Lettre aux amis de la police (et de la gendarmerie) 2009/12
Décembre 2009
Chers ami et chers collègues,
Vous trouverez dans cette « Lettre » — en avance sur le calendrier — quelques nouvelles, mais aussi des annonces urgentes (ceci explique cela) concernant un certain nombre de colloques et séminaires
Bonne lecture
Cordialement
jmb
A/ Une thèse soutenue
Les polices étrangères, les polices politiques des ex « démocraties de l’Est deviennent (enfin !) des objets d’études et de recherches dans l’université française. Après la Stasi étudiée par Emmanuel Ledroit, c’est au tour des services politiques de la sûreté d’état en tchécoslovaquie…
HUGUENIN Duane, Les pratiques répressives de la Sûreté de l'Etat tchécoslovaque dans les années 1960", Thèse sous la direction d’Antoine Marès, de l’Université Paris 1, soutenue en octobre 2009 [consultable en ligne :
http://perso.bretagne.ens-cachan.fr/~huguenin/these_huguenin.pdf]
B/ Une HDR à soutenir
… et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de celle de Catherine Denys
(détails dans le fichier pdf attaché)…
C/ Nouvelles de l’édition
À signaler un nouveau tirage (les 1500 exemplaires de la première édition ont été distribués lors des commémorations du 25 août) partiellement expurgé d’erreurs et imprécisions qui l’affectaient de la plaquette Au Cœur de la préfecture de police : de la Résistance à la Libération, consacrée à des résistants et proto-résistants policiers bien oubliés notamment par l’institution…
Pour se procurer cette plaquette gratuite — ISBN 978-2-9153-4774-6 — se renseigner auprès du service du patrimoine de la PP.
D/ Colloques, séminaires, .journées d’études …
1/ Journées d’études : Polices et policing en situation coloniale : le cas de l’empire français (19e-20esiècles)
« Polices et empires coloniaux, 18e-20e siècles »
Attention Emmanuel Blanchard signale
que les
sessions du séminaire GERN du samedi 28 après-midi auront finalement
lieu salle Picard, 3e étage, toujours au 17 rue de la Sorbonne.
2/ « Enquête, observation et administration, France XVIIIe-XXIe siècles Sources et usages des sources
Première année : préfectorale, police, justice »
Séminaire organisé par Christian Chevandier, Pascale Goestchel et Gilles Morin Centre d’histoire sociale du XXe siècle (CNRS/Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
La 1ere séance a lieu le lundi 30 novembre
L’État français, régalien et centralisateur, s’est progressivement doté d’une administration spécialisée dont l’une des principales fonctions a été de l’informer sur ses composantes propres comme sur l’état de la société. Au fil du temps, l’information et l’observation de la société, tout d’abord axées sur des préoccupations politiques et sociales, avant tout dans un but de préservation de l’ordre, ont vu leurs promoteurs élargir leurs centres d’intérêts, s’intéressant à l’économie, à la consommation ou à la santé, pour ne citer que ces exemples.
Or, si les chercheurs utilisent pour leurs propres travaux, depuis longtemps, les sources produites initialement pour les besoins de l’État, ils ne se sont pas toujours interrogés sur les conditions de leur élaboration, les motivations qu’elles supposent et les biais qu’elles introduisent. C’est sur ce processus de production d’enquêtes, dans la continuité de recherches en plein renouvellement, que portera ce séminaire d’histoire contemporaine du Centre d’histoire sociale du XXe siècle (UMR 8058). Il cherchera aussi et surtout, de manière peut-être plus neuve, à analyser les multiples modes d’utilisation de ces enquêtes administratives. En d’autres termes, pour quels acteurs et quels usages celles-ci sont-elles produites ?
La première année sera consacrée à l’administration préfectorale, à la police et à la justice. Les années suivantes verront le champ d’investigation s’élargir, avec la prise en compte d’autres administrations, dans l’espace national et au-delà, au sein de différents pays européens, en une perspective à la fois comparatiste et transnationale.
Les premières séances présenteront les enjeux historiographiques, les méthodes à l’œuvre et les problèmes d’accès aux archives. Les suivantes poseront un regard rétrospectif sur des périodes plus anciennes afin de détecter d’éventuelles filiations entre des pratiques contemporaines et des manières de faire antérieures. Enfin, une dernière série de séances prendra appui sur des terrains plus précis, jouant sur des échelles variées, permettant de faire émerger des institutions, des pratiques et des situations particulières.
Lundi 30 novembre Le monde des polices et ses archives.
Sylvie Le Clech (CAC, Fontainebleau), Archives policières. Autour des renseignements après la Seconde Guerre mondiale.
Jean-Marc Berlière (Université de Dijon), La police « spéciale » et ses archives.
Lundi 11 janvier Pratiques et questions
Pascale Goetschel (CHS du XXe siècle), Jalons historiens
Gilles Morin (CHS du XXe siècle), Les demandes du pouvoir
Christian Chevandier (CHS du XXe siècle), Les moments des archives policières
Lundi 22 février Informations du pouvoir XVIIIe-début XIXe siècles
Vincent Denis (Centre d’histoire des mondes modernes et des Révolutions), Du gouvernement par enquête à l’observation continue au XVIIIe siècle
Gilles Malandain (sous réserve)
Lundi 29 mars. Contrôler le territoire La police républicaine. Le temps de la Troisième République
Pierre Karila-Cohen (Centre de recherches historiques de l’Ouest), Administration et contrôle du territoire
Quentin Deluermoz (CRESC), La chaîne d’enquête policière
Lundi 12 avril. Le régime de Vichy, entre héritage républicain et pratiques autoritaires
Denis Peschanski (CHS du XXe siècle), Les vertus de la bureaucratie
Gilles Vergnon (GREPH), Contrôle et surveillance en milieu rural (département de la Drôme)
Lundi 10 mai 2009.Sources judiciaires/sources d’information ?
Edouard Lynch (Université Lumière Lyon II, laboratoire d’études rurales), La justice et le pouvoir. Panorama du XXe siècle
Sylvie Thénault (CHS du XXe siècle), Utiliser les sources judiciaires durant la guerre d’Algérie
Lundi 7 juin. La Préfecture de police
Emmanuel Blanchard (CESDIP), Les archives de la Préfecture de police : archives ordinaires et procédures spécifiques ?
Le service des Archives de la Préfecture de police de Paris a été sollicité.
Lundi 21 juin. Etat et usages du droit
Marc-Olivier Baruch (EHESS-AHMOC)
Pierre Tournier (CHS du XXe siècle)
3/ Colloque
POLICE MILITAIRES / POLIZIA MILITARE / MILITARY POLICING
Organisé par :
l’Accademia Peloritana dei Pericolanti
Centro internazionale di ricerche e studi sociologici, penali e penitenziari (INTERCENTER)
Dipartimento di scienze della storia e della documentazione storica, Università di Milano
Dipartimento di studi europei e mediterranei, Università di Messina
Saluti d’apertura
Comunicazioni
Paolo Grillo, La repressione del fuoriuscitismo politico nell'Italia comunale: il caso di Milano (1259-1302)
Jacques Lorgnier, La paix confiée à des gens de guerre: une pratique étendue par la couronne dans la France en danger du XVIème siècle
Mario Rizzo, Sull'impiego interno delle truppe in antico regime. Qualche osservazione generale e alcuni casi lombardi fra Cinque e Seicento
Davide Maffi, Dal controllo della disciplina al controllo del territorio. Giustizia militare e relazioni coi civili nello Stato di Milano al tempo della dominazione spagnola (1550-1700)
Paolo Calcagno, «Per batter la campagna come richiede il bisogno». L’utilizzo dei soldati corsi per compiti di ordine pubblico nel Dominio genovese (secc. XVII-XVIII)
Emiliano Beri, La truppa regolata genovese e l’ordine pubblico nel Regno di Corsica (1741-1745)
Venerdì 11 dicembre, ore 14.30
Comunicazioni
Catherine Denys, De l'Ancien Régime autrichien au Nouveau Régime français : l'armée au service de la police urbaine à Bruxelles, de 1748 à 1814
Miguel Ángel Melón Jiménez, Ejército y delincuencia en España. La figura de los comisionados militares (1755-1800)
Michael Broers, Counter-Insurgency and its Evolution in Napoleonic Europe
Jean-Noël Luc, La gendarmerie mobile, modèle militaire original du maintien de l'ordre en France, du début du XIXe siècle à mai 1968
Paolo Palumbo, Esercito e gendarmeria nella repressione dei moti controrivoluzionari nella Repubblica Ligure 1797–1799
Arnaud Houte, Culture militaire et pratique policière dans la gendarmerie française du XIXe siècle
Flavio Carbone, I battaglioni mobili dei carabinieri nel primo dopoguerra: la militarizzazione dell'Arma dei Carabinieri Reali nella conduzione dell'ordine pubblico
Sabato 12 dicembre, ore 9
Jean-Marc Berlière, De quelques problématiques au sujet du maintien de l'ordre au XXe siècle en France : militarisation, concurrences, violence…
Gerhard Sälter, A Double Task: Policing and Military Functions of the East German Border Police
Sabato 12 dicembre, ore 10.30
Discussione
Franco Angiolini introduce e coordina
Oltre ai relatori partecipano: Livio Antonielli, Paola Bianchi, Silvia Bobbi, Alessandro Buono, Vittoria Calabrò, Guido Candiani, Patrizia De Salvo, Valentina Favarò, Christian Lepage, Stefano Levati, Luca Lo Basso, Simona Mori, Daniela Novarese, Enza Pelleriti, Luciano Pezzolo, Herbert Reinke, Andrea Romano, Michele Simonetto, Leonida Tedoldi
Recapiti:
Dipartimento di scienze della storia e della documentazione storica - Via Festa del Perdono 7, 20122 Milano
0039 02 5031 2965 livio.antonielli@unimi.it
Dipartimento di studi europei e mediterranei – Piazza XX Settembre 4, 98122 Messina
0039 090 6764882/3
(Il convegno rientra nelle attività del progetto cofinanziato FIRST dal titolo «Controllare il territorio: uomini e istituzioni in Italia tra antico regime e Unità»)
E/ Appel à contribution
En vue d'un colloque international organisé par Michel Porret et qui
se tiendra à Genève en décembre 2010 :
« Bois, fers, papiers et bracelets de justice »
Délai pour les propositions de communications : 1er février 2010.
Détails à l’adresse :
http://www.unige.ch/rectorat/maison-histoire/actualites-1/Boisdejustice.pdf
Bo i s , f e r s , p a p i e r s
e t b r a c e l e t s d e j u s t i c e
HISTOIRE MATERIELLE DU DROIT DE PUNIR : HIER ET AUJOURD’HUI
Propositions de communication :
Avant le 1er février 2010 à l’une des trois adresses électroniques suivantes :
Ludovic.Maugue@unige
I. AUTOUR D’OBJETS AUSSI COMPLEXES ET DIFFERENTS que les « choses banales », l’habitat, la ville, le livre ou encore la culture équestre, Daniel ROCHE a bien montré l’importance de la culture matérielle pour penser l’histoire des idées, des institutions et des
pratiques sociales sous l’Ancien Régime. Ce septième colloque international de Genève dans le champ de l’histoire intellectuelle, sociale et institutionnelle du crime et de la justice (!) rendra hommage à cette démarche pionnière de l’auteur du Peuple de Paris. Il invite à emprunter les voies de l’histoire de la culture matérielle pour penser celles du droit de punir. Problématique de la matérialité judiciaire et pénale à construire dans la longue
durée depuis l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui, entre continuité (hégémonie du pénal selon Mario Sbriccoli) et rupture (homo criminais comme ennemi social versus homo criminalis comme pécheur ; État de droit versus État justicier ; légalité versus arbitraire ; prison versus supplice). Doctrine, lois et pratiques selon les archives judiciaires : on montrera ce
qu’apporte la matérialité des mots et des choses dans l’économie du droit de punir ancien et moderne. Papiers, monuments, costumes et instruments de justice consacrés à marquer les corps ou à instaurer rituellement l’autorité sacralisée du pénal : l’archéologie judiciaire est prometteuse pour donner sens aux usages judiciaires et pénaux. Souvent matrice de sa ritualité, la matérialité du droit de punir en détermine l’anthropologie. Au nom
de l’égalité et de l’utilité, Bentham le matérialiste ne rêvait-il pas d’une « machine » à fouetter pour diminuer l’émotion de l’exécuteur et rendre parfaitement uniforme la norme pénale ?
II. Rechercher des suspects, des fugitifs ou des récidivistes, implique une technique d’identification judiciaire. Celle-ci va des registres anciens aux sommiers et aux technologies photographiques puis informatiques modernes. Enquêter sur toutes les circonstances du crime, renvoie aux pièces à conviction et aux indices matériels pour
qualifier un délit, élucider un cas ou confondre un suspect. Arrêter le justiciable oblige sa détention dans une tenue particulière ou non au cachot avec ou sans fers pour l’incriminer.
Incriminer, c’est souvent respecter des normes d’authenticité scripturale propre à un style judiciaire, c’est rédiger des mots manuscrits ou dactylographiés (verbal, plainte, interrogatoire, expertise, confrontation, répétition, réquisitoire, plaidoirie, sentence etc.) sur du papier filigrané ou autre avant la peine expiatoire, infamante puis corrective (ou les
enregistrer). Pendant longtemps dans le cadre de la procédure inquisitoire, questionner le prévenu lourdement chargé en présence d’un médecin ou d’un chirurgien implique des instruments et des mécanismes de contrition physique (corde, bois, fer, cuir, poulies, échelles, entonnoirs, pinces etc) que les régimes autoritaires et totalitaires modernisent (électricité, produits chimiques etc). Entre arbitraire et légalité, du fouet à la marque : punir c’est déployer l’arsenal matériel du supplice corporel et infamant puis carcéral qui devait,
selon les inventeurs philanthropes de la prison, infliger la peine sans affliger le corps.
Lorsqu’elle est infligée par contumace sous l’Ancien Régime, la peine implique l’usage mal connu de l’effigie ou du tableau de bois qui représente expressis verbis le châtiment et le justiciable. S’y ajoutent bien souvent l’exposition publique (poteau, carcan, pilori etc.), ainsi que le transfert sécurisé des condamnés ferrés à la chaîne d’infamie avant les fourgons
hippomobiles et automobiles.
III. Mines, eau vive, bûchers, roues, potences, gibets et garrots, puis machines de la modernité pénale (guillotine, chaise électrique, chambre à gaz, injection létale) : l’histoire des châtiments corporels et de la peine de mort s’écrit dans une culture du bricolage disciplinaire et de l’innovation technologique. Sa dimension matérielle illustre bien évidemment la dimension de la rétribution pénale et les enjeux sécuritaires liés à la signalétique des condamnés. Cette dimension matérielle trahit parfois l’alibi médical qui à
partir de la fin du XVIIIe siècle rêve d’humaniser… ce qui ne le sera jamais. Frémissant depuis la Renaissance, affirmé au temps de l’absolutisme et des Lumières, hégémonique à partir du long XIXe siècle autour du corps violenté, des logis forcés, de l’objet falsifié, du livre contrefait ou des aliments trafiqués, le travail assermenté des experts du crime (légistes, topographes judiciaires, charpentiers, serruriers, imprimeurs, papetiers, balisticiens etc.) parachève la culture matérielle indiciaire. Elle montre ce qui mène peutêtre
des savoirs diffus aux savoirs constitués comme une science de l’anomie sociale et du crime. Au temps de la légalité et du positivisme, avec l’idéal d’objectiver les circonstances matérielles (mais aussi morales) du crime qualifié, le matérialisme scientifique de la criminologie triomphe avec les limiers et les policiers de laboratoire.
D’une certaine manière, du recueil des indices sur la scène du crime à la reconstitution des faits, ils succèdent aux policiers de la ville de l’Ancien Régime.
IV. Ce colloque veut historiciser les dimensions du pénal dans l’épaisseur de sa matérialité. On en pensera la périodisation qui trop souvent insiste sur la rupture entre le XVIIIe et le XIXe siècle. On y évoquera les enjeux normatifs, les visées symboliques, la ritualisation, l’efficacité punitive ou encore les processus d’innovation et/ou de bricolage.
On en mesurera les déclinaisons institutionnelles et les styles judiciaires. Diverses problématiques pour mesurer qualitativement le lent passage d’une justice exercée d’individu à individu à une justice médiatisée par les technologies lourdes et subtiles du
contrôle social.
F/ Call for papers
History of Crime – Historical Criminology:
British Crime Historians Symposium 2
2 – 3 September, 2010, ICOSS Interdisciplinary Centre of the Social Sciences, University of Sheffield
In recent decades, the historical study of crime has become a significant topic within social history and criminology. This is the second symposium that seeks to bring together historians of crime and criminologists engaged in historical research to review current scholarship. Like the symposium at Leeds Metropolitan University in September 2007, it will be a ‘single strand’ event organised around themed panels, keynote adddresses and roundtable discussion. This year a key aim is to address the inter-disciplinary engagement between history and criminology. However we welcome panel presentations on the broad range of issues concerning sources of, and response to, crime, from the 17C to the 20C. We are also keen to include postgraduates students undertaking research in the history of crime and criminal justice.
We aim to organise panels concerning:
Methods and Interpretation
Comparative Histories
History and Current Policy
Criminal Lives
Empire and Internationalism
Place and Space
Keynote speakers:
Louise Jackson, Geoffrey Pearson, Robert Shoemaker, Pieter Spierenburg
Proposals (not more than 200 words please) should be sent by 28 February 2010 to Lisa Burns at the Centre for Criminological Research: l.k.burns@sheffield.ac.uk
For further information, contact Paul Knepper, University of Sheffield, p.knepper@sheffield.
G/ Appel à contributions
Journée d’étude :
« Normes professionnelles et définition de la violence légitime »
Ehess, Paris, 9 avril 2010
On répète à l’envi, souvent en la déformant, la définition weberienne de l’Etat comme « une entreprise politique de caractère institutionnel lorsque et
tant que sa direction administrative revendique avec succès, dans l'application des règlements, le monopole de la contrainte physique légitime ». Or si l’État est effectivement
souvent concerné lorsqu’est évoquée la notion de violence légitime – pensons à la police, la justice, l’armée, la prison – de nombreuses configurations professionnelles
impliquent aussi un recours récurrent, plus ou moins appris et contrôlé, à la « violence », la « contrainte » ou la « force » dont la légitimité fait l’objet de controverses et de
tentatives de délimitation. On peut penser aux activités de certains travailleurs sociaux ou de praticiens de la santé (par exemple en psychiatrie, mais aussi en gériatrie, face à
des personnes souffrant de démence, ou aux urgences…), à certaines pratiques sportives, aux conditions d’exercice des métiers de l’intervention humanitaire et sociale, etc. Au
cœur de la qualification de « violence » se pose alors la question des limites du tolérable et du légitime en matière d’usage de la force.
A ce titre, nous souhaitons, dans le cadre d’une journée d’étude, nous intéresser aux manières dont se gère et se légitime la « violence », à condition que l’on donne ici à la
notion de légitimation sa pleine et entière consistance, sans la réduire à un pur exercice de dissimulation de domination. Poser la question : « comment se légitime une violence ? » ne
suppose donc pas uniquement d’étudier les définitions concurrentes de ce qu’est une « violence légitime », mais aussi de repérer les conditions – politiques, situationnelles,
professionnelles – nécessaires à ce que l’emploi de la force physique puisse être qualifié de légitime dans les arènes au sein desquelles se déploient les interrogations sur sa
nature.
L’un des enjeux de cette journée d’étude sera notamment de réfléchir aux sources de ces qualifications et d’interroger les circulations des définitions opérées par les chercheurs
d’une part et par les acteurs d’autre part. On se demandera notamment comment cette caractérisation s’articule à ses modes de légitimation : les propositions soumises devront ainsi
toujours s’interroger explicitement sur ces enjeux de qualification. Les pratiques professionnelles caractérisées comme violentes sont-elles décrites comme telles par les professionnels
? Une fois cette qualification opérée, que se passe-t-il afin que ces pratiques puissent être légitimées ? Cette violence est-elle une catégorie d’analyse, auquel cas comment
s’opère la catégorisation ? Ou encore cette violence fait-elle l’objet d’une dénonciation, la force ou la contrainte impliquée par ces pratiques faisant alors l’objet d’un travail
de délégitimation ? Dans ce cas, les controverses et mobilisations autour des activités contestées méritent attention : comment sont-elles décrites et justifiées, et par qui et
selon quelles modalités sont-elles remises en cause ?
La notion de violence fonctionne trop souvent comme une boîte noire et tient lieu d’outil analytique sans être plus avant questionnée. Dans le cadre de cette journée, nous
souhaiterions remettre au cœur de l’activité de recherche ce qui compose la violence légitime, ce qui l’habilite et ce qu’elle permet en retour dans situations de routine
professionnelle. On pourra ainsi explorer à la fois des situations de mises en présence avec des violences physiques, la manière dont se fabriquent des représentations quant au
caractère légitime ou, à l’inverse, illégitime, de l’usage de la force et la confrontation à des formes de violence symbolique, en scrutant la manière dont les limites d’emplois
acceptables de la force, d’une contrainte justifiée, apparaissent comme étant professionnellement structurées. Nous nous intéresserons à la production de ces dispositifs réglés de
cadrage de « violences » – quelquefois codifiés en termes juridiques –, à la manière dont ils sont transmis et appris voire intériorisés par les professionnels, ainsi qu’à la façon
dont ils sont mobilisés, contournés, réinventés dans le cadre de configurations empiriques variées.:
Une variété d’approches disciplinaires de sciences sociales sont attendues, relevant aussi bien de la sociologie (politique, des professions, etc.), que de la science politique, de
l’histoire, de la philosophie, de l’anthropologie...
Modalités de participation :
Les propositions de communication, accompagnées d’une courte notice biographique sur le/s auteur/s, sont à envoyer par courrier électronique à Cédric de Bellaing (cdebellaing@free.fr)
et Delphine Moreau (delphmoreau@free.fr) le 8 décembre 2009 au plus tard. Elles seront rédigées en langue française ou anglaise, enregistrées au format Word (.doc ou .rtf) et ne devront
pas excéder 5 000 signes. Les auteurs développeront leur objet de recherche et leur questionnement vis-à-vis des thèmes de la journée d’étude et préciseront la méthode adoptée (type
de données recueillies, description détaillée du matériau analysé et/ou ancrage théorique appuyé sur une bibliographie).
Les auteurs recevront une réponse le 20 décembre au plus tard.
Ceux dont la proposition aura été retenue devront envoyer avant le 9 mars 2010 un texte développé.
PS : cette « Lettre » (dont le titre est inspiré de la Rubriques « Deux mots aux amis d’un journal libertaire au début du XXe siècle) parfaitement informelle et à fréquence irrégulière, a pour but de diffuser les informations — notamment publications de livres ou d’articles, mais également colloques ou journées d’études — en rapport avec l’histoire, la recherche, la réflexion, les archives et sources… concernant peu ou prou le domaine policier (gendarmerie comprise !)…
Si vous souhaitez ne plus figurer sur la liste des destinataires, rien de plus simple : répondez à ce courriel avec la mention STOP !
En revanche si vous connaissez des gens susceptibles d’être intéressés par ces références, n’hésitez pas soit à leur faire suivre ce mél soit à nous transmettre leurs adresses électroniques.
Si vous recevez ce courrier pour la première fois et si vous souhaitez recevoir les lettres précédentes, il suffit de demander…
Dernier détail : le rédacteur de ce courriel ne saurait tout connaître de ce qui paraît et se fait dans le domaine… ce qui explique les éventuelles lacunes et absences…
Là encore, le plus judicieux est de me prévenir, je transmettrai bien volontiers l’information…