du « police-ex-machina » aussi porteur que celui du complot, mais la thèse est quand même problématique. D’autant que ce livre n’est pas signé par un présentateur du journal de TF1 et qu’il est publié dans la collection « L’Univers historique » !
À bien des égards, il appelle donc à tout le moins discussion... Nous y reviendrons avec l’avis de spécialistes dans une prochaine Lettre.
4. Dans le noir du roman ….
Dans le genre de plus en plus répandu du roman noir ou policier à cadre et ressort historiques, m’ont semblé dignes de vous être signalés :
■ La suite des aventures du jeune Nestor Burma (avant sa rencontre avec Léo Malet !) par Patrick Pécherot.
J avais eu loccasion de vous dire grand bien de deux de ses ouvrages :
Les Brouillards de la Butte et Belleville-Barcelone beaux hommages à l’univers de Nestor Burma et à la langue de Léo Malet.
Sachez qu’il existe un 3e volume Boulevard des branques que j avais malheureusement omis de signaler
(Les trois ouvrages sont édités en « Folio policier »)
■ La dernière découverte que je dois à véritable ami, c’est l’œuvre d’Alan FURST… Je sais que j’ai, au bas mot, quelques années de retard, mais soit on lit des romans soit on s’use les yeux dans les dépôts d’archives que la Providence, dans sa grande Sagesse, a pris la précaution de disperser sur tout le territoire !
Commençons par Le Royaume des ombres (publié en 2000 pour l édition originale Kingdom of Shadows, 2007 -à L’Olivier- pour la traduction française et en 2008 pour l’édition de poche Points)
Entre l Anschluss et Dantzig, un récit à ellipses des tribulations dans une MittelEuropa en plein bouleversement depuis 1919, du neveu d’un haut personnage de la légation hongroise à Paris.
De Paris à Prague, de Budapest à Vienne, de Cluj à Bratislava, de Debrecen à Amsterdam, rythmées par d’interminables voyages ferroviaires parfois épiques, d’étranges missions, balisées par les chantages et coups de force successifs du chancelier allemand, en Bohême-Moravie, Slovaquie, Ruthénie…
Dans un contexte de pogroms, persécutions antisémites, assassinats, violence, l’aveuglement franco-britannique… les efforts désespérés des uns et les espoirs chimériques des autres pour éviter l’inéluctable.
Des personnages mystérieux et attachants dont on ne sait que ce que peut en dire le héros, un art de l’ellipse, du récit en pointillé, un style très dominé… Tout est absolument emballant.
L’évocation des milieux d’émigrés réfugiés dans le Paris de la fin des années trente (passages par la salle 24 de la préfecture de police très bien rendus), la trame historique d’une grande fidélité et finesse d’analyse, les dialogues, la langue, la puissance d’évocation en quelques phrases et quelques formules de ces événements qui conduisent l’Europe à la catastrophe, la conduite du récit, le sujet, les personnages… … font de ce livre
un TRES GRAND roman historique, mais aussi un très grand roman tout simplement…
De la veine et de la qualité des livres de Philipp Kerr (La Trilogie berlinoise) que j’évoquais dans une Lettre précédente…
Mais la très bonne nouvelle, c’est qu’Alan Furst a écrit beaucoup d’autres romans de cette veine et que, presque tous, nous amènent à croiser des policiers de la Sûreté ou de la préfecture de police.
Les connaisseurs apprécieront…
Le correspondant étranger
Le sang de la victoire
L'officier polonais
Les soldats de la nuit
Red Gold
… C’est tout pour cette fois ci...
Merci à tous nos « honorables correspondants » pour leurs informations…
Et rendez-vous sur le site Politeia (overblog) pour les dernières minutes… N’hésitez pas à nous communiquer les nouvelles (parutions, soutenances de thèses, articles, séminaires, expositions, conférences, documentaires…) qui entrent dans notre champ d’intérêt et auraient échappé à notre attention…
FAQ :
Pour ceux qui recevraient cette « Lettre aux amis… » pour la première fois :
Q/ Comment et pourquoi suis-je destinataire de cette Lettre ?
R/ Si vous ne l’avez pas demandé vous-même, il y a de fortes chances que vous ayez été « balancé » par un/des ami(s) : cherchez le(s)quel(s)
Q/ Je ne suis pas un ami de la police ! (ton scandalisé)
R/ Cette « Lettre » (dont le titre est inspiré de la rubriques « Deux mots aux amis » d’un journal libertaire du début du XXe siècle) parfaitement informelle et à fréquence irrégulière, a pour but de diffuser les informations — publications de livres ou d’articles, soutenances de thèses, colloques ou journées d’études — en rapport avec l’histoire, la recherche, la réflexion, les archives et sources… concernant peu ou prou le domaine policier (gendarmerie comprise !)…
Il n’est donc pas nécessaire d’aimer la police (ou la gendarmerie) pour en être destinataire : s’intéresser à l’histoire d’institutions qui jouent un tel rôle dans l’Histoire et occupent une place si délicate dans la démocratie, suffit…
Ceci dit si vous souhaitez ne plus figurer sur la liste des destinataires, rien de plus simple : répondez à ce courriel avec la mention « STOP ! »
En revanche si vous connaissez des gens susceptibles d’être intéressés par ces nouvelles, n’hésitez pas, soit à leur faire suivre ce courriel, soit à nous transmettre leurs adresses électroniques (voir 1.).
Si vous souhaitez connaître ou recevoir les Lettres précédentes, il suffit de le demander… ou d’aller consulter les Archives du site http://politeia.over-blog.fr/
Dernier détail : le rédacteur de ce courriel ne saurait tout connaître de ce qui paraît et se fait dans le domaine… ce qui explique les éventuelles lacunes et absences…
Là encore, le plus judicieux est de me prévenir, un mél et je transmettrai bien volontiers l’information…
jmb
1 On trouvera dans la Lettre d’information de Laurent Mucchielli, des éléments intéressant les deux affaires (no relations !) : Délinquance, justice et autres questions de société
2 Cf l’histoire de la genèse puis de la gestation de l’ouvrage Histoire et dictionnaire de la police dans la Lettre aux amis ????